Une académie tout ce qu'il y a de plus normale, à l'exception qu'elle regorge de créatures aussi extraordinaire les unes que les autres.
 

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 Les pieds dans l'eau. || P.V. Nicolas Flamel.

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MessageSujet: Les pieds dans l'eau. || P.V. Nicolas Flamel.   Jeu 26 Mar - 14:50




| Les pieds dans l'eau |
- PV. Nicolas Flamel.



Depuis quelques temps, Kyrie n'était plus qu'une bien paresseuse épouse. Même si, pour sûr, ce n'était pas pour autant de sa faute. Son envie d'aider son mari se voyait sans cesse repousser avec gentillesse. Mais quelle était la raison d'un pareil ménagement, bien plus abusif que l'usuel ? Eh bah, cette attention presque maladive chez Shinobu trouvait sa source dans le fait que son épouse, d'un naturel si fragile, porte au creux de son ventre deux petits anges. Comme si sa grossesse courait le moindre risque alors qu'elle n'avait même pas encore atteint la moitié de celle-ci, son mari veillait avec une prudence exagérée à ce que rien n'épuise la française. En ouvrant les yeux sur le côté de leur lit, celle-ci se détachait de ses rêves, des souvenirs qui s'y baladaient. Il était temps de se réveiller. Le réveil qui vociférait le lui fit clairement comprendre. Ainsi, se redressant pour tenter, non sans mal, de passer au-dessus de l'épaule de son mari, elle s'étendit afin d'atteindre l'appareil pour l'éteindre. Son ventre, quelque peu arrondi déjà, s'appuya contre son époux et, grimaçant, elle décida dans un soupir de sortir du lit pour pouvoir se débarrasser du hurlement incessant de cette horreur matinale. Il était encore tôt, et aussi bien l'un que l'autre avaient le droit au repos du week-end, mais Kyrie avait prévu de sortir. Et le seul moyen d'y parvenir sans que Shinobu ne propose de la porter était bien évidemment de le faire lorsque celui-ci dormait encore.

Se penchant au-dessus de lui, elle vint embrasser son front. Un petit rituel habituel, qu'elle n'abandonnerait pour rien au monde. Même si celui-ci avait été quelque peu malmené par les nausées que la femme avait subit au début de la grossesse. En le regardant avec tendresse, elle extirpa de son esprit les premiers jours. Le dire à Shinobu n'avait pas été chose aisée pour elle, principalement parce qu'ils craignaient autant l'un que l'autre qu'un éventuel bébé ne possède l'un de leur don. Mais finalement, il n'avait pas été question d'un bébé mais de deux. Et, les craintes se multipliant, ils avaient tenté sur quelques jours de se dire que le bon Seigneur leur ferait la grâce d'épargner ce mal à leur progéniture. Bien malgré elle, Kyrie portait encore cette peur que ses enfants ne soient différents. Malgré sa particularité, elle avait passé son enfance dans le monde des humains, se considérant si grandement comme part entière de cette humanité, et elle avouait ne pas imaginer couper ses angelots de la chance de découvrir les différences. Était-ce réellement une bonne chose que de leur imposer de vivre sur cette île ? Décidant de ne plus y songer plus longtemps, elle secoua légèrement la tête de droite à gauche et opta pour aller se préparer. Sa mère, par chance, avait réussi à lui envoyer d'anciennes robes à elles, des affaires qui ne craignaient pas son ventre, et Kyrie se glissa donc dans l'une d'entre elles.

Ne comptant pas s'absenter longtemps, pour ne pas inquiéter d'avantage son époux, elle ne prit pas la peine de petit-déjeuner et sortit de leur maison le plus discrètement possible. Ils déjeuneraient certainement ensemble à son retour. En se soumettant au vent de l'extérieur, Kyrie serra sur ses épaules son châle en prenant une profonde respiration. L'air lui faisait le plus grand bien et, passant l'une de ses mains dans ses cheveux, elle imposa à ceux-ci de lui obéir pour pouvoir voir où elle se rendrait. La marche ne fut pas bien longue, bien que complexe, principalement parce que la noble n'était absolument pas habituée à marcher à plat, la grossesse lui interdisait de porter des talons autant que bien d'autres choses, et bientôt elle parvint à la plage. Pourquoi la plage ? Sans réelle raison. Ou peut-être pour pouvoir s'y poser. Ce qu'elle fit bien évidemment. S'asseyant dans le sable, retirant ses ballerines pour tremper le bout de ses petits pieds dans l'eau, elle clos les yeux, caressant son ventre avec tendresse. C'était si calme ici. Certainement parce que ce n'était pas encore la saison des baignades. Au loin, ses grands yeux vairons percevaient des bateaux et, posant les doigts dans le sable finalement, elle songea à son pays qui lui semblait si loin.  Mariée, et enceinte, elle donnerait certainement naissance à ses enfants ici, et non pas chez elle. En se gardant de secouer la tête à nouveau de peur de se donner le vertige, elle tenta de se convaincre que sa place était là, à Chrysalis, et plus nulle part ailleurs désormais. Ce n'était pas si mal ici, après tout. Nicolas Flamel, dont tous connaissaient le nom ici, avait bien évidemment veiller à ce que tout soit mit en ordre pour que tout un chacun puisse vivre dans un certain confort. Et même si la librairie était bien différente de celle dans laquelle elle avait eu, auparavant, l'habitude de travailler, l'atmosphère qui y régnait y était tout aussi douce.

Des bruits de pas, bientôt, assourdis par le sable, lui firent tourner la tête et, dans un faible sourire, elle fermait quelques secondes les yeux en inclinant le visage en guise de salutation, embarrassée de ne pas pouvoir se relever pour le moment.

- Bien le bonjour, monsieur Flamel.  



H-RP:
 
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Nicolas Flamel
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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau. || P.V. Nicolas Flamel.   Ven 27 Mar - 15:52

Ce matin était une bonne journée! Nicolas le sentait. Il se réveilla de bonne humeur, comme tout les jours. Il ouvrit les yeux, sur le portrtait posé sur sa table de nuit, qui représentait sa défunte femme, et dit alors un sourire bienveillant aux lèvres:

- Bon matin, Pernelle..

Il se leva tranquillement. Oui, Nicolas était un lève tôt, il n'aimait pas vraiment buller au lit, n'en voyant pas l'intérêt quand on était normalement constituer et qu'on était pas insomniaque. Même le week-end! Et puis, restait au lit lui rappelait souvent son grand âge et ne voulait pas être comparait à un vieux crouton. Dehors, les lueurs du soleil levant se reflétaient sur l'océan. C'était magnifique. Il alla donc prendre sa douche. Enfin, il s'habilla d'une chemise orange en coton et enfila par dessus une veste de costume de couleur bleu turquoise à motif d'orchidée mauve, avec un pantalon blanc et des chaussures italienne crème. Il s'agissait la de l'un de ses costumes du week-end. Oui... Notre Nicolas n'était pas comme la plupart des gens, il était quelqu'un d'extravagant. Mais adorable à côté de ça! Il ne prit même pas le temps de se coiffer, car vu la tignasse épaisse qu'il portait sur son crâne.. Il n'arriverait jamais à les coiffer sans un sort. D'ailleurs, il ressemblait un peu à un petit chien de compagnie...

Il fit son lit et sorti enfin de chez lui. Se dirigeant vers le village en contre bas de l'Académie. Il adorait par dessus tout se balader sur la place du village au beau matin. Arrivé à destination, il entra dans la boulangerie ou la vendeuse lui tendit un panier qu'il paya aussitôt. Bien qu'habituellement les boulanger le lui offrait, Nicolas détestait se servir de gens tous aussi honnête que lui. Même si cela était grâce à lui que tous pouvaient vivre en paix sur l'île de Chrysalis. Ce panier contenait une couverture bleu, un thermos de chocolat chaud bien sucré et une multitude de douceurs. C'était la son rituel de tout les matins. Il aimait se balader sur l'île pour trouver un endroit ou déjeuner tranquillement avant de commencer sa journée à l'Académie.

Aujourd'hui, il décida d'aller prendre son petit déjeuner sur la plage, car la température était douce depuis quelques jours malgré les quelques coups de vent intempestifs.

C'est alors qu'il vit Kyrie Kawayashi, la petite libraire française, mariée à Shinobu, un japonais qui était professeur de littérature à l'Académie. De plus, elle était enceinte. C'était pour lui l'occasion de déjeuner en bonne compagnie. Il s'assit alors près d'elle une fois la couverture installer à terre.

- Bon Matin, Miss Kawayashi.

Il commença alors à se servir une tasse de chocolat chaud puis disposa dans une assiette en carton une petite fougasse aux olives noir, une aux lardons ainsi qu'une large tranche de pain brioché surmonté d'un oeuf au plat encore chaud. C'était la son petit déjeuner favori.

- Désirez-vous vous joindre à moi? Je crois qu'aujourd'hui la boulangère m'a un peu trop remplit le panier.
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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau. || P.V. Nicolas Flamel.   Lun 30 Mar - 19:00




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Le calme était apaisant. Quelque part, il faisait tourner sa tête, l'ennuyait, mais Kyrie avait apprit depuis longtemps à composer avec l'ennui. Que ce soit le temps qu'elle avait passé au manoir de la famille Rocheliodel ou bien les cours, le travail, il était certain que son existence, régie par une routine certaine, avait un calme que rien ne semblait capable de déranger. Et pour cette raison, il n'y avait rien de vraiment trépident à faire. Depuis que deux petits angelots se formaient dans son ventre, elle voyait ses habitudes changées. Elle qui n'était déjà pas très solide devait désormais supporter de voir son mari lui donner tant d'attention qu'elle se sentait comme un poids pour lui. Le ménage, la cuisine, quoi qu'elle puisse avoir envie de faire se voyait repousser entre les draps. Impossible pour elle de se mouvoir comme elle le voulait. Et ça ne lui plaisait pas beaucoup.

D'une nature très indépendante, posée et certaine d'elle-même, elle avait passé la majeure partie de sa vie a n'attendre rien de personne. Entre ceux qui la voyaient comme cette sainte-ni-touche, ceux qui ne l'approchaient que par envie de côtoyer la noblesse, ou encore ceux qui n'étaient souriants que pour parvenir à mieux la blesser, elle avait vite fait le choix de tomber dans un profond mutisme. Rien ne savait mieux la défendre que son silence. Sa rencontre avec Shinobu avait provoqué un déclic cependant. Son silence avait volé en éclats, elle l'avait réprimandé de son comportement, avait supporté pour pouvoir demeurer à son chevet les commentaires perçants de la compagne de l'homme contre lequel il s'était battu, elle qui n'avait pourtant rien eu à voir avec cette histoire ! Elle-même, sur cet instant posé, ne parvenait pas à savoir d'où lui était venu l'envie de rester près de lui. Quelque chose chez cet homme l'avait hypnotisée, quand bien même son coeur ait pu crier à la délivrance de ce fardeau qu'elle voyait dans l'amour. Elle se souvenait, avec une certaine mélancolie, de la façon dont sa mère l'avait longtemps mise en garde. " L'amour est une mauvaise herbe qui se plaît à pousser dans les plus beaux jardins " disait-elle toujours. Et bien, s'il en était ainsi, le jardin d'âme de Kyrie était recouvert de lierres. En relevant la tête vers l'homme dont les couleurs chatoyantes des vêtements avaient trahit l'identité sans mal, elle esquissait un sourire et le laissait s'installer sur le sable à son tour, posant sur celui-ci une couverture. En l'écoutant, elle se permit un petit rire. Miss ? Mais elle était mariée ! Et portait en son sein les vies que lui avait offert son époux !  Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait plus entendu ce mot. Les joues quelques roses d'un contentement personnel, elle plongeait à nouveau dans ses souvenirs, se sentant rajeunir par cette petite maladresse du langage. Puis, venant s'installer sur sa couverture, l'homme sortit ce qui lui sembla être un bien copieux petit-déjeuner.

Dans un coin de son esprit, elle se demanda l'heure qu'il pouvait être. Peut-être était-elle resté ici plus longtemps qu'elle ne l'aurait pensé ? L'air de la mer la décrochait du temps, lui donnait l'impression que les secondes étaient des minutes. De quoi vite perdre sa notion du temps qui passait. La voix de l'alchimiste s'en revint bientôt à ses oreilles et, ayant un court instant restitué son regard à l'horizon, elle tourna à nouveau la tête vers lui pour le regarder, d'un regard posé et tendre. Il avait vécu si longtemps, était un véritable mythe en lui-même, mais il lui semblait si humain. Si semblable à elle. Et pourtant, elle savait que sa vie, bien évidemment, était bien plus précieuse. Il savait tant qu'elle ignorait encore.

- Désirez-vous vous joindre à moi? Je crois qu'aujourd'hui la boulangère m'a un peu trop remplit le panier.
- Ce serait un grand plaisir pour moi, monsieur. Mais je crains que tous ces mets ne rendent jaloux mon époux, s'il déjeune seul et que je reviens l'estomac aussi plein que le ventre !

Et l'aventure commençait alors. Il fallait passer du sable au bord de la couverture et, dans une légère grimace, la française subissait le réveil de ces protégés. L'un d'eux, certainement son fils parce que bien plus agité que sa fille, venait d'infliger à son ventre un sévère coup qu'elle songea un coup de pied. Quel bagarreur ! Il tenait au moins cela de son père, bien que celui-ci se soit assagit avec le temps. Le visage fermé par la douleur vive, elle finit par soupirer longuement, posant sa main droite contre le tissu qui couvrait sa peau, caressant avec gentillesse. En murmurant quelques mots doux, tentant par la même occasion de se relever, elle rit tout bas, se rendant compte de l'originalité de la scène. Le pauvre Nicolas Flamel allait devoir attendre quelques minutes avant de pouvoir réellement avoir de la compagnie à son petit-déjeuner en extérieur.

- Je vous demande de bien vouloir me pardonner, je crois que mes amours se sont réveiller. Et s'amusent à se battre dans mon ventre.  

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Nicolas Flamel
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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau. || P.V. Nicolas Flamel.   Dim 26 Avr - 13:46


Nicolas observait alors la jeune Kyrie qui venait de lui répondre aimablement, voir même avec un accent comique. Son mari allait être jaloux? Ce n'est pas grave, cela le faisait rire. Et puis, si celui-ci l'était, tant pis, il allait provoquer un duel pour défendre sa cause! Le ventre plein de Miss Kawayashi! A cette pensée, le roux extravagant se mit à rire doucement. Un duel. Cela faisait bien des années qu'il n'en avait pas fait un, voir des années qu'il n'avait pas lancé de soufflet.. Mais ça le ravie, il n'aimait pas la violence, et préféré en rire qu'en parler sérieusement.

Nicolas appréciait beaucoup le couple Kawayashi. D'une part, il revoyait Pernelle à travers la française et d'autre part, le japonais était un professeur passionné et honnête envers le directeur. Il regarda alors à l'horizon. La mer était bleu et le soleil entrain de se lever était sublime; aussi beau que sa fille pensait-il.

Il ne remarqua même pas que la jeune demoiselle était entrain de venir s'asseoir près de lui au péril de la vie des enfants en elle, et fut, bien surprit en sortant de ses pensées, de la voir assise sur la couverture.

- Oh, ne vous en faite point Miss Kawayashi, les enfants avant tout. Mais, désirez-vous déjà que je vous serve quelque chose?


[désoler c'est assez court ><]
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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau. || P.V. Nicolas Flamel.   Jeu 21 Mai - 23:53




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Ce n'était pas simple de se mouvoir avec deux petits êtres dans le ventre. Et quand bien même ceux-ci soient encore si faibles, Kyrie n'en devait pas moins faire avec leur poids. Son ventre, avec les jours, les semaines, s'était arrondit de plus en plus, et elle réalisa bien vite qu'il ne lui aurait pas été possible plus longtemps de cacher ce secret à son mari. Shinobu aurait bien fini par voir que les robes aux corsets noués qu'elle avait délaissées pour d'autres plus amples et libres de mouvements n'étaient pas qu'une question de changement de goût. Après tout, le japonais lisait tout au travers d'elle comme s'il avait s'agit d'un livre ouvert. Peut-être était-ce là le miracle qui tenait leur mariage si heureux, là où certains autres se fanaient avant même d'avoir fleurit. En peinant quelque peu à venir s'installer sur la couverture, elle songea que ces deux enfants étaient un présent des cieux. Parfois la joie était terrassée par la peur qu'ils ne soient pas "normaux", pas "humains", mais ces instants ne duraient jamais bien longtemps. Peu importait qu'ils puissent posséder un don ou non, elle savait que son mari et elle-même les aimeraient malgré tout bien plus que leur propre existence. Elle parvint finalement à se poser sur la couverture, dans un discret soupir soulagé. Quelle aventure !

- Oh, ne vous en faite point Miss Kawayashi, les enfants avant tout. Mais, désirez-vous déjà que je vous serve quelque chose?
- Je ne refuserais pas un jus de fruit quelconque s'il s'en trouve un dans votre panier. Si vous n'en n'avez pas, eh bien je prendrais un verre d'eau. Bien qu'il soit si comique de boire de l'eau quand nous en avons déjà tant à disposition face à nous.

Un autre petit rire fila d'entre ses lèvres. Le fait d'être appelée "miss" la décontractait, la détendait. C'était un bond dans le temps qui contrastait bien évidemment avec la rondeur de son ventre, mais aussi la présence de l'alliance à son annulaire gauche. Cela faisait des années qu'elle s'était unie à Shinobu, pour le meilleur comme pour le pire, et désormais c'était son nom qui apparaissait à la place du nom qu'elle avait si longtemps porté. Dans un coin de son esprit elle songea qu'elle ne s'y ferait certainement que lorsque leurs enfants quitteraient le cocon familial, laissant leurs parents, ridés par le temps, à un amour plus tranquille et sage. Le mariage avait été un changement qui avait bouleversé sa vie, et pourtant elle en restait si heureuse qu'elle n'aurait souhaité pour rien au monde revenir en arrière et changer sa décision. Shinobu prenait grand soin d'elle, bien qu'il soit devenu récemment trop protecteur pour elle, et était un homme intelligent et délicat qui la traitait avec respect et la voyait comme son égale bien qu'elle soit une femme. Pendant des années, elle avait redouté l'idée de se marier. Sa mère était une femme discrète, qui dirigeait le manoir depuis les ombres comme si elle n'avait pas été aussi bonne pour s'exposer à la fierté de la lumière. Et Kyrie avait craint de ne devoir se soumettre elle aussi à ce silence obéissant envers son mari. Shinobu l'avait sortie de sa cage de verre et d'or et, sans crainte, avait eu le courage de la nourrir de sentiments qu'elle eut longtemps reniés. Désormais, son bonheur était immense. Même s'il fallait avouer qu'un petit plaisir comme ce doux mot qui avait disparu pour elle n'était pas des choses qu'elle refusait.

Restant aux côtés de l'alchimiste, à distance raisonnable, elle poursuivit de caresser son ventre, d'un geste attentif. Tatsuo et Hanae étaient déjà couverts de l'amour de leurs parents. Ce n'était pas un fait que l'on pouvait ignorer lorsque la noble lisait à haute voix, installée sur un siège près d'une fenêtre, pour les tenir calme et les habituer à sa voix. Shinobu était plus maladroit, cependant. Après tout, les enfants ne se trouvant pas dans son ventre, il ne savait pas toujours où étaient ses derniers, ni dans quel sens, et il se contenta alors la plupart du temps de caresser le ventre de sa compagne, de venir poser l'oreille contre pour tenter de les entendre, de les sentir. Et dans leurs moments les plus complices, il venait parfois même couvrir ce ballon maternel de tendres baisers qui empêchaient à la française de se sentir laide. La grossesse ne la mettait certes pas à l'aise, mais son mari demeurerait à ses côtés tout du long, elle le savait. Ses sentiments étaient inchangés, malgré les changements qui s'opéraient sur ce corps faiblard. En reportant à nouveau son regard vers l'horizon, admirant de ses yeux vairons le jour qui se levait, elle finit par entre-ouvrir les lèvres, avant d'oser demander :

- Monsieur Flamel... Je vous demande pardon de vous poser une telle question alors que vous semblez vouloir vous couper des interrogations du monde mais... Trouveriez-vous juste d'emprisonner ici mes enfants, dans la pensée que le reste du monde puisse leur être néfaste, afin d'être certaine de leur sûreté ?  

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Nicolas Flamel
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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau. || P.V. Nicolas Flamel.   Lun 25 Mai - 17:46


Nicolas Flamel commençait à avoir l'appétit qui creusait doucement son estomac. Il entreprit alors de prendre l'assiette qui contenait le pain avec l'oeuf et mordit dedans pour en extraire un grand morceau, qu'il mangea avec un sourire satisfait. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas mangé en si bonne compagnie. Sa fille dormant au dortoir, il était rare qu'elle l'accompagne d'une heure si matinale. De plus, elle n'avait toujours pas fait le deuil de sa mère. Elle désirait rester seule avec sa tristesse.

C'est alors qu'il fouilla dans son petit panier, et comme par magie, il y avait bien une petite bouteille en verre remplit de jus d'orange. C'était comme si la boulangère avait anticipée son petit-déjeuner avec Miss Kawayashi. Il lui servit donc dans un verre en plastique.

- Si vous avez faim, il y a toute sorte de chose! C'est un peu le panier d'Ali Baba aujourd'hui! Héhé

Il continua à manger sa brioche, puis commença la fougasse aux olives noirs. Ahh, qu'est-ce que cela était bon! Il décida de garder la fougasse aux lardons pour le reste de sa journée dans son bureau au cas ou une petite faim le surprenait. Il finit par regarder l'horizon, en souriant, comme toujours, mais cette fois, d'un air triste.

- Hélas non ma chère.. J'ai créer cette île pour protéger ceux qui en ont besoin et surtout envie. Je ne force personne. Certains arrivent à vivre heureux parmi les humains en cachant leurs pouvoirs. Je ne trouve pas cela juste. Car c'est vous qui avez choisit de venir ici, pour votre propre vie. Plus tard, vos enfants penseront par eux-même, à ce moment la, ce sera à eux de choisir leur destiné. Ils devront se faire leurs propre expérience de vie. Si cela ce trouve, ils vivront en sécurité parmi les humains.
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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau. || P.V. Nicolas Flamel.   Jeu 28 Mai - 18:37




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Etre posée là, face à l'océan, face à cette étendue d'eau à la fois paisible et agitée rappelait à la française combien elle pouvait être semblable à sa vie. La sienne et celle de tout être sur cette terre dansant dans une ronde inlassable. La main se mouvant avec lenteur et gentillesse contre son ventre, Kyrie sentit bientôt les deux petits êtres se calmer à nouveau, comme plonger dans une torpeur sans malice que leur mère leur demander d'avoir. La plupart du temps, elle grimaçait discrètement à leurs mouvements brusques, à croire qu'ils étaient serrés dans son ventre, mais parfois il fallait avouer qu'elle aurait aimé un peu de repos, se poser et pouvoir profiter du moment sans avoir à garder l’œil, pour peu que ce fut possible, sur eux. C'était cependant impossible. Ils vivaient en elle, après tout, et grandissaient en son creux comme des fleurs pousseraient dans un bocal de verre, choyées de milles tendresses. En se contenant de soupirer à nouveau, d'aise, de lassitude peut-être en même temps, elle tourna légèrement son regard vairon vers l'illustre alchimiste dont le visage était désormais orné d'un sourire presque mélancolique.

- Hélas non ma chère... J'ai créée cette île pour protéger ceux qui en ont besoin et surtout envie. Je ne force personne. Certains arrivent à vivre heureux parmi les humains en cachant leurs pouvoirs. Je ne trouve pas cela juste. Car c'est vous qui avez choisit de venir ici, pour votre propre vie. Plus tard, vos enfants penseront par eux-même, à ce moment-lè, ce sera à eux de choisir leur destiné. Ils devront se faire leurs propre expérience de vie. Si cela ce trouve, ils vivront en sécurité parmi les humains.

Elle esquissa à nouveau un sourire baigné dans la bienveillance, retournant ses yeux hétéro-chromiques sur l'océan. Elle avait été élevée et avait grandit par et auprès des humains. Cacher son don, quand celui-ci avait refait surface, n'avait pas été chose aisée, principalement parce qu'elle parvenait à projeter les gens dans leurs propres souvenirs. Mais ça ne l'avait pas empêché de passer d'inoubliables moments. Elle ne regrettait pas le choix qu'avaient fait ses parents, en espérant de tout coeur qu'elle parviendrait à trouver sa propre vérité en chemin. Kyrie savait qui elle pouvait être, ce qu'elle pouvait avoir comme pouvoir, elle ne l'utilisait certes que rarement, mais ne l'en contrôlait pas moins bien pour autant. Ces années de retenue, à devoir prêter attention à chaque objet effleurer du bout de ses doigts de pianiste lui avaient apprit la fragilité de l'humanité. Une humanité qui bannissait tout différent parce qu'effrayée de ce qu'elle ne pouvait comprendre ou contrôler. Tout comme Shinobu, elle espérait du fond de son coeur qu'un jour l'abcès serait crevé, et que tous parviendraient à vivre sans avoir à se cacher, à changer. C'était une rêve utopiste, mais elle ne pouvait pas s'empêcher d'espérer que ses enfants, qu'ils soient "normaux" ou non, parviendraient à vivre dans un monde demeurant dans une entente et une paix constante et harmonieuse.

- Je ne compte pas imposer une telle chose à mes enfants. Je pense que je voulais m'assurer de votre avis, vérifier de mes propres yeux et de mes propres oreilles que ce que l'on dit de vous est exact. Je ne suis nullement déçue par vos mots, monsieur. Et je vous remercie infiniment d'avoir bien voulu répondre à ma question.

En inclinant légèrement la tête, la noble remercia encore, avant d'attraper d'un geste ample un croissant qu'elle avait remarqué du regard un peu plus tôt. Mieux valait ne pas se remplir l'estomac pour pouvoir encore déjeuner avec Shinobu, ne pas laisser ce tendre mari se demander où elle avait bien pu passer. Elle savait que si elle tardait trop, il s’inquiéterait pour elle et les enfants, et ce n'était pas ce qu'elle souhaitait. Non, elle souhaitait juste s'esquiver un peu à son attention parfois étouffante, poser un pied au sol d'elle-même, vérifier qu'elle était encore apte à faire des choses par elle-même. En amenant le croissant à sa bouche, elle croqua un bout, le mâchouillant sans bruit avant de se saisir du verre en plastique que l'alchimiste avait prit la peine de remplir de jus de fruits. Du jus d'orange, plus précisément. En jetant son regard dans le liquide, y regardant son reflet agité, elle sourit à nouveau. Il y avait de petits plaisirs qu'on ne savait se refuser, comme celui de déjeuner au calme, dans un endroit paisible. Peu à peu, elle observa la façon dont ses grands yeux se plissaient, dans une expression égarée, si légèrement inquiète. Et, après avoir bu une petite gorgée à peine, elle reprit de regarder l'océan, caressant de ses deux mains désormais libre son ventre comme si ce geste avait su le protéger de tout et de rien.

- Je ne doute pas que vous le ferez mais... Une part de moi m'accorde que je serais rassurée après vous l'avoir demandé, alors... Pourriez-vous, s'il vous plaît monsieur, prendre soin de mes enfants ? Je ne demande ni traitement particulier, ni attention exagérée, je veux juste être certaine que si... Que s'il m'arrivait un jour quelque chose, ils seraient encore éloignés du danger. Je connais les enfants, les adolescents, ils nous font des secrets, veulent se sentir adultes avant l'heure, mais ils sont tout ce que j'ai au monde avec Shinobu... Je me doute qu'un jour mon pouvoir me rendra certainement folle, j'oublierais probablement qu'ils existent. Comme beaucoup, ils seront noyés sous des souvenirs que ne sont pas les miens.  

Cette pensée, en réalité, tournait dans l'esprit de la jeune mère comme une faux suspendue à ce plafond imaginaire qu'était le ciel. Elle ne se souvenait plus de la voix d'Arthur, de son sourire, peu à peu, au-delà de l'oeuvre du temps, les souvenirs qu'elle avait accueillit en elle avaient fini par submerger les siens. Et chaque regard de son mari, chaque mot, résonnait à l'intérieur d'elle à l'infini comme pour qu'elle soit sûre de s'en souvenir. Elle savait qu'un jour viendrait où tout disparaîtrait. Peu importe qu'elle se contienne de toucher quoi que ce soit, qu'elle ne lutte contre sa nature, elle savait que le temps avançait, qu'un jour il passerait un grand coup d'effaceur sur le tableau de sa vie. Elle oublierait son nom, son prénom, elle oublierait son visage et se regarderait elle-même comme une inconnue. C'était une angoisse qu'elle ne savait partager avec son mari, un secret si lourd qu'elle ne voulait pas qu'il le découvre, même si elle était déjà certaine qu'il ne l'ignorait que pour la laisser se croire unique à le connaître. Shinobu était doté d'une compassion divine, il savait probablement que les mots ne savaient guérir ce mal et devait trouver dans ses gestes quelques douceurs pour l'apaiser. Il fallait cependant qu'elle en parle à quelqu'un. Et bien que peinée de partager une telle douleur avec quelqu'un qui, à ce qu'elle en savait, avait déjà beaucoup souffert, elle savait que l'alchimiste n'en parlerait à personne. Peut-être que ses mots tomberaient dans ses oreilles et qu'il les oublierait à son tour sous le flot de travail qu'il se tenait de tenir, mais en avoir parlé soulagea la française. Laquelle rit doucement, d'un ton embarrassé, montant l'une de ses mains au-devant de ses lèvres pour cacher son sourire par politesse.

- Seigneur, je deviens là bien égoïste ! Je vous demande de bien vouloir, s'il vous plait, me pardonner mes mots. Les pensées mystérieuses des femmes sont souvent des labyrinthes dans lesquels les hommes se perdent. Et je ne voudrais pas que vous vous égariez !

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Nicolas Flamel
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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau. || P.V. Nicolas Flamel.   Ven 29 Mai - 21:53


L'alchimiste finissait de manger son petit déjeuner tranquillement, ayant mit de côté de quoi grignoter dans la journée, il entreprit de ranger les assiettes en cartons et son verre dans le panier. Il se mit alors à fermer les yeux, levant son visage vers le ciel, humant l'odeur de la mer, au gout iodée, ses cheveux très épais voletant un peu grâce à la brise matinale. Il se sentait tellement bien ici, en si bonne compagnie.. Il avait l'impression que sa Pernelle était la, tout près d'elle. Ce petit déjeuner avec Miss Kawayashi lui rappelait tellement de souvenirs. Autant heureux que douloureux. Il se rappeler ses cheveux d'un blanc aux reflets blancs.. Comme la demoiselle, tout aussi française que lui et sa Pernelle. Cela faisait du bien à Nicolas de savoir au moins qu'il y avait une française sur l'île. Peut-être pas du même milieu que lui, mais ça, ça n'avait aucune importance. Elle était française, voilà tout. Au moins elle pouvait comprendre un peu sa manière d'être -peut être-.

Il rouvrit enfin les yeux, écoutant attentivement ce que la demoiselle lui disait. Son regard était emplit de tristesse et d'inquiétude. Une expression que peu de gens avait l'occasion de voir sur le visage du directeur de l'Académie.

- Ne vous inquiétez pas Miss.. Je prendrais soin de vos enfants, je le promets. Je suis père aussi, je sais ce que c'est, ce genre de sentiments. Je vous le jure sur mon pouvoir, ainsi que sur ma fille, je prendrais soin de vos enfants..

Son souffle semblait court. Sa voix baissait en intensité vers la fin. Il se refusait que cette jeune femme, ou plutôt "enfant" à ses yeux, vu son âge, s'inquiéte pour l'avenir de ses enfants. Il prendrais soin d'eux et surveillerais et soutiendrais Monsieur Kawayashi si il arrivait malheur à cette jeune femme si belle et pleine de vie.

Dans un souffle, comme totalement vide, laissant tout son mal être sortir dans sa voix:

- Il va faire chaud aujourd'hui.. Je devrais faire couper de la pastèque au réfectoire..

Il avait l'air d'avoir dit cela comme pour se changer les idées, oublier ses souvenirs. Ne pas y penser. Mais rien n'y fut. Parler à une française, qui ressemblait à Pernelle qui plus est. Ce n'était pas facile d'arriver à se retenir jusqu'à le prochain rendez-vous avec Sigmund.

- Moi aussi.. Je m'inquiète vous savez?.. Comme vous le savez, je suis père.. Edwige.. Depuis la mort de Pernelle, elle ne parle presque plus. C'est difficile.. Elle s'éloigne de plus en plus, ne viens plus me faire un petit coucou, ou même manger avec moi. Elle ne laisse personne entrer dans son petit monde qu'elle est entrain de se creer pour aller mieux.. J'ai peur pour elle. Je connais ce genre de chose.. J'en ai vu des élèves passer dans cette école et dans le cabinet du Dr. Sigmund.. Je refuse qu'elle finisse ainsi.. Seule.. Elle n'arrive pas à contrôler son propre pouvoir. Elle est un danger pour elle-même et pour les autres.. Elle peut mettre le feu à tout moment, au moindre sentiment trop fort pour elle..

Soudain, il se passa la main sur les yeux, puis dans les cheveux. Versa alors une larme discrète. Que c'était inhabituel.
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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau. || P.V. Nicolas Flamel.   Lun 8 Juin - 17:47




| Les pieds dans l'eau |
- PV. Nicolas Flamel.



Il y avait des sentiments, des émotions, que les gens communiquaient à l'aide de mots, mais bien plus encore à l'aide d'expression. Leur visage, déformé légèrement par la joie, la douleur, la peur, trahissait presque toujours cette sensibilité qu'il était aussi possible de comprendre et décrypter à l'aide de certains tics nerveux, à l'aide de regards tournés dans telle ou telle direction. Et la française, habituée à traduire ce langage pour être certaine de ne pas poser un mot plus haut que l'autre et blessé son opposant, savait bien évidemment toute l'inquiétude qui agitait l'alchimiste. Autour de lui, il y avait ce voile funeste, sombre, qui ternissait les belles couleurs de ses vêtements chatoyants. Elle savait qu'il comprenait ses préoccupations, qu'il devait savoir combien le temps, les souvenirs, pouvaient être tant de fleurs comme tant de chaines à nous retenir au sol inexorablement. La médium aurait pu aller chercher le contact, subtiliser à l'illustre personnage une copie de ses souvenirs pour pouvoir affirmer comprendre son ressenti, mais ça n'aurait absolument pas été poli, et elle n'aimait pas user de sa capacité avec tant de légèreté. Elle ne savait pas, principalement, si l'utilisation de celui-ci aurait une quelconque influence sur ses enfants et s'inquiétait que celle-ci, si elle se montrait, leur soit néfaste. Elle se tenait donc autant que possible à l'écart des occasions de plonger dans les mémoires, bien plus encore qu'à l'accoutumé. En rapportant son regard, le tournant légèrement sur le côté, sur le directeur, elle observa son air attristé et inquiet et s'en voulut à nouveau légèrement d'avoir parlé d'un tel sujet alors qu'Edwige, la fille de cet homme, n'avait pas encore fait son deuil.

- Ne vous inquiétez pas Miss... Je prendrais soin de vos enfants, je le promets. Je suis père aussi, je sais ce que c'est, ce genre de sentiments. Je vous le jure sur mon pouvoir, ainsi que sur ma fille, je prendrais soin de vos enfants...

Elle ne pouvait pas ne pas le croire. Quand bien même elle eut trouvé impoli que la directeur promette sur la bouille adorable de sa fille, elle savait qu'il resterait fidèle à ces mots et veillerait réellement à ce que jamais rien de mal n'arrive aux deux petits anges qui attendaient de voir le jour depuis son ventre. La respiration de l'alchimiste, quelque peu étrange par rapport à il y avait encore quelques minutes auparavant l'intrigua, l'inquiétant quelque peu. Était-il secoué d'un quelconque mal ? Pourrait-il lui parler à son tour pour se défaire du poids des mots que ni l'un ni l'autre ne savaient dire à quiconque de peur de m'embêter le reste du monde. Les gens étaient heureux, ils trouvaient ici leur sûreté, peut-être auraient-ils dû, eux aussi, se contenter de cela. Mais le passé était le passé, et il ne savait jamais rester à sa place afin de ne pas entacher le futur, la française ne le savait hélas que trop bien.

- Il va faire chaud aujourd'hui... Je devrais faire couper de la pastèque au réfectoire...

Elle eut envie de sourire, pour le fait que ces mots aient été placés avec tant de maladresse, mais elle ne pouvait pas ignorer le fait que l'homme avait tenté là de distraire son esprit pour se sortir de ces zones sombres aptes à le happer sans demander son consentement. Bien que ce soit la première fois qu'ils se rencontrent, Kyrie avait certainement toujours, dans un coin de sa tête, imaginer l'alchimiste de cette façon. Les mots que l'on disait de lui n'était jamais méchants, ils berçaient dans le respect et l'admiration, mais un personnage ayant tant traversé le temps ne pouvait en être resté intact. Elle-même, qui avait la capacité de remonter le temps comme si elle avait été une horloge fonctionnant en sens inverse, savait que tout savoir n'était pas toujours bon, qu'il y avait des mensonges utiles, et des ignorances qui préservaient de la dureté de la réalité. C'était certainement ce don qui lui empêchait de juger les gens à leur apparence, car elle savait que celle-ci ne voulait presque rien dire. Il n'y avait que l'aura, que le sentiment primaire, dominant de loin les autres, à pouvoir se lire et se relire jusqu'à parvenir à percer la couche solide qui couvrait le coeur. Définitivement inquiète, bien qu'elle tenta de s'en préserver, sachant que ce n'était en aucun bon pour les petits, elle garda son regard si particulier sur le compagnon de petit-déjeuner qui semblait sombrer comme le Titanic.

- Moi aussi... Je m'inquiète vous savez?... Comme vous le savez, je suis père... Edwige... Depuis la mort de Pernelle, elle ne parle presque plus. C'est difficile... Elle s'éloigne de plus en plus, ne vient plus me faire un petit coucou, ou même manger avec moi. Elle ne laisse personne entrer dans le petit monde qu'elle est entrain de se créer pour aller mieux... J'ai peur pour elle. Je connais ce genre de chose... J'en ai vu des élèves passer dans cette école et dans le cabinet du Dr. Sigmund.. Je refuse qu'elle finisse ainsi... Seule... Elle n'arrive pas à contrôler son propre pouvoir. Elle est un danger pour elle-même et pour les autres... Elle peut mettre le feu à tout moment, au moindre sentiment trop fort pour elle...

Il avait tenté de le cacher, d'un mouvement de sa main passant devant ses yeux, puis filant dans ses cheveux, mais la française avait remarqué malgré tout la larme faiblarde qui avait coulé, roulé sur sa joue pour y laisser un sillon salé. Les hommes avaient tous l'air forts, ils semblaient imperturbables, c'était ce qu'elle avait toujours pensé, depuis sa rencontre avec Shinobu. Mais, quelques jours seulement après cette même rencontre, elle avait apprit de celle-ci qu'ils n'en étaient en réalité pas moins émotif, se gardant de laisser transparaître leurs émotions pour ce même stéréotype en lequel elle-même avait cru. La première fois qu'elle avait vu pleuré le grand japonais, elle s'était senti chaviré, renversée comme une barque en plein torrent. Et désormais ce sentiment revenait à la charge, tentant de la faire rouler sur le dos dans son imaginaire. Que pouvait-elle seulement faire ? Que pouvait-elle dire pour tenter de le rassurer à son tour ? Les gens, parfois, prenaient ses mots maladroits dans des sens tortueux, des sens qu'elle n'avait pas même soupçonné d'exister dans ses paroles. En un sens, effrayée de ne dire une mauvaise chose malgré sa bonne volonté, Kyrie prouvait encore une fois que tant de beaux mots ne savaient pas plus briller que le reflet d'une lanterne en plein jour sur l'eau claire. Tentant encore de trouver une solution, elle finit par regarder l'alchimiste dans une grande gentillesse, convaincue qu'entendre un peu de français lui remonterait peut-être le moral qui, il fallait se l'accorder, semblait être au plus bas.

- J'ai toujours pensé qu'il n'existe nul mal sans cure, monsieur. Votre fille, Edwige, monsieur, souffre d'un profond chagrin. Mais qu'elle se coupe du monde ne fera que la plonger un peu plus chaque jour dans des souvenirs qu'elle ne peut plus que toucher du bout des doigts. Et, bien que je ne sois pas psychologue, je pense que vous devriez aller lui parler, lui rappeler que vous êtes encore là, et que vous resterez à ses côtés. L'éternité est longue, accepteriez-vous de la passer sans elle parce que vous n'aurez ni l'un ni l'autre trouver les mots pour demander de l'attention, du réconfort, dans la seule personne que vous connaissez encore ?

En baissant légèrement la tête vers son ventre à nouveau, la noble observait son ventre d'un air désormais plus distrait. Ses pensés tournaient dans son esprit, là où résonnait la peur de n'avoir encore blessé l'alchimiste. Et, courageuse, elle décala l'une de ses mains pour la poser sur l'une des siennes, maîtrisant avec une certaine volonté les crépitements de son pouvoir qui tentaient de percer un mystère du temps. Elle ne se laisserait pas abattre, elle non plus. Quelque part, même si elle savait qu'elle partirait bien avant l'alchimiste, elle souhaitait malgré tout essayer de le consoler, ne serait-ce que quelques instants. A qui pouvait-il parler ? A qui racontait-il ses souvenirs lorsque ceux-ci encombraient son horizon ? Elle n'était qu'une petite âme bien naïve, bien inutile, mais Kyrie ne souhaitait pas se priver de rendre service aux autres sous ce prétexte. Sa gloire, la renommée, rien de tout ça ne l'intéressait.

- Je suis bien jeune, bien ignorante encore, mais mes oreilles peuvent certainement tout entendre, monsieur. Les souvenirs de centaines de personnes voguent à l'intérieur de moi, de mon esprit, tant d'histoires que leurs pensées, leur contact, m'ont communiqué comme pour s'en délivrer du chagrin bien inconsciemment. Je ne veux pas vos souvenirs depuis votre psyché, je ne veux pas les voir, les vivre comme vous avez pu les vivre, je serais une espionne à votre coeur si j'agissais de la sorte. Mais si vous souhaitez me parler, vous saurez toujours me trouver.

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Nicolas Flamel
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MessageSujet: Re: Les pieds dans l'eau. || P.V. Nicolas Flamel.   Dim 13 Sep - 17:41


Nicolas regardait vers l'horizon, se dressant droit devant lui. L'horizon lointain d'une terre qu'il avait façonné pour lui, pour sa fille, pour Pernelle... Pour les protéger... Il aimait vraiment cet endroit de l'île ou son esprit pouvait voguer au grès du vent et des vagues de l'océan d'encre. Il était vrai qu'un poids énorme, ainsi qu'une grande responsabilité se trouvait fixée sur ses épaules de vieil homme semblant plus jeune... En y repensant.. Il n'avait pas vraiment d'ami auprès de qui se confier. Eddard.. Ce n'était pas du genre à entendre ce genre de chose... Dr. Sigmund? Non, c'était un médecin, et bien qu'il le connaissait bien, il ne le prenait pas pour un ami...

Alors la proposition de la jeune Kawayashi l'ému passionnément. Elle était si généreuse, et pourtant un poids tout aussi important pesé sur elle.

- J'accepte avec joie Miss Kawayashi... Et je vous propose donc la même chose, si vous avez besoin de parler, de vous isoler. Mon bureau et mes oreilles sont grand ouvert.

Il sourit, finissant par regarder l'heure. Commençant alors à ranger les restes dans son panier.

- Je suis désoler de devoir vous laisser ainsi Miss mais ma journée va commencer. Au plaisir de vous revoir. Et.. Merci beaucoup.

Il lui prit la main pour lui faire un baise-main et s'en alla tranquillement en sifflotant.


[HRP: C'est un peu court, mais j'aimerais savoir si on peut clos le rp ici ^^]
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