Une académie tout ce qu'il y a de plus normale, à l'exception qu'elle regorge de créatures aussi extraordinaire les unes que les autres.
 

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 Emerentia A. || Aurez-vous le vent dans le dos ou devrez-vous lui faire face ?

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MessageSujet: Emerentia A. || Aurez-vous le vent dans le dos ou devrez-vous lui faire face ?   Jeu 23 Avr - 22:15


Emerentia A.


Carte d'identité
Nom Complet :: Emerentia Alix.
Surnoms :: Harmonie, la sérénade, dame du vent et fleur de jade.
Date de Naissance :: Je ne me souviens plus de la date précise. Mais je dois avoir dans les quatre cent ans.
Groupe :: Enseignants.
Race :: Sylphe, nymphe du vent, de l'air. Ils n'ont donc plus de secret ou de résistance contre moi.
Quelle année :: J'enseigne aux élèves de 3ème cycle.
Quel métier :: Professeur de musique.
Nationalité ::  Je ne suis jamais resté assez longtemps au contact de l'Homme pour en obtenir une particulière.
Orientation Sexuelle ::  Homosexuelle. Les hommes ne m'intéressent plus.
Signes Particulier ::  Je ne marche presque jamais, je flotte dans les airs.
Comment as-tu découvert le forum :: De la même façon que Kyrie l'a découvert. Vu que je suis son DC.
 Comment le trouve-tu :: Bien. Bien !
 Tes disponibilités :: Les même qu'avant ?
 A-tu lu le règlement,
   si oui la preuve ::
 Validé par Nicolas
 Autre ::  Si vous entendez crier la nuit, dites-vous que c'est le vent.


Physique
Nous autres nymphes sommes issues de la nature. Nous sommes ses filles, ses dames, ses conseillères, ses oreilles attentives mais aussi ses amantes, ses plus ferventes adoratrices. Notre existence est donc toute entourée de mystères, que les éléments jettent à nos pieds pour nous préserver des maux que nous infligent parfois l'Homme. Bien malgré cela, nous sommes des merveilles, des enchanteresses, tout aussi capable de vous ensorceler sans malice que de vous détruire d'un baiser volant. Et cette beauté surnaturelle, qui hypnotise, accrochera votre regard, vous soumettant presque à une envie irrépressible de nous suivre jusqu'à ce que nous ayons disparu de votre champ de vision. Et, contrairement à ce que l'on pourrait penser, nous n'avons pas que des sœurs, nous avons aussi des frères, même si bien moins nombreux, qui sont aussi bien moins charmant, comme si cette attraction que nous provoquions n'était dédiée qu'à la délicatesse de la féminité.

Bien, ceci étant dit je vais commencer à me décrire comme vous le souhaitiez, que je ne vous retienne pas trop longtemps. Tout d'abord, ce que l'on aperçoit le plus vite et simplement chez moi, ce sont bien mes cheveux. Longs, ceux-ci m'arrivent au milieu de l'avant-bras. Bien évidemment, ma vie à la longévité extraordinaire m'aurait autorisée à avoir des cheveux bien plus longs, mais c'est bien ainsi qu'ils me vont le mieux. Leur couleur intrigue souvent les gens, qui se demandent si s'agit là d'une teinture ou bien s'ils sont naturels. Je tiens donc à leur répondre qu'ils sont naturels, même si celle couleur peut parfois paraître extravagante. Mais de quelle couleur sont-ils donc ? Eh bien mes cheveux possèdent de nombreux tons différents, les teintes peuvent variées en fonction de la lumière à laquelle je suis exposée – comme tout un chacun me semble-t-il, qui passent d'un vert mentholé à un bleu que nul ne saurait certainement décrire. Mon corps n'étant qu'une enveloppe charnelle pour pouvoir me glisser çà et là à mon gré, étant une sorte d'incarnation naturelle du vent, il est possible que vous remarquiez de petites changements dans mon apparence sous mes flux émotionnels. Mes cheveux, pour leur part, peuvent aller d'une teinte très claire de joie aux tons bien plus sombres d'une peine. Bien évidemment, si je ne suis pas offerte au vent naturel, au vent qui se déchaîne et me susurre à l'oreille, je me vois faner, petit à petit, mes couleurs devenant fades. Raison pour laquelle il vous sera rare d'assister à l'un de mes cours sans que les fenêtres ne soient ouvertes.

Contrairement à ce à quoi l'on pourrait s'attendre d'une femme toujours entourée d'une douce brise, je n'ai absolument pas besoin de nouer mes cheveux pour ne pas être embêtée par ceux-ci. Le vent est mon allié, mon protecteur, il se plie donc toujours à ma volonté avec compréhension, compassion, et ne vient donc jamais emmêler mes mèches si ce n'est lorsque ma colère provoque de grands courants d'air. Si vos cheveux connaissent la torture d'être poussés en arrière par le vent, les miens en ignore le désastre, ne profitant que d'une caresse presque maternelle. En somme, vous aurez peut-être l'occasion, jamais plus qu'une ou deux fois, de me voir nouer ma chevelure en un chignon que je tiendrais certainement à l'aide de crayons dans la hâte, mais ce serait bien un événement. Malgré cela, je connais dans cet "avantage" un certain désavantage. En plein été, il m'est difficile d'éviter à mes cheveux de mes coller à la nuque, ou bien aux épaules, le coup de vent qui vous rafraîchit étant difficile à placer me concernant.

Poursuivons par mon visage, si vous le voulez bien. Celui-ci, encore une fois, ne connait pas de défaut, n'est pas même altéré par le passage perpétuel du vent contre sa peau. Fin, dessiné de traits délicats et bien féminins, il rend impossible pour moi de me faire passer pour un homme. Blanc, bien que tendrement rosé, il ne connait pas la vieillesse, mon apparence ayant cesser d'être altérer par le temps depuis longtemps déjà. Je serais donc aussi jeune jusqu'à la fin de mes jours, en sachant que je ne suis pas encore tout à fait à la moitié de mon existence. Je possède, comme la plupart des habitants de cette Terre, deux yeux. Ceux-ci possèdent une énigmatique forme d'amandes, une forme tendre et douce qui affine chacun de mes regards. Mes yeux pourtant, même si baignés d'un amour incondensable pour toute vie, effraient non pas rarement les gens. Ce n'est nullement leur faute, mais plus la faute de leur imagination lorsqu'ils posent leur regard sur mes iris au rouge vibrant. Comme deux pierres de rubis bruts, ils sont à la fois sombres et éclairés de bonnes intentions et traduisent dans l'absence de mes mots toutes mes émotions. Tantôt calmes comme un volcan assoupi, tantôt passionnés comme le prodige dans son art, ils semblent posséder une existence propre, qui ne se soumet pas et ce à quiconque. Dans un certain sens, ils sont peut-être ce que j'aime le plus chez moi, parce que je ne sais les comprendre moi-même. Ils sont comme l'incarnation parfaite, à la limite de la représentation idyllique, de ce côté caché de ma personnalité qui n'aime pas sa souplesse d'esprit dont l'on semble se servir si souvent.  

Mon visage, bien évidemment, ne possède pas que de la peau et deux yeux. On y retrouve encore beaucoup de choses et, sous mes yeux, se retrouvent donc des pommettes qui ne sont ni rebondies ni plates. Légèrement soulevées, rarement colorées du rose d'une timidité qui me régit pourtant la plupart du temps, les gens rêvent parfois d'y déposer d'affectueux baisers, parfois de tirer un peu dessus comme on pourrait le faire aux bambins. Je possède aussi un nez, bien droit, mais dont le bout est adorablement rond, ce qui se voit être parfait pour les bisous esquimau dont je raffole. Et sous celui-ci se trouvent de jolies lèvres. Fines, délicates, donnant des envies de baisers volés auxquels certains n'auront su résister, elles sont roses et lisses, bien que je lutte de façon acharnée pour qu'elles ne se gercent pas mystérieusement. Peut-être à cause de ma petite manie de passer ma langue dessus parfois, lorsque je suis très concentrée. Quoi qu'il en soit, pour ce détail, il n'est pas rare de me voir m'absenter et revenir avec les lèvres brillantes. Non pas que je m'amuse à y étaler du labello par couches, ce serait un placebo plus qu'autre chose, mais que j'aille souvent les humidifier pour ne pas avoir l'impression qu'elles sont trop sèches, ce qui serait assez désagréable lorsque je dois parler. Sous mes cheveux, sur les côtés de ma tête, je possède des oreilles étonnantes. Étonnantes parce que pointues à la façon des elfes, même si jamais assez pour sortir de la masse de mes filaments bleus-verts.

En descendant un peu le regard, vous parviendrez au haut de mon buste, à mes épaules. Et s'il n'y a pas grand-chose de passionnant à dire sur le premier, le second peut intéresser. Rondes, donnant suite à des bras légèrement rondouillards à leur tour, ce ne sont pas des épaules faîtes pour porter le poids du monde. Mon corps en lui-même ne saurait qu'écouter vos lamentations, jamais vous en soulager en les prenant pour vous. Je ne suis absolument pas une force de la nature comme semblent l'être mes frères, je ne suis jamais que sa forme la plus voluptueuses, la plus aimante. Mon corps n'est donc pas fait pour les batailles, et il est clair qu'en combat singulier, je n'aurais aucune chance, et ce certainement face à quiconque. Mes défenses ne sont valables qu'à distance, dans la façon dont je peux repousser un danger à l'aide de la force du vent, mais il m'est difficile d'en créer, s'il m'est extrêmement simple de le manier. En descendant encore un peu  – ne soyez pas gênés, vous parviendrez à ma poitrine. Très généreuse, elle sait faire office d'oreiller pour les plus sages mais aussi et surtout les plus jeunes, les enfants aimant s'y poser comme pour retourner à une chaleur maternelle, à un confort certain. Hélas, si elle attire souvent l’œil et semble plaire à plus d'un et d'une, elle m'est douloureuse. Pesante, elle peine mon dos, raison pour laquelle je dors souvent sur le ventre. Coincée contre quelque chose, ils me semblent plus légers, même si quelque peu encombrants encore. De l'autre côté de mon buste, dans mon dos donc, il est possible de voir de très nombreuses cicatrices, marques de ma résistance à l'époque où mon pouvoir était encore utilisé à des fins personnelles par d'autres. Presque toujours de formes différentes, certaines d'entre elles se croisent, se superposent et laissent donc des marques entre le blanc et le rose vif sur ma peau.

Et, découlant de mes bras, vous pourrez trouver mes avant-bras mais aussi et surtout mes mains. Elles sont les maîtresses de mes caresses, aussi douces que l'on peut les imaginer. Leur légèreté semble être tirée de la danse du vent elle-même, bien plus encore lorsqu'elles se baladent dans la mélodie d'une harpe, instrument que j'aime tout autant que les différentes flûtes. Mes ongles, dont je prend un soin minutieux pour pouvoir les garder légèrement longs, ce qui est utile pour certains instruments. Bien évidemment, ce n'est pas non plus que pour ça, même si en partie effectivement. Non, je trouve juste que mes mains sans que mes ongles soient longs paraissent parfois trop rondes. Mes doigts sont plutôt fins, ce qui rend difficile de trouver bague à ma taille, mais mon esprit critique me concernant moi-même les déteste pour une raison mystérieuse. Je ne les vernis pas souvent, parce que cela me demande trop d'attention et que je trouve cela plutôt inutile, mais lorsque j'en trouve le courage les couleurs ne sont jamais très voyantes, généralement pêche ou légèrement rosée.

Maintenant, en descendant encore un peu, vous parviendrez à mon ventre. Plat, il n'a jamais et ne connaîtra jamais le bonheur de la maternité. Les nymphes naissent à la mort de leur "mère", la nymphe qui, arrivée à la fin de sa vie, déposera libérera un morceau de son élément qui engendrera une nouvelle nymphe. Nous ne connaissons pas les grossesses humaines, ni les couvées des ovipares. Nous naissons et mourons telles que nous sommes. Certains racontent que les nymphes sont nées de l'union entre un ange et une elfe, ou bien l'inverse, mais nous savons la vérité sur notre existence, une vérité que tous n'acceptent peut-être pas, mais qui n'en changera pas pour autant. Pour en revenir à là où nous en étions, même si mon ventre est plat, mon corps n'en reste pas moins joliment fait, et pour que tout soit aussi bien placé qu'il ne l'est, il faut bien évidemment avoir matière à faire. Je pèse donc approximativement soixante kilos pour un mètre soixante-sept. Bien évidemment, ce n'est pas bien grand, mais je vis parfaitement avec. Je n'ai pas le soucis d'être trop petite, ni celui d'être trop grande, je peux généralement me débrouiller pour attraper ce que je n'arriverais pas à attraper à pied en flottant dans les airs sans pour autant rencontrer le plafond, ou tout du moins pas en me soulevant légèrement uniquement.

Pour finir et enfin vous délivrez de cette description qui s'éternise, j'en viens à mes jambes. Galbées, elles sont agréables mais ne connaissent comme le reste de ma peau pas le bronzage, ou alors très lentement. Elles donnent suite à de petits pieds, généralement froids, qui sont très sensibles au contact du sol, ce qui explique que je me déplace généralement en flottant et non pas en marchant. Je n'aime pas la sensation de toucher des pieds quelque chose de trop lisse, ou trop irrégulièrement bosselé. En somme, je n'aime juste pas que quelque chose touche mes pieds. Mais que faire pour les chaussures, alors ? Je n'en porte pas. Quitte à surprendre, je n'ai jamais rien aux pieds, ceux-ci sont toujours nus, même si mes robes empêchent bien souvent de le voir. J'ai longtemps supporter des chaussures, plates ou à talons, pour me fondre dans la masse des humains (j'ai aussi affronté le maquillage qui, hélas, à finir par me plaire, bien qu'il ne soit généralement que pour une touche verte sur mes paupières) et je ne suis donc plus capable de supporter cela. L'académie me permet de faire ce qu'il me plaît, dans les limites du raisonnable, et c'est un point qui m'arrange bien. En en venant à ce point, que j'allais oublier dans mon étourderie, je vais vous décrire rapidement mon genre vestimentaire.

Tout d'abord, il faut savoir que j'ai une sainte horreur de tout ce qui est court. Les nymphes aiment généralement être peu couvertes, elles se baladent çà et là et ne se soucient pas de leur tenue, songeant qu'elles ne se voient qu'entre elles et qu'il n'y a aucune gêne à avoir face à un corps globalement semblable au sien. Surtout lorsque l'on sait que nous nous considérons presque toute comme une seule et même entité. Cependant, je suis différente de mes sœurs sur ce point. Je suis tombée amoureuse des vêtements humains, de la façon qu'ils avaient de couvrir les formes, laissant se demander leur joliesse sous les couches de tissus. Mais bien évidemment, je suis encore très précise sur mes goûts. Je n'aime pas les tissus rêches ou trop durs, je préfère ceux souples et au toucher de velours, ceux qui se soulèvent et ondulent lorsque je tourne dans les airs. Ce qui entend que, pour éviter les vues trop arrangeantes, en dehors de ma poitrine contre laquelle je n'aime pas sentir de tissu, mes robes doivent être extrêmement longues. La plupart, en effet, d'un style asiatique souvent décorées de rouleaux de vagues ou bien de fleurs, laissent une traîne à mon passage, qui bouge dans les airs avec lassitude, et parviennent à cacher avec aisance le fait que je sois pieds nus.


Caractère
Comment pensez-vous que je sois, caractériellement parlant ? Parvenez-vous à imaginer les idées qui fusent dans mon esprit, qui en recouvre les murs, qui explosent, ondulent et dansent selon leur propre gré ? Je n'ai jamais qu'une humeur. Je n'ai jamais qu'une idée. Tout à l'intérieur de moi est un véritable feu d'artifices, tout se colorent d'un jour à l'autre différemment. C'est là la folie de l'air, du vent, sa chaleur, sa froideur, son essence même. On ne peut pas dire que je sois lunatique, mais presque. Il est toujours difficile de suivre le flux de mes émotions, tant que certaines personnes pourraient s'avouer étourdies ou perdues entre un sourire et un regard sévère. Je n'aime pas la monotonie d'une humeur que l'on étire à l'infini pour se préserver de la surprise des autres. J'aime les couleurs dans la vie, les mots et les réactions des gens, la façon dont leurs sentiments parfois les agitent, les rendant tendres d'une existence qu'ils tentent de contrôler de leur mieux, battant d'ailes imaginaires au bord du gouffre qu'ils se créer au moindre mot de travers. J'ai la liberté au bout des doigts, ma longue existence m'a apprit bien des choses, j'ai vu, entendu, senti, ressenti, tant de choses que maintenant tout me semble à la fois familier et nouveau. Pour moi, chaque rencontre est un retour au départ, une occasion d'apprendre, d'apprendre à me connaître et connaître un inconnu. C'est cet amour, cette curiosité, qui m'ont fait tenir pendant plus de quatre cent ans dans un monde qui ne connait pas de paix, pas de trêves.

Mon apparence élégante, naturelle, donne souvent l'habitude que je ne suis qu'un courant d'air, une brise, que mon calme est olympien et que rien ne sait le perturber. Certains pensent même que le monde qui m'entoure m'est égal, que je ne prête pas attention à ce qu'il peut se passer à mes côtés. Pourtant, j'observe les choses avec attention, non pas par particulière inquiétude pour les autres mais surtout pour mon propre bien être. Je n'aime pas les surprises qui peuvent en venir à mettre en danger mon existence. Même si j'ai déjà vécu quatre décennies, je reste encore bien jeune pour une nymphe, et ma vie, guidée par ma curiosité, ne doit pas connaître de fin prématurée. Et même si je me moque bien d'avoir ou non le contrôle d'une situation ou d'une autre, appréciant de voir les gens tenter de l'obtenir d'eux-même, j'apprécie que l'on ne me glisse pas une lame sous le coup sans avertissement. Les gens changent vite, ils se plient à leurs émotions, et c'est une part d'eux qui est à la fois passionnante et effrayante. Je sais donc toujours où je me trouve, quand, pourquoi, avec qui, jusqu'à quand. Et bien d'autres petits détails.

Le fait d'être calme la plupart du temps a fait de moi une personne que l'on juge comme étant une bonne gardienne de secrets. Les gens se confient, non pas rarement, me glissent quelques problèmes, quelques péchés, des choses que je ne peux pas soulager sinon en leur autorisant le droit de m'en parler pendant des heures. J'aime la façon de penser de l'humanité, son esprit compliqué qui se tord et se tord à nouveau dans un autre sens, qui n'a de cesse de douter, et je peux donc tout entendre, que le sujet parvienne à me faire moi-même réfléchir ou non. Je tente de garder autant que possible l'esprit ouvert, comme me l'on apprit mes sœurs, même si ce n'est pas toujours simple. Nous aussi, nymphes, avons des principes, bien qu'ils ne soient pas aussi contraignants et imposants que ceux des humains, peut-être pour nous rendre plus facile le fait de devoir les respecter. Quoi qu'il en soit, je suis une confidente dévouée, je peux tout entendre semble-t-il. Quant à garder vos secrets, il n'est pas question que je les partage avec quiconque. Je suis aussi muette qu'une tombe, ce qui en laisse parfois se demander plus d'un si je n'aurais pas de quoi tout renverser autour de moi si je délivrais le flot d'informations que je possède au creux de mes idées.

Mais ne suis-je réellement que calme imperturbable ? Bien sûr que non. Comme le vent, je sais me faire douce, me faire violente, je varie dans mes émotions et c'est bien ce qui rend la longueur de mon existence aussi palpitante. Parce qu'alors, lorsque l'on voit l'autre côté de cette nymphe que je suis, on est bien étonné. Tout d'abord, j'aime boire. Jamais jusqu'à perdre pied, mais la saveur des différents alcools, qui parviennent à me réchauffer le corps autant que l'esprit, qui me font rire et parfois pleurer, sont comme une sorte de déclencheur à mes envies. L'alcool me délivre parfois de mes responsabilités lorsque je suis entourée d'autres adultes. J'ai encore l'esprit d'une enfant, prisonnière d'un corps qui a vieilli trop vite pour moi, et j'aime donc à boire jusqu'à ce que l'on ne me pense plus apte à me rendre utile, pour le plaisir d'être déchargée du sérieux que l'on attend de moi. Je sais être sérieuse, faire face aux situations dérangeantes, mais je n'aime pas me prendre la tête lorsque je sais que quelqu'un d'autre pourrait s'en charger pour moi. Qui plus est, l'alcool est un bon moyen de faire dire la vérité à quelqu'un, tirant de son esprit comme à moitié assoupi ce que l'on souhaitait entendre ou apprendre, et je bois donc rarement seule, pour le bon plaisir d'en apprendre plus sur les gens autour de moi. En contre-partie, je ne fume pas, je n'ai même jamais essayé – bien que l'on est tenté plus d'une fois de m'y pousser, et je ne compte pas faire changer ce point.

Lorsque je bois, il m'arrive d'énormément me rapprocher des gens. Mais cette proximité que j'impose presque, comme si je voulais tester les limites de mon entourage, n'est pas là que lorsque l'alcool me fait tourner l'esprit. Je suis une éternelle charmeuse, j'aime la compagnie, et l'agréable compagnie. Et si les hommes ne me font plus aucun effet, si leurs caresses sont souvent à la limite de me déranger, celles des femmes m'enivrent bien plus que le rhum. Dormir avec une peau soyeuse, celle d'une belle endormie, enveloppée une chaleur hésitante, des filaments de soie contre ma poitrine, c'est là mon bonheur. Les femmes savent être douces aussi bien que plus surprenantes, elles savent inventer et ré-inventer les choses, s'échapper d'une routine, elles comprennent mes maux et les acceptes. Je ne suis pas suffisamment désespérée pour parler de mes désastres à mes conquêtes, mais personne ne sait ce qu'il peut se glisser sur l'oreiller, et cette façon doucereuse dont la plupart me répondent d'un sourire a l'avantage de savoir alléger mon coeur. Le fait que nous possédions le même corps me détache presque sans mal de ma timidité – sur laquelle je reviendrais plus tard, me permettant de me montrer plus créative, plus proche encore. L'idée de prendre une douche avec un homme ne m'effleurerait jamais l'esprit, quand en prendre une avec une femme est une pensée qui me revient souvent. Quelque chose, je suis peut-être dégoûtée de la partie masculine de l'humanité parce que je ne trouve pas de charme à celle-ci. Elle connait la réussite par des preuves de force, des choses bien trop bestiales à mon goût, ce qu'avance un corps robuste qui m'effraie comme s'il savait me briser.  

Même si je me vois très mal aller frapper contre quiconque, même s'il y avait une raison derrière, je serais certainement toujours un adversaire à la fois joueur et loyal. Les causes désespérées ne m'intéressent pas, et il est assez rare que je prenne une dispute au sérieux, ce qui fait que même je me voyais contrainte de devoir répondre à la force par la force, je ne serais certainement pas capable de ne pas rire entre temps. Les quelques fois où il m'a fallu user du don du vent n'ont pas été sérieuses, je ne pouvais voir cela que comme un jeu, une taquinerie envers mon opposant. Peut-être était-ce là une façon de tenter de faire comprendre à mon adversaire que ni lui ni moi n'y gagnerions à s'épuiser dans un combat. Capable de me changer en un courant d'air en un battement de cils, j'en use rarement mais j'apprécie le faire lorsqu'il faut que je me glisse discrètement derrière quelqu'un. J'aime surprendre les gens, voir l'étonnement sur leur visage, c'est une chose qui m'amuse beaucoup parce que toujours présentée différemment. Personne n'aura exactement la même expression d'une surprise à l'autre, et je trouve cela divertissant.

Bien malgré d'aimer boire, la compagnie et les plaisanteries, je n'en reste pas moins une adulte. Le fait de l'avouer ne me plaît pas, parce que j'aurais avoir plus de chances de rattraper mon enfance pâle, mais je ne peux pas rajeunir pour autant. Il me faut donc être capable de travailler sérieusement. Je suis une enseignante, après tout. Et mon petit chez moi est donc aussi ordonné que possible. Rien ne dépasse jamais, ce n'est pas au millimètre près mais suffisamment bien organiser pour que rien ne soit à une place qui n'est pas la sienne. Mes livres sont placés dans l'ordre alphabétique, mes couverts par couleur, mes coussins par taille. Et je m'impose bien plus de rigueur encore pour ce qui est de la place dont j'ai fais mon bureau. Je n'accepterais tout bonnement pas d'y avoir laisser traîner la moindre feuille, le moindre stylo, tout doit être à sa place et prêt à l'utilisation. Je change fréquemment mes crayons, stylos et feutres pour m'assurer que tout soit correct, même si cela peut vous faire penser que je suis maniaque. Les quelques jours pendant lesquels j'ai abandonné l'ordre ont donné suite à des catastrophes par rapport à mon travail et, devant faire figure d'exemple comportemental pour mes élèves, afin que ceux-ci ne puissent pas non plus me juger et donc briser mon autorité, je me dois réellement de garder un œil là-dessus.

Comme j'en avais brièvement parler auparavant, je suis quelqu'un de timide. Mon corps ne me complexe pas, bien que je sois parfois quelque peu critiques sur certains détails, et je n'éprouverais donc pas d'embarras si l'on me proposait d'aller bronzer à la plage. En revanche, mon comportement en lui-même me préoccupe beaucoup. Je fais très attention à ma façon de parler, à ce que les autres peuvent en comprendre, en apercevoir. Je ne suis pas habile avec les mots, ayant du m'adapter à trop de langues durant mon existence, et ma mémoire me jouant des tours me laissent parfois m'interroger sur l'exactitude de mes dires. Je ne suis pas à l'aise quand il faut faire de longs discrets, se produire devant quiconque. Encore une fois, l'alcool me délivrant de toutes ses préoccupations, il me sert de couverture à ma timidité. Il est relativement difficile de déterminer avec sûreté qu'une personne de plus de quatre cent ans est ivre quand elle semble l'être, et c'est une chose qui joue relativement bien en ma faveur. Ma timidité, face aux hommes, devient une confiance presque exagérée. Je n'ai absolument aucune envie de montrer mes faiblesses à un homme si le faire devant une femme ne me pose pas de problème, pour moi les hommes sont des créatures hostiles, qui ne possèdent aucun charme particulier, raison pour laquelle ma confiance se voit enflée jusqu'à ce qu'elle puisse en écraser toute envie de dialogue. Il peut m'arriver d'être proche d'hommes, mais ce fait est rare, et généralement dû au fait que je ressente chez eux quelque chose de différent que n'ont pas les autres. Les gens ne sont jamais identiques, mais il peut se repérer des similitudes, et des similitudes que j'aimerais esquivé pour certaines d'entre elles.

La musique est ma maison. Mon échappatoire au monde. Certains commencent à jouer de la guitare pour plaire à leurs petites camarades, d'autres par obligation familiale. Eh bien pour ma part j'ai tout simplement toujours été amoureuse des notes que produisaient les instruments, glissant des sons graciles dans l'air comme si elles tentaient de me parler. Le vent a toujours susurré à mes oreilles, mais la musique fait bien encore. Elle adoucit les cœurs, parfois les agitent, elle sait régir les émotions et rassembler les gens. Si je n'aime que les musiques lentes, douces, presque langoureuses, il m'est possède d'écouter tout type de musiques du moment que le rythme me plaît. Et, en accord avec les sons, il m'arrive de danser sur place si un élève sait jouer d'une façon m'étant plaisante. Je n'ai pas souvent entendu de musique électronique, même si je suis au courant qu'il en existe, et je suis peinée de voir qu'il est désormais possible de ressentir, à ce qu'en disent certains, le même plaisir en touchant quelque chose d'aussi froid, quelque chose qui semble tant dénaturer la musique en elle-même. De pareille façon, je n'aime pas la musique enregistrée, les notes grésillent et me semblent être toute différente, moi qui entend par le vent bien plus loin que la moyenne des gens. Mes oreilles sont précises, et aucune fausse note ne m'échappe d'ailleurs. Pour mon plaisir personnel, il m'arrive de jouer la nuit chez moi, ou bien depuis la branche d'un arbre pour me sembler plus dans mon élément au vent qui porte les notes.

Pour finir, enfin, comme vous avez certainement pu le deviner, je suis une personne curieuse. Je n'aime pas venir fouiner dans la vie des gens, mais je ne refuse pas lorsqu'ils viennent l'étaler près de mes pieds. J'aime apprendre ce que font les gens, pourquoi, ce qu'ils y gagnent ou perdent, leurs intentions, leurs raisons. Pour moi, chaque personne est une boule de mystères, des mystères que je me plais à tenter de percer les uns après les autres comme le ferait un enfant avec du papier-bulles. Apprendre de nouvelles choses ne m'a jamais effrayé, les habitudes ne sont pas pour moi, en dehors de celles que je me vois contrainte de m'imposer pour une question d'ordre, et toute découverte est bonne à prendre. Après tout, j'ai beau avoir une vie divinement longue, il n'existe qu'un ciel, qui couvre toute ma tête, et dont j'ignore jusqu'à la réelle couleur. Ce que j'entends par-là, c'est que je n'ai qu'une vie, que si je ne sais rien de celle que j'ai vécu, comment fera pour le savoir la fille que je laisserais derrière moi. Je mourrais avant d'avoir eu le temps de me rendre compte que j'avais vécu, c'est une part de mon espèce, et je veux donc apprendre autant que je suis capable de le faire, que cela inonde ma mémoire déjà fatiguée ou non. Toute personne ici, autour de moi, toute personne dont j'ignore le nom, est une personne différente de celle que je viens de croiser. Et même vous, vous êtes un mystère pour moi. Que vous soyez considéré ou non comme un monstre par une humanité bornée et égoïste ne changera pas l'intérêt innocent que j'aurais pour vous.


Histoire
Je suis née à l'ombre. Dans le calme, le silence, dans l'adoration de la tranquillité de la nature. La nuit était déjà bien lancée, les fleurs s'étaient toutes closes, mais, contre tout attente, les nymphes de tout éléments étaient encore éveillées. Elles veillaient, avec leurs frères si peu nombreux, sur une graine qu'une défunte nymphe avait laissé derrière elle, trouvant dans les ténèbres le repos d'une vie qui avait commencé avec le lever du jour. Une graine qu'avait choyée la lune, lui offrant tout ses plus beaux rayons dans l'espoir qu'elle sache porter son éclat pâle, et non pas l'éclat égocentrique de son voisin le soleil. Douce, tendre, elle la berçait, s'entourant d'un amas de nuages sombres pour filtrer la lumière qu'elle craignait d'être trop vive. Mais, bien plus encore que la Lune, le vent veillait cette venue prochaine. Il chantait, soufflait, susurrait des mots doux comme pour inviter cette vie nouvelle à sortir de son cocon. Et, lorsque la graine se fendit, qu'une silhouette s'en extirpa comme Athéna du crâne de Zeus, tous se mirent à danser, à chanter, et la nuit d'usuelle si paisible fut marquer de fêtes au creux même des bois. Aucun humain ne l'entendit, ne le vit, ne le sentit, mais la nature grouillait, elle faisait courir la nouvelle. Une nouvelle nymphe venait de naître. Et quelle ne fut pas la surprise de tous lorsqu'elle se mit à souffler aux vents ces premiers mots d'amour, en remerciement du chant qu'il lui avait glissé pour l'éveiller. Cette nymphe, c'était bel et bien moi. Je venais de découvrir un monde nouveau, moi qui me sentait si petite, si faible face à mes sœurs qui riaient avec une magie mystérieuse. Et je n'étais encore que si innocente, si ignorante de ses secrets, de ses mensonges. Mes yeux sombres n'avaient encore jamais vu la dureté de sa réalité, ils luisaient avec candeur et la presque timidité que l'on accordait à toute nouvellement née. J'avais encore temps à apprendre.

Le temps, pour moi, n'avais pas de course réelle. Nous vivions reclus, loin de l'Homme qui terrassait nos existences, qui s'accaparait nos terrains de vie et nous obligeait à nous faire plus petit que nous ne nous le sentions déjà. Et pourtant, notre corps était si similaire à celui des humains. Et même si nos femmes étaient d'une beauté qu'on ne pouvait pas même imaginer et nos hommes laids mais forts comme des bœufs, nous aurions pu nous fondre parmi les autres. Mais il n'en était pas question. Nous ne pouvions pas quitter notre bois, notre forêt, nous ne pouvions pas laisser nos arbres à leur triste sort et ainsi, parfois, devions nous nous obliger à effrayer les hommes qui s'aventuraient trop loin. Ils avaient la soif de conquête, le monde leur semblait être une vaste air de jeux, mais ils ne jouaient pas avec les autres. Et c'était bien la part d'humanité, le trait de caractère, dont mes frères me disaient le plus de me méfier. Mes sœurs, joyeuses, guillerettes, les faisaient courir entre les arbres, les chuchotant des mots doux dont ils tombaient en amour. Ils s'éprenaient de leur voix, de leur chevelure, du son de leur souffle accéléré par la course. Parfois même du simple bruit de leurs pas qui foulaient l'herbe et les feuilles. Mais je n'étais pas comme elle. La Lune m'avait donné sa timidité, une beauté claire qui avait toujours su préservée ma peau de la marque du soleil. Et mes fins yeux à la couleur du rubis ne semblaient éclairer que lorsque le calme était parfait autour de moi. L'une de mes sœurs, pourtant, Clelia, demeurait toujours en ma compagnie. Et lorsque je me couchais près de l'eau du lac près duquel nous vivions toutes, laissant mes doigts courir sur sa surface en y dessinant des vagues qui tentaient de se chevaucher les unes les autres, elle se posait à mes côtés et chantonnait toutes ses chansons dont nous connaissions par coeur les mots. Ses yeux me regardaient toujours avec tendresse, et sa voix comme celle d'un ange apaisait les jours.

Je ne m'entendais réellement bien qu'avec Clelia, avec laquelle je partageais une relation très complice. Mais mes autres sœurs n'en étaient pas moins comme une partie de moi, avec lesquelles je formais un tout. Et, lorsque celles-ci jouaient ensemble, glissant dans les airs comme des feuilles emportées par le vent, quand elles dansaient, tournaient, il m'arrivait de me joindre à elle. Le vent guidait nos pas, il inventait des chorégraphies que nous apprenions sagement, et dont nous nous servions lorsqu'il était à nous de travailler en temps que sylphes. Nos petits doigts suivaient une mesure imaginaire, mes pieds connaissaient les directions, et tout de notre petit morceau du monde s'agitait à notre bon vouloir. Nous veillions sur toutes les saisons et, les années faisant, nous devenions toute, tour à tour, musicienne et chef d'orchestre, novices et virtuoses. Nous prenions et échangions nos places sans cesse, pour pouvoir observer les mélodies d'untel ou d'untel. Et même si nous n'étions pas toutes divinement proches, notre besogne légère n'avait jamais de cesse de nous rapprocher. Pourtant, avant que nous n'ayons eu le temps d'atteindre la perfection que nous observions dans les mots que le vent semblait nous glisser, l'humanité réduit à néant notre travail. Les arbres se virent couper, les plans d'eau assécher, le feu gagna des hectares et des hectares entiers,  nos amies les nymphes du feu ne sachant plus comment contenir une force que les Hommes leur volaient et soumettaient à leur volonté. Pour la première fois, il nous fut obligatoire de quitter notre maison. Il fallait partir plus loin, là où nos vies ne seraient pas mises en danger. Laissant derrière nous nos arbres, nos sources d'eau, nous partions pour un long voyage. Et si je ne suis pas même maintenant apte à savoir l'endroit exact dont nous étions parti à cette époque, je me souviens que nous sommes arrivés au Japon.

Le japon était un pays merveilleux. Ces habitants y avaient une délicatesse bien particulière mais pas moins présente pour autant, et un dévouement parfait à leurs traditions. Il m'arrivait parfois, lorsque j'observais les hommes et les femmes -bien plus difficiles à apercevoir- de trouver qu'ils n'avaient pas de personnalité, mais celle-ci se trouvait en réalité cachée derrière un patriotisme à toute épreuve. Les japonais en eux-même étaient des gens tantôt discrets, tantôt presque barbares, mais leurs différents arts leur permettaient de garder une certaine sensibilité, surtout chez les femmes. Le commerce, à l'époque où je suis arrivée au Japon avec mes sœurs commençait à peine à intéressé ce peuple introverti, et par chance, il fut en fallu de peu pour que nous évitions les fermetures du pays, sa presque isolation –les européens risquant la peine de mort pour s'y être infiltrés, et l'étroitesse certaine d'esprit, bien que la décision sembla juste à l'époque, de ne plus faire de commerce qu'avec la Chine et les Provinces-Unies. Les liens diplomatiques y étaient alors tout reversés à la Corée. Autant admettre que nous avions eu une heureuse chance. Une chance qui cependant ne fut pas qu'un avantage. Demeurant près des japonais, sans toutefois nous installer parmi eux dû à nos différences physiques très aisément remarquables, nous avions regardé peu à peu les fleurs s'ouvrir, puis se fermer, et bientôt il nous fut impossible de quitter ce territoire. Contraints d'y rester, il nous fut difficilement d'y subsister, de subvenir à certains de nos besoins.

Mais mes soeurs, malignes, parvenaient encore à charmer les hommes qui s'aventuraient dans les bois, près de la montagne où nous nous étions posées. De nombreux changements de positions des japonais par rapport au commerce, mais aussi à la guerre, nous étourdissaient, mais il nous était simple, à nous qui ne faisions jamais qu'observer, de suivre ceux qui souhaitaient la paix. Les femmes, toujours si soigneusement poudrée afin d'être pâle, toujours habillées de vêtements amples et qui savaient avec élégance couvrir et épouser les formes de leur corps, laissaient parfois des clochettes aux fenêtres de leur habitations, les accrochant parfois à des bouts du plafond, comme pour savoir lorsque l'une d'entre nous venait leur rendre visite. Et nous étions bien accueillies. Malgré leur répulsion à nos cheveux colorés si étrangement, il ne fallu pas bien longtemps avant que les différences de langage ne soient plus une barrière entre nous. Délicates, elles me semblaient être des fleurs qui ne connaissaient aucune fin de floraison, elles restaient belles, peut-être pas d'apparence car le temps les affectaient beaucoup, mais au moins d'esprit. Elles devaient respecter des lois définies, des coutumes qui les restreignaient mais contre lesquelles elles ne connaissaient aucune rancune. Les femmes japonaises n'étaient qu'amour, rêverie, délicatesse et légèreté de pensées. Ce fut une période délicieuse de mon existence, pendant laquelle je parvenais encore à voir même dans les sacrifices rituels une beauté inégalable. Bien plus encore, je m'émerveillais des couleurs pâles des kimono, de la somptuosité de leur parure, des parfums en vogue. Et lorsqu'il fut temps à nouveau pour nous de quitter notre maison bien-aimée, nous emportions avec nous des robes par dizaines, que nos amies discrètes nous offraient, des peignes, des mets exquis. En retour, symbole de notre amitié à leur égard, nous soufflions contre leurs nuques fragiles, soulevant les filaments d'ébène, et souhaitions que leur vie ne connaisse que bonheur simple. Et ce quand bien même nous n’ignorions pas les guerres qui suivraient. | A suivre. 




Dernière édition par Emerentia A. le Dim 26 Avr - 14:39, édité 3 fois
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Tsuki Raiku
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MessageSujet: Re: Emerentia A. || Aurez-vous le vent dans le dos ou devrez-vous lui faire face ?   Ven 24 Avr - 16:04

Re bienvenu ^^

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MessageSujet: Re: Emerentia A. || Aurez-vous le vent dans le dos ou devrez-vous lui faire face ?   Ven 24 Avr - 21:01

    Merci Tsuki !
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Nicolas Flamel
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MessageSujet: Re: Emerentia A. || Aurez-vous le vent dans le dos ou devrez-vous lui faire face ?   Dim 26 Avr - 13:13

Hâte de lire^^
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Lucifer
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MessageSujet: Re: Emerentia A. || Aurez-vous le vent dans le dos ou devrez-vous lui faire face ?   Lun 27 Avr - 21:06

bienvenu (bis) !
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MessageSujet: Re: Emerentia A. || Aurez-vous le vent dans le dos ou devrez-vous lui faire face ?   Mar 28 Avr - 13:47


    Notre seconde destination fut la Chine. Non loin du Japon, et possédant une culture qui, à première vue, nous semblait être plus ou moins similaires – à tord mais qu'y pouvions-nous ? c'était un pays fascinant. La campagne y possédait un aspect coupé du monde, et pourtant le pays en lui-même avait d'agréables tendances à rêver de l'extérieur et de ses denrées inconnues. Là-bas, Clelia et moi ne nous sentions pas dans le plus grand de notre élément, et ce furent mes autres sœurs qui les premières vinrent à tenter de rejoindre les villages humains les plus petits afin d'attirer quelques hommes. Ils tombaient encore pour elle, les habillant de tissus délicats, les couvrant de parures somptueuses, leur offrant à manger et à boire ce qu'ils ne pouvaient pas offrir à leur famille. Et c'était bel et bien ce comportement léger, qui ne laissait aucune place à la fidélité, qui me mit le plus mal à l'aise. Ma nature de nymphe voulait que le monde entier soit un amour pour moi, mais de cette façon discrète, presque réservée, et je ne comprenais donc toujours pas les jeux de mes sœurs, qui se donnaient à coeur-joie d'onduler devant les hommes humains sur le sifflement du vent qui, contraint, soupirait à la musique de continuer. Tristement seule, car Clelia bientôt dû s'occuper seule de nous rapporter à manger ce que cette terre ne nous offrait pas, comme si elle ne nous reconnaissait pas, je passais le plus clair de mes journées hissée çà et là dans les airs, observant l'agitation en contre-bas dont je ne comprenais rien. Mes sœurs, une fois, m'avaient dit que les humains n'avaient qu'une vie et que celle-ci, très courte, leur semblait broder d'importance, de catastrophes toutes aussi variées les unes que les autres. Mais mon esprit à la fois lourd et léger ne parvenaient pas à saisir le sens de ces paroles. Je ne faisais que suivre le vent, que me mêler à lui lorsque, par magie, mon corps disparaissait et se changeait en courant d'air. Je ne comprenais pas les fatalités que les humains semblaient avoir au-dessus de la tête, et, curieuse, intriguée sans même savoir de quoi exactement, il me prit, un soir, de me demander si mes sœurs n'avaient pas raison d'agir avec tant de libertés face aux hommes.

    Ce même soir, ma soeur Katarina vint me voir. Et, se hissant auprès de moi sur la branche solide d'un arbre certainement centenaire, elle glissa sa main dans mes longs cheveux, les caressant avec gentillesse. Le temps, qui me semblait posséder une course si subtile, sembla s'arrêter et, tournant ma tête vers elle, j'observais, de mes fins yeux, de grands yeux emplit de joie et de tendresse. Tout comme les autres, Katarina était une sylphe légère, elle aimait à passer un certain bon temps, elle n'était plus l'incarnation de la pureté du vent, mais de son côté le plus séduisant, qui en tournant parfois vous fait perdre la raison, la notion de bien et de mal. Mais elle n'en restait pas moins ma sœur et, nos regards demeurant l'un dans l'autre un long moment, elle finit par entre-ouvrir ses lèvres encore rouges et légèrement enflées des baisers volés en secret de la journée.

    - Pourquoi ne viendrais-tu pas avec nous, lorsqu'il fera jour à nouveau, voir combien les hommes savent se montrer bons envers nous ?, me souffla t-elle calmement.
    - Katarina, tu es ma sœur, mais nous sommes bien trop différentes. Je ne comprends pas ta pensée, hélas, et tu ne comprends pas non plus la mienne.
    - Il ne le semble peut-être pas, mais j'ai connu la sylphe qui t'as donné la vie. Et de nous toutes, elle était bien la plus chaste. Je ne suis donc pas étonnée de te voir tant lui ressembler. Cependant, elle avait aimer. Ce que tu n'as pas encore découvert. Et crois-moi, ma tendre petite Emerentia, tu ne saurais avoir vécu si tu n'avais jamais aimé.

    En venant embrasser mon front, elle me murmura à l'oreille quelques de ces doux mots que nous ne pouvions échanger qu'entre nous, qu'entre sœurs, et bientôt quitta la branche pour rejoindre celles qui dansaient en contre-bas. Et, levant pour ma part la tête vers la lune si pâle, si tranquille, je me questionnais. N'était-ce pas une malédiction, de lui être semblable ? Bien qu'entourée d'étoiles, elle semblait toujours triste, peinée d'un chagrin qui lui semblait venir de plus loin qu'elle-même. Et lorsque mes yeux descendirent sur ses silhouettes sveltes et gracieuses qui bougeaient sur une musique imaginaire étant pourtant la même pour chaque présence, je me demandais si effectivement, au lever du jour, je n'allais pas rejoindre mes moitiés dans leur aventure.

    Le jour arriva bientôt. Mais je n'étais plus aussi décidée que la veille à sortir de ma cachette, de mon abris si paisible. Une boule comme une salade fermée s'était nichée dans mon ventre et refusait avec obstination de s'en aller. Il fut alors obligatoire que Katarina me prenne la main et m'emmène avec elle. Clelia, préoccupée par ce changement de mon caractère et de mes idéaux si soudain, ne fit rien pour me retenir. Elle espérait peut-être que ma volonté se raffermirait avec cette journée, même si, en tournant la tête vers elle en avançant encore, j'avais lu sur les traits de son visage un air désolé, tristement solitaire. En tentant de me sortir son visage de la tête, bien qu'il n'eut de cesse de s'y afficher comme une idée fixe, je suivais ma sœur d'une ondulation lente dans les airs. Je n'avais pas hâte d'y être. Les sœurs qui nous accompagnaient, tentant de me rassurer, me glissaient par-ci par-là des compliments adorables sur ma beauté, mais rien qui n'eut le pouvoir de m'ôter cette inquiétude persistante. La boule, à mesure que l'on se rapprochait du village des humains, n'avait de cesse de grandir, grossir, se mettant certainement à rouler sur tout ce qu'elle trouvait sur son passage. J'avais la vague impression que toute la chair de mon intérieur, que tout ce qui me composait, tombait dans le fond de mon ventre avec lourdeur. Lorsque nous arrivèrent au village, la boule était plus encombrante que jamais, si bien que mon ventre m'était douloureux. Mais rien ne le laissait paraître sur mon visage glacé par une tranquillité imperturbable. Une tranquillité que mon coeur faible ne semblait pourtant plus connaître. Nous glissant à l'arrière d'une habitation, mes sœurs se mirent à chantonner et, comme éblouie par la clarté de leurs notes, je n'osais pas pousser le moindre son. Bientôt les hommes se rassemblèrent, courant vers nous dans un mouvement pourtant bien silencieux. Et mes sœurs s'envolèrent aussitôt. Filant vers les bois, elles s'esquivaient à leur toucher, à leurs paroles, dans de petits rires amusés.

    Katarina, qui avait décidé de veiller sur moi comme à la prunelle de ses yeux, m'avait encore emmenée avec elle, tirant sur ma main à m'en presque faire mal. Lorsqu'elles s'arrêtèrent toutes, et nous avec, nous étions déjà presque au coeur du bois. Et, même si j'étais convaincue d'être au courant de ce que mes sœurs y faisaient, je n'eu pas assez de détermination pour ne pas être horrifiée par la vue de leur peau découverte, couverte uniquement des caresses et des baisers des hommes. Un jeune garçon, un peu à l'écart, avait prit la même expression sans voix que la mienne et, glissant dans l'air jusqu'à lui, j'attrapais sa main pour le tirer avec moi. Un timide "Viens. Partons." s'enfuit d'entre mes lèvres et, l'emmenant plus loin, plus au coeur encore du bois, je lui montrais le point d'eau près duquel je me posais lorsque le monde me semblait fou et renversé. En venant m'asseoir sur le bord, les pieds tremblant dans l'eau, je soupirais avec découragement. Je n'étais pas faîte pour ça. Je ne pouvais pas ne pas me voir écœurée du spectacle abominable auquel j'avais assisté. Le jeune garçon vint au bord de l'eau à son tour, y trempant les pieds pour me renvoyer quelques vaguelettes courant à sa surface, fixant tout autant que moi droit devant lui. Les minutes s'écoulèrent, interminables, sans qu'aucun de nous deux n'eut la force de prononcer le moindre mot. Quelque chose chez nous avait certainement été brisé, la membrane d'innocence que nous avions jusque là préservée s'était brisée, déliée, et nous étions tombés, mis à nus, devant l'horreur de la réalité des choses. Les rires et les sons de plaisance de mes sœurs nous parvenaient de loin, de très loin, comme des fantômes nous courant après et, me relevant pour m'en éloigner, je voyais la main de l'humain attraper sans force mon poignet pour me retenir.

    - Vous ne pourrez certainement jamais assez vous en éloigner. Oublions-les, madame.
    - Tu as peut-être raison... Dis-moi ton nom, petit homme.
    - Je m'appelle Fai. Je pense que, tout comme vous, madame, c'était la première et dernière fois que l'on m'amenait à leurs rendez-vous. Je n'aime pas voir mon père déshonorer de la sorte ma mère.

    Une partie de moi fut offusquée, blessée d'entendre que mes sœurs étaient une rencontre déshonorante, mais une autre partie n'arrivait pas à contrer ce fait. Ces hommes étaient mariés, avaient une progéniture pour laquelle ils vivaient encore. Mais ils trahissaient leurs épouses pour aller se distraire, batifoler entre deux arbres, témoins silencieux.  Et mes sœurs étaient les femmes avec lesquelles ces hommes perpétraient ce crime, cet assassinat. Fai et moi, tentant d'oublier les sons qui nous parvenaient encore comme pour nous tenter, avions discuté un long moment, de tout et de rien. Je lui parlais de l'endroit où j'étais née, de sa verdure aimable, du Japon où j'étais restée quelques années, et il me racontait son pays, son histoire. Entre nous, il n'y avait rien, la simple idée qu'il put touché à nouveau ma peau me donnait parfois des frissons désagréables, mais parler avec lui se dévoilait être un curieux plaisir. Nos pensées, même si différentes, parvenaient à s'accorder sur quelques ressemblances, non pas dans le fond, mais dans la forme, ce qui était bien suffisant pour que nos conversations puissent se poursuivre. Et les minutes s'écoulèrent encore, lentes, plaisantes cette fois-ci, le petit sourire que nous arborions tout les deux témoignant d'une légère complicité. Pourtant notre paix devait se voir troubler, ni lui ni moi ne l'ignorions. Et Katarina, les cheveux ébouriffés et le souffle court, s'extirpa bientôt d'entre les arbres à la suite de sons de pas précipités. Elle vint se jeter contre mon dos, en larmes, m'étreignant d'une force désemparée et parla de mots si désordonnés que je fus bien incapable d'en comprendre rien qu'un seul. Je décidais de délaisser mon ami, me redressant pour serrer mon aînée entre mes bras, lui caressant les cheveux. Le regard inquiet de Fai ne savait plus s'il devait se poser sur moi, ou bien sur l'autre femme dont les cheveux gigotaient dans le vent avec anarchie. Et, mes yeux sanglants se posant sur lui sans plus que cela ne l'effraie, je lui souriais doucement.

    - Si tu reviens, appelle mon nom. Dis-moi que tu veux encore de la compagnie. Le vent m'apportera ta complainte, et je saurais t'en consoler.
    - Mais je ne sais pas votre nom...

    Malgré d'avoir entendu ses mots, je n'eu pas le temps d'y répondre. Déjà, mes autres sœurs nous rejoignirent et, me tirant par les manches amples du kimono japonais aux tons verts pâles, m'entraînaient loin de ma nouvelle rencontre. En arrivant chez nous, si loin que les hommes ne parvinrent à nous suivre contre le hurlement du vent leur imposant de nous laisser notre liberté et notre repos, je posais ma sœur contre un tapis de mousse et caressais ses joues, embrassant son front. Sa panique s'était apaisée, et son visage qui avait été tiré de traits douloureux était désormais tranquille dans le sommeil, rayonnant d'une beauté mystique. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, la nuit accueillit son regard, puis ce fut à mon tour de l'accaparer, posant mes yeux dans les siens, préoccupée.

    - Que s'est-il passé ?, demandais-je d'une voix que je voulu posée.
    - Je t'ai vu disparaître... J'étais dans les bras de cet homme, et ta silhouette s'éloignait peu à peu, jusqu'à ce qu'elle ne fut presque plus qu'une illusion, qu'un songe... J'ai cru te perdre, Emerentia ! J'ai cru que l'on te volait à moi !, criait-elle alors, prise de tant d'émotions que son visage s'en tordait à nouveau avec douleur.
    - Katarina, je t'en prie, tu vas inquiéter nos sœurs, cesse de hurler de la sorte... Quant à disparaître, ce n'est pas possible. Les hommes ne m'intéressent pas.
    - Mais je t'ai vu partir avec cet enfant !
    - Ce n'est pas un enfant, il est déjà presque adulte chez les siens. Mais là n'est pas le soucis.
    - Voilà que tu le défends... Tu vas m'abandonner ! Et sans toi, je ne survivrais pas !

    Pour la première fois, je constatais combien Katarina tenait à moi. Son silence, sa légèreté, tout m'avait toujours tenu à l'écart d'elle. Et pourtant, depuis le lointain de nos différences, elle m'avait certainement toujours observer avec tant d'amour, me gardant comme un trésor que l'on ne montre pas aux autres. Je revoyais le visage de Clelia, se superposant presque à celui de la femme en face de moi, et je comprenais enfin le sens de tout ceci. Ce n'était pas Clelia qui avait tenté de me décourager de ses rencontres frivoles, mais bel et bien Katarina. Son regard paniqué me revenait en plein visage comme une révélation que j'aurais voulu continuer à ignorer, esquiver avec un certain zèle, mais déjà je ne pouvais plus lui échapper. Ses bras vinrent se perdre autour de mon cou et, ses paupières se fermant peu à peu dans l'air froid du soir, alors que notre distance avec les autres nous gardait dans le secret, ses lèvres se posèrent contre les miennes sans malice, sans aucune autre émotion qu'une infinie sincérité. J'étais incapable de refuser. Quelque chose chez moi, dans les battements affolés de mon coeur, me criait que ce n'était pas mal, que c'était d'ailleurs chose courante chez les nymphes que de se vouer un amour particulier. Mais le visage des hommes me hantait, et je ne parvenais pas à songer autrement. Un homme avait trahit sa femme avec ma sœur. Et ma sœur trahissait un homme avec moi. Venant poser mes mains sur ses frêles épaules, je la repoussais finalement. La sensation de ses lèvres sur les miennes me brûlait encore, me laissant désirer qu'elle ne s'arrête jamais, mais je ne pouvais pas y succomber ainsi. Je l'abandonnais donc sur cette couche de mousse et m'en allais rejoindre Clelia qui paraissait sur une branche d'arbre. En me voyant arriver, figée dans une expression étrange à ma vue, elle n'osa pas dire le moindre mot, et se contenta de rapprocher sa main de la mienne sur la branche avant d'y entremêler nos doigts. Je n'avais pas besoin de lui expliquer. Ma délicieuse amie savait, comme elle savait toujours tout, d'une manière ou d'une autre.

    Je n'aimais pas ce sentiment d'être écrasée, obligée dans une relation. Et je n'aimais pas plus les hommes, rustres, dures, qui ne savaient jamais que promettre des douceurs pour mieux en briser le mensonge ensuite. Je n'aimais pas leurs caresses, leurs mots tendres et mielleux. Et je n'allais donc plus à ses rencontres dévergondées que pour tenir compagnie à Fai qui, les années faisant devint bientôt un homme mûr. Sa pensée changeait, petit à petit, mais ses idées restaient les mêmes, il n'y avait que la façon, innocente et si maladroite auparavant, dont il tournait ses phrases qui avait changé. Et quelque part, je me consolais de retrouver à chaque rencontre ce côté paisible que mon influence lui apportait. Il respectait les femmes, d'où qu'elle vienne, et n'était pas dévoué aux coutumes de son pays jusqu'à en perdre le sens de son existence. Cet homme, qui m'appelait sa fleur de jade – je n'avais pas su lui interdire ce surnom à cause du ton adorable qu'il prenait en le prononçant, était un esprit raffiné. Et, nos rencontres nous donnant de moins en moins à parler de nouveautés autour de nous, bientôt nous nous mirent à jouer au go ensemble. Je ne comprenais pas le jeu, les stratégies militaires presque calculées mais naturelles qu'il imposait à mes pierres à l'aide des siennes lui donnant toujours une victoire que je ne savais contester. J'avais énormément de sympathie pour lui, et je me surprenais parfois à avoir à son égard un comportement presque maternel. Pourtant, lorsqu'il fut l'heure pour nous de partir à nouveau, je n'eu pas le moindre regard en arrière. Je lui avais accordé un vœu, pour lequel il avait réfléchit des jours durant, et le jour du départ, j'avais dans le coeur un bonheur simple. Il m'avait tenu entre ses bras, rien de plus que cela, mais la chaleur que son corps avait diffusé sur le mien à travers le tissu de nos vêtements m'adoucissait encore les pensées. Je savais qu'il m'appellerait encore. Je savais que le vent, quelques fois, me rapporterait encore le son de sa voix murmurant ce surnom. Et cette promesse muette était bien tout ce dont j'avais besoin pour partir la tête haute vers un autre pays.

    Le voyage fut long, encore une fois, mais loin d'être éprouvant. Nous nous changions d'un vent à l'autre, suivant leur course comme vous suivriez un rêve jusqu'à l'arrivée de l'aurore. Et bientôt notre maison fut un pays où l'alcool coulait à flot. L'hiver y avait mordant, et l'été ardent. Les femmes y étaient aussi légères que mes sœurs mais en étaient si différentes, de véritables ours dont la force aurait pu nous écraser d'une seule poigne, et pourtant il leur arrivait, pour certaines, d'avoir l'apparence de grande poupée de porcelaine. Leur taille, si imposante par rapport à la nôtre, nous tenait dans une certaine distance. Et la difficulté de leur vie les avait parfois rendu amères, sèches, leur beauté touchée d'une froideur que mes sœurs n'avaient pas même vu en moi. Le soir, nous dansions encore, nous chantions, nous glissions dans l'air nos notes ferventes, mais il nous prenait aussi de boire, nichées les unes contre les autres dans une joie toute simple. Nos esprits n'avaient plus la même consistance lorsque l'alcool attaquait nos pensées, nous laissant rire aux éclats sans que nous ne sachions forcément pourquoi. Entre moi et Katarina, il y avait encore une certaine distance, la situation que nous avions passée nous imposant de ne pas nous rapprocher et, lorsque la boisson rendait ma sœur joyeuse au point de l'en faire tomber entre mes bras, c'était Clelia qui rappelait à son aînée qu'il valait mieux être raisonnable et aller se coucher. Depuis que nous avions quitté la Chine, je ne dormais plus parmi toutes mes sœurs, je dormais aux côtés de Clelia, celle-ci appuyée contre ma poitrine, entre mes jambes, entre mes bras, nichée près de moi pour se délivrer du froid qui nous mordait parfois, me défendait des intrusions de Katarina. Et sa présence auprès de moi, devenant chaque jour un peu plus grande, finit par tenir à distance quiconque souhaitait m'approcher. Peu à peu, notre zone de repos se détacha de celle des autres. Et bientôt le feu que les nymphes du feu faisaient pour nous ne devint presque qu'une lumière au loin. Le secret que je partageais avec mon aînée me mettait mal à l'aise. Et je ne parvenais pas à l'oublier, peu importe combien je pouvais en avoir envie.

    Les saisons s'écoulant, il fut bientôt l'heure pour Katarina de s'éteindre. Comme une bougie qui avait vacillé pendant des années, qui avait survécu aux ouragans avec une foi incroyable, elle perdait ses couleurs, sa peau halée n'était plus qu'une feuille de papier blanc et ses joues se creusaient légèrement. La journée avant sa dernière nuit, elle était venu me demander pardon, m'implorant dans ses pleurs, dans le flot incessant de ses larmes, d'accepter l'amour qu'elle me portait, quant bien même je ne puisse pas y répondre comme elle l'aurait souhaité. Et, loin des regards, nous avions abandonné nos sœurs, se glissant à l'ombre d'un grand arbre. Les yeux dans les yeux, nous n'avions pas été capable de prononcer le moindre mot. Le souffle roulant dans l'air, alors que ma poitrine palpitait des battements inquiets de mon coeur, je n'osais pas détacher mon regard du sien. Et ses caresses remontant contre mes bras, maladroites et mal-assurées, je n'avais plus eu la force de me refuser à sa douceur. Ses longs cheveux châtains, cascadant sur ses épaules, glissaient contre ma peau comme le murmure du vent, et ses grands yeux noisettes me dévoraient du regard, un regard auquel je répondais avec simplicité, bien que l'esprit me tourne. J'avais l'impression de faire une erreur, mais c'était là la dernière occasion pour moi de prouver à Katarina que je l'aimais, quant bien même cela ne fut pas de la même façon qu'elle. Je lui accordais quelques minutes, quelques heures, où le lien qui nous unissait n'avait jamais été aussi intime, aussi délicieusement secret. Sous ses mains, sous ses baisers, j'avais l'impression d'être bouillante, j'avais l'impression qu'un volcan s'était emparé de moi, s'était posé sous ma peau et l'échauffait jusqu'à l'en faire rougir. Parfois, des frissons comme sous le froid se perdait contre mon épiderme, se heurtant à des vagues douces de chaleur. Et au-delà de l'aimer elle, j'aimais sa délicatesse, sa douceur. En fermant les yeux, je réalisais combien j'étais égarée. Quand elle semblait vivante, agitée d'une nouvelle existence, je me sentais vide et désespérée. Et, glissant mes bras autour d'elle, je finissais par la serrer de toutes mes forces contre moi, comme par peur qu'elle ne me glisse d'entre les doigts à la façon du sable du temps. Katarina allait partir. Et elle ne reviendrait jamais.

    Le soir où elle s'en alla, disparaissant progressivement, semblant de dissoudre sous le vent, elle n'oublia pas de sourire. Et les nymphes, qui connaissaient pourtant ce cycle éternel, pleurèrent toutes son départ. Elle s'en retournait à la nature. Je me sentais encore étourdie, lourde comme une enclume. Et lorsque les larmes me vinrent aux yeux, je n'eu pas la force de les contenir. Une petite vie avait été laissée derrière elle, une vie soumise à la dureté du sol. Et, me posant à côté de cette graine que ma tendre sœur avait laissé derrière elle, je soufflais sur le sol, priant le vent de la choyer de tout ce dont elle aurait besoin pour s'ouvrir. Les nuits furent longues, froides, et l'attente de voir cette nouvelle nymphe se joindre à nous était intenable. J'avais été la seule, semblait-il, à venir au monde le même soir que celui de la mort de ma mère, raison pour laquelle Katarina n'avait eu de cesse pendant des années de dire que j'en étais la réincarnation. Mais cette enfant semblait avoir peur, le chant du vent ne lui suffisait pas, la lumière de la lune ne savait pas la sortir des ténèbres. Le temps passa donc. Et lorsqu'elle se décida enfin à nous autoriser à voir son visage, je découvrais un ange tombé du ciel. De longs cheveux blonds ondulaient dans son dos, sur son corps frêle et mit à nu. Ses grands yeux innocents, tendres, me fixèrent un moment, leur bleu délicat me rappelant l'eau de ce petit point où j'avais si souvent été me balader avec Fai. Et bientôt elle me sourit, d'un air légèrement perdu, comme si elle cherchait à déterminer si j'étais une alliée ou bien une ennemie. Sans même que je ne m'en rende compte moi-même, je l'avais déjà enlacer, la tenant entre mes bras, si tendrement par la peur de la briser. Mes sœurs se mirent à danser, et certaines chuchotaient au vent d'emporter jusqu'à nos frères, laissés dans notre contrée, qu'une nouvelle sylphe venait de naître. Clelia, penchée vers moi, caressant les cheveux de notre petite-sœur, me sourit à son tour et me demande son prénom. En baissant la tête vers celle qui se lovait entre mes bras, je murmurais tout bas :

    - Chloe. Petit souffle du vent, tu t'appelleras Chloe.

    Le Russie fut une grande épreuve. Les soirées à boire en furent une autre. Elles brisèrent mon équilibre saint, et bientôt les aventures furent aussi nombreuses chez moi que chez mes sœurs. La vie semblait suivre son cours, comme si celui-ci n'avait jamais été altéré par quoi que ce soit, mais un vide de plus en plus imposant creusait chaque jour un peu plus mon coeur, y semant et y rependant les ténèbres de la colère. Ma froideur devint glace, givre, et bientôt il n'y eu plus que Chloe a pouvoir tenir la conversation avec moi. Ses immenses yeux bleus regardaient toujours les miens avec autant d'admiration, une admiration que rien n’entachait, pas même mes réponses brèves et sèches. Elle était la seule, Clelia se tenant à distance, à venir dormir chaque soir entre mes bras. Si elle n'avait pas de mère, pas de tutrice, elle trouvait peut-être les deux à la fois à en moi. Lorsque ses bras tentaient de m'entourer, et qu'elle me suppliait de l'emmener quelque part, là où tout le monde pensait que j'allais l'envoyer valser, ils se voyaient surprit de m'observer soupirer et accepter. Ainsi, pour elle, le monde ne fut bientôt plus un mystère. L'emmenant çà et là, il m'arrivait à moi-même parfois de découvrir de nouveaux bouts de la Terre. Mes années de vie m'avaient laissé voyagé, mais Chloe voulait tout voir en peu de temps, elle se précipitait, parfois nous ne passions pas même dix ans au même endroit. Et cette façon de vivre m'allait parfaitement. A son centième anniversaire, installées toutes deux en France, non loin de Paris, elle décide de me faire sortir. Et, entre deux verres, me questionna sur milles sujets à la foi. Bien qu'elle ai toujours esquivé comme avec une adresse de parole tactique les questions sur sa "mère", ce jour-là elles furent cascades. L'alcool qui rougissait mes joues, qui réchauffait mon corps, sut me fait oublier ma mauvaise humeur et je répondis donc à toutes ses questions. Quand elle vint à me demander si Katarina et moi étions proches, je ne su pourtant pas quoi répondre. La question avait claqué dans mon esprit comme une énorme gifle, et je contemplais d'un air dubitatif la trace rouge qui y paressait, encore brûlante de douleur. Le vent s'était levé, par ma faute, et la petite, effrayée, s'était enfuie. Son visage de poupon, habituellement si tranquille et naïf portait au matin, lorsqu'elle revint, un air compréhensif. Quelque chose avait changé à l'intérieur d'elle, et je savais que c'était ma faute et ma faute uniquement. Je ne savais pas la protéger.

    Lorsque les nymphes se mirent à disparaître les unes après les autres, je me surpris à lui mentir de plus en plus fréquemment. Elles mourraient, parce que c'était là la Nature. C'était bien tout ce que j'avais la force de lui répondre. Mais c'était si loin de la vérité que criaient mes yeux que j'étais certaine que si elle ne posait pas plus de questions c'était parce qu'elle savait que les réponses m'étaient douloureuses. Non, les nymphes étaient chassées. Elles étaient capturées, torturées, utilisées et finalement pendues, égorgées, assassinée dans tout les cas. Plusieurs fois, l'on avait tenté de s'emparer de moi aussi, ou bien de Chloe, mais nous avions su nous délivrer et, lorsque son corps tremblait de toutes parts, je la berçais encore de mensonges en lui disant que les enlèvements étaient déjà courants chez les humains. Pourtant, je me devais de trouver où l'abriter, où elle ne serait plus menacée. Perdue, ne sachant plus sur quel pied danser dans ce monde qui nous avait aimé puis rejeté, il me prit cent autre longues années pour trouver notre asile.

    - Hey! Emerentia! Tu sais qu'il y a une dame de fer à Paris ?!, s'écria la jeune nymphe, plaquant ses deux mains sur la table près de laquelle je lisais les nouvelles.
    - C'est une tour, Chloe. Rien de passionnant. Surtout qu'elle ne ressemble en rien à une femme.
    - Mais c'est de l'art, voyons ! A-t-elle besoin de ressembler aux dames que nous connaissons pour en être une ?
    - Un chien est un chien parce qu'il ressemble à un chien. Un chat parce qu'il ressemble à un chat. Cette tour, c'est une tour de fer. Quoi qu'il en soit, nous devons parler de plus important., lançais-je finalement en repliant mon journal pour la regarder et glisser l'une de ses mèches blondes agitée derrière son oreille.

    Il fut alors question d'avouer à Chloe que nos voyages allaient connaître leur fin. Plus question pour nous de parcourir le globe, nous devions aller nous poser là où nous serions en sécurité. Lorsque mes mots lui avouèrent ce fait, Chloe ne posa pas la moindre question. Elle s'assit sur mes genoux, se glissant entre mes bras et, posant mon journal, je la serrais doucement en lui caressant le dos. Je savais combien la priver de sa liberté était cruel. Je savais combien elle aimait ce monde qui lui semblait encore si pleins de merveilles. Mais je ne pouvais pas prendre le risque de la perdre. En embrassant son front, la berçant un peu, je songeais au fait qu'il faudrait demander à Clelia de nous rejoindre. Elle nous plus ne devait plus savoir où se poser. Et si elle n'avait pas entendu parlé de "ce" lieu, alors la nouvelle lui ferait certainement plaisir. Le lendemain, elle me répondit pourtant qu'elle ne viendrait pas. Le vent, qui avait porté son message, déambula dans la ville comme s'il savait que ses filles étaient en danger. Mais je n'avais pas la force de capturer Clelia pour l'emmener avec moi. Si elle ne voulait pas venir, soit, j'y irais seule avec Chloe. Les jours que nous utilisions pour préparer nos affaires furent longs, et l'organisation fastidieuses. Tentant de consoler mon amie, ma protégée, je repris de sourire. Et, en voyant ce petit sourire qui peu à peu s'élargissait d'une nouvelle sincérité, Chloe reprit cet air d'innocence parfaite. Là où nous allions, nous pouvions encore découvrir bien des choses. Et, lorsqu'elle lança la conversation en me disant que toutes les espèces s'y réunissaient sans mal, ma curiosité qui avait déjà été piquée par le concept auparavant s'enflamma. Je pourrais en apprendre plus sur l'humanité, et sur les créatures qui avaient été posées sur cette planète sans pour autant sembler en faire partie.

    -Dis, on va faire quoi là-bas ?, me questionna encore la blondinette alors que, dans le train, elle s'était lassée de regarder par la fenêtre.
    -Toi, tu y seras élève. Je veux que tu connaisses l'école, que tu y apprennes. Et je serais certainement professeur de musique. Le mage qui m'en a parlé m'a dit que la place était encore libre à sa connaissance.
    -Le mage avec lequel tu as passé la nuit, Eme ?

    Je marquais une pause et soupirais, posant mon coude sur le bord de la vitre pour appuyer le côté de ma tête contre ma paume.

    -Oui, celui-là même. Mais cesse de t'inquiéter, Clelia ne vient pas, et les hommes m'ont fatiguée, tu pourras te vanter d'être la seule dans la vie de l'Harmonie... J'espère que ma lettre est arrivée à Nicolas Flamel et que ma place m'attend toujours à Chrysalis.


Dernière édition par Emerentia A. le Dim 3 Mai - 4:50, édité 3 fois
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Lucifer
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MessageSujet: Re: Emerentia A. || Aurez-vous le vent dans le dos ou devrez-vous lui faire face ?   Mar 28 Avr - 17:20

OWO.... et toujours une histoires à rallonge... whaou !
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MessageSujet: Re: Emerentia A. || Aurez-vous le vent dans le dos ou devrez-vous lui faire face ?   Mar 28 Avr - 18:44


    Je m'y applique, je m'y applique. XD
    Voiiiilà, c'est très raccourci par rapport à ce que j'avais en tête, mais ça raconte bien le principal !
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Nicolas Flamel
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MessageSujet: Re: Emerentia A. || Aurez-vous le vent dans le dos ou devrez-vous lui faire face ?   Dim 3 Mai - 18:41

Je te valide donc! Il me faut un petit paragraphe de ta race. Ensuite, ta chambre sera bientôt crée, quand Lucifer reviendra de son voyage^^
Bon jeu
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MessageSujet: Re: Emerentia A. || Aurez-vous le vent dans le dos ou devrez-vous lui faire face ?   

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Emerentia A. || Aurez-vous le vent dans le dos ou devrez-vous lui faire face ?
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