Une académie tout ce qu'il y a de plus normale, à l'exception qu'elle regorge de créatures aussi extraordinaire les unes que les autres.
 

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 Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.

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MessageSujet: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Mar 5 Mai - 19:26

Vent et acier aux grès des notes
J'avoue qu'en me levant difficilement à cause de ma masse, je n'avais pas imaginé que je me retrouverais ici, dans les collines. Je ne subissais pas les surnoms totalement stupides des étudiants qui se pensaient plus malin que leur surveillant. La nature ne me voyait pas comme une énormité au milieu du paysage ni comme un intrus. Pour elle, j'étais aussi bien son fils qu'une fleur ou un écureuil et ce n'était pas plus mal. J'avais pris la décision d'emmener mon instrument avec moi, mon fidèle violon. Un allié de toujours qui avait survécu même après mon décès et que j'avais pu retrouver dans l'ancienne boutique de mon père. Comme celui qui a sombré avec le Titanic, mon ami de bois était fait d'un bois de rosier venu des terres de mon pays natal et façonné par les mains de mon géniteur. Il était à lui seul, la preuve que nature et humanité n'avait pas pour seule fin que la douleur. Je posais mes mains sur ses cordes, prenais l'archer et me mettais tout en marcher à jouer un air de mes ancêtres. Les ondes musicales résonnaient sur le bois des arbres, dans les feuillages et par moment, j'apprécierais des animaux. J'en aurais presque souri, si je n'avais pas eu quelque difficulté du fait d'avoir passé une affreuse nuit auparavant. Les cauchemars liés à ma mort et à cet état devenu éternité pendant lequel j'avais été entre la vie et le trépas. Il m'était donc rarement simple d'avoir un sommeil long et agréable.

Je continuais de marcher d'un pas calme dans les collines, sentant sous mes pieds d'acier et de chair, l'herbe contenant encore la rosée, mais aussi le vent frais sur mon visage et mes cheveux. Ces fils blonds s'agitaient au grès des bourrasques et du mistral sans que je ne puisse en faire quelque chose de concret. Ils étaient la part imprévisible de moi qu'on ne domptait pas, qu'on ne savait pas deviner et qui étonnait toujours. Hélas, je devinais que dans ces immenses collines où je marchais depuis déjà une bonne heure voir plus, il n'y avait pas l'ombre d'un être humanoïde à l'horizon. Il y avait bien des renards, lapins et oiseaux, mais rien qui pouvait me faire la discussion en somme. J'accélérais la vitesse de ma musique, ce qui provoquait bien évidemment la fuite de plusieurs petits rongeurs ce qui m'amusa et je continuais ma route. Le calme de mère nature, la douceur du vent sur ma peau, la pureté même de cet endroit où les hommes n'avaient pas encore posé leur structure de béton et d'acier, c'était agréable. Il y avait donc un petit paradis non loin de Chrysalis et je n'avais pourtant pas eu avant aujourd'hui l'idée d'y poser le pied. Je me trouvais idiot, mais ce n'était rien avant que je la vois-elle.

Dans une robe qui soulignait aussi bien ses formes qu'elle l'embellissait encore si cela était possible, jouant de sa harpe, se trouvait Emerentia. Cette femme, issue même de la nature, que je surnommais tendrement harmonie du vent, semblait-elle aussi profiter de cette quiétude et de l'absence de boucan. Il fallait dire qu'en tant que professeur de musique, elle ne devait pas assister qu'à des mélomanes, mais devait subir aussi ces gens peu douées pour la mélodie. En un sens, je la plaignais un peu de devoir subir autant de désastres musicaux sous son rôle d'enseignant. Pour l'heure, ce n'était pas les retrouvailles d'un professeur et d'un surveillant, mais de deux amis. Je m'approchais donc d'elle d'un pas très calme avec un geste ample et doux et posait mon visage près du sien. Je pouvais sentir le doux parfum qu'elle dégageait, mais aussi la délicate sensation des fils colorés qu'étaient ses cheveux venir frôler ma joue avec une clémence bien à elle. Je posais un baiser sur sa joue en me décalant et affichait un sourire.

« Bonjour ma chère harmonie du vent, alors on profite comme son ami d'acier et de chair du calme de la nature. J'ai mon violon donc je me permets de m'inviter à tes côtés si cela ne te gêne pas. Encore une fois, tu joues à merveille, mais je pense que tu le sais. »»
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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Lun 11 Mai - 12:08


Vent & Acier au grès des notes.
Ce matin-là, je m'étais levée aux aurores. Chloé, assoupie encore, avait passé ses bras autour de moi, sa tête si sagement posée contre ma poitrine et il n'avait pas été simple de me défaire de son étreinte. Nous étions encore en pleine semaine, mais je n'avais pas de cours aujourd'hui, et j'étais donc libre d'aller où bon me semblait. Après avoir rapidement déjeuner, je me défaisais de ma nuisette et enfilais avec lassitude une longue robe chinoise. Ses manches, larges et longues, n'auraient pas été pratiques pour déjeuner, et c'était donc pour ça que, ce matin-là, j'avais déjeuné très tôt. Même si ce n'était pas l'unique raison. Après tout, j'aurais tout aussi bien pu rester au lit avec Chloe, l'étreindre tendrement jusqu'à ce qu'elle me laisse seule pour aller à ses cours, vaquer à ses occupations. Mais non, ce matin-là, j'avais décidé que j'allais sortir. Les quelques cours que j'avais déjà donné m'avait lassée. Moi qui voyait à la vie une couleur chatoyante depuis que Chloe avait réussi à me rendre ma joie de vivre, j'étais lassée, découragée. Presque personne ici ne se rendait compte de la beauté des notes, des émotions qu'elles pouvaient porter, et je n'arrivais pas à me contenter des efforts pourtant incroyables de mes élèves. Certains savaient jouer, d'autres avaient de délicates voix, mais il n'y avait malheureusement ni l'un ni l'autre parmi les élèves qui daignaient bien vouloir me montrer le bout de leur nez. Des maux de tête terribles m'avaient parfois fauchée, et je n'osais plus mettre les pieds dans l'école si ce n'était sous un très bon prétexte. Assez de souffrances pour moi !

En sortant finalement par une fenêtre détestant les portes qu'il fallait sans cesse ouvrir puis refermer, verrouiller, je me glissais dans les bras du vent. Et celui-ci, délicat, tendre, me souleva avant de me laisser descendre en douceur presque jusqu'au sol. Arriver à hauteur de celui-ci je levais la tête et regardais la fenêtre de notre chambre. Chloe y dormait encore. Je ne pouvais donc pas jouer de musique à la maison, sous peine de la réveiller. Soit, je trouverais un autre endroit. Mais avant cela, elle allait falloir aller chercher mon instrument. Et c'était donc le coeur lourd de l'idée que je me remis à l'école, discrètement, me faufilant dans les couloirs déserts pour monter à ma salle de musique. Là, près de l'estrade, à côté du piano je trouvais ma harpe. L'instrument, imposant, n'aurait pas été simple à déplacer pour quelqu'un de normal mais, maligne, je me glissais dans les airs au-dessus d'elle et la soulevait pour l'emmener avec moi. Je croisais un surveillant arrivé très tôt et, paniquée à l'idée de finir par croiser du monde, je lui envoyais un joli sourire, venais lui faire la bise et disparaissait presque aussitôt.

Mais tout ça pour aller où ? Aux collines. La haute île possédait une végétation verdoyante, élégante, paisible, une végétation qui me rappelait l'endroit où j'étais née, un endroit que j'avais tant aimé et qui semblait intact dans ma mémoire. Là-bas, il n'y avait jamais personne. C'était le calme plat, un plat imperturbable. Je m'y rendais donc et, parvenue à destination, je décidais de poser ma harpe, me soulevant, assise dans les airs, pour commencer à jouer après avoir profiter quelques minutes de la vue sublime. Le vent, léger, caressait mon visage alors que les notes du Clair de Lune de Debussy se perdait, portées par le souffle de ce monde. Il n'y avait pas âme qui vive, je ne percevais pas la présence du moindre animal, mais j'étais malgré tout emplie de vie, de tant d'existences entremêlées. C'était là la magie de la nature. Les yeux clos, j'entendis bientôt de léger sourd de pas étouffés par l'herbe vertes et souriais légèrement, réprimant une petite envie de rire. Il n'était décidément pas bien discret. Je ne cessais pas de jouer, mouvant avec habitude mes doigts contre les cordes sans que mes longues manches ne me dérangent. Il était simple de me repérer, ici. Après tout, le haut de ma robe était dorée, le bas d'un beau vert émeraude, et le tout était couvert de fines broderies à la couleur lavande. Ce n'était pas des couleurs qui puissent se fondre dans le paysage monochrome.

Bientôt les lèvres de l'arrivant vinrent se poser sur ma joue, doucement, si doucement que j'aurais pu douter de toute la robustesse de son corps et, rouvrant les yeux, j'observais son joli sourire. Atalante Dwight. Un surveillant qui, visiblement, n'avait pas envie d'aller travailler aujourd'hui. Ou bien peut-être était-il en congé ? Je lui souriais en retour, d'une grande tendresse presque maternelle et cessais enfin de jouer, repositionnant la harpe sur le sol au milieu des brins d'herbes contre sa base.

« Bonjour ma chère harmonie du vent, alors on profite comme son ami d'acier et de chair du calme de la nature ? J'ai mon violon donc je me permets de m'inviter à tes côtés si cela ne te gêne pas. Encore une fois, tu joues à merveille, mais je pense que tu le sais. »

C'était bien ce que j'aimais tant chez cet homme. Sa délicatesse. Son corps était d'acier, d'or, d'argent, de tant de choses qu'il valait une fortune à lui tout seul, et pesait un poids qui aurait pu m'effrayer, mais son âme semblait resté inchangée, il était humble, simple, et savait parler aux femmes, bien qu'il me sembla plus d'une fois apercevoir chez lui les maladresses des ignorants des choses de l'amour. Je caressais du bout des doigts le vernis qui couvrait mon instrument dans ses belles courbes et posais un instant le regard sur ce fameux violon. Je ne l'avais jamais vu avec, et je ne l'avais jamais entendu joué, mais c'était là une bien belle occasion de profiter d'un moment paisible avec lui. Et j'étais convaincue qu'il savait jouer, à la différence de bien d'autres, suffisamment bien pour que mes oreilles n'en saignent pas. D'une certaine façon, j'en attendais beaucoup de lui, mais je ne pouvais pas m'en empêcher. C'était un musicien tout comme moi, après tout, il devait avoir une certaine rigueur.

« Bien le bonjour mon petit Atalante. Oui comme tu le vois je profite d'un peu de calme, après toutes ces découvertes auditives aux cours de musique. Je n'oserais bientôt plus rentrer dans ma classe ! Merci de ton compliment, en tout cas. Compliment que j'aimerais pouvoir te retourner. Ferais-tu donc le plaisir à une vieille sylphe de lui jouer quelques notes de ton violon ? »

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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Mar 12 Mai - 11:13

Vent et acier aux grès des notes
 Je gardais un sourire sincère sur ce visage qui pourtant avait mis tant d’années à connaitre des émotions que je pensais perdues. Cette femme avait une grâce sans pareille et par ma politesse, ma tendresse et un respect significatif, je savais lui rendre. Il m’arrivait parfois de m’inviter dans ses cours avec une discrétion qu’on ne pensait pas forcément possible pour un homme fait de circuit, de câble et d’organes. On sous-estimait bien souvent tout ce que pouvait me permettre ce corps aussi robuste que simple à mouvoir. Même si j’avais clairement une masse et une force qui dépassait sans problème celle de cinq êtres humains, je savais les maîtriser. Je n’agissais jamais sans prendre en compte ce poids de presque de deux cent kilos, car risquer ma vie après avoir survécu à la mort aurait été idiot. J’aimais la douceur qui pouvait se dégager d’Emerentia autant que le doux parfum qu’elle pouvait libérer dans l’air. Je savais que personne ne pouvait être bien longtemps colérique, de mauvaise humeur ou méchant en sa présence, et cela, pour bien des raisons. Elle avait beau paraitre frêle et fragile, je savais qu’elle cachait une force suffisamment puissance pour faire déchanter sans grand mal la carcasse d’acier que j’étais. Après tout, elle levait cette harpe au-dessus du sol comme si elle n’avait été faite que de coton et non de bois et d’artifice. Je me disais également qu’elle n’avait pas dû se faire bien souvent marcher sur les pieds et pour cause après l’avoir vu remonter clairement les bretelles d’un élève, je n’avais pas eu envie d’être à sa place. Il avait été fier, arrogant au départ jusqu’à finir si petit que ses mots avaient été maladroits et sans impact. Oui, cette femme avait de quoi en intéresser plus d’un, mais elle n’était pas facile et encore moins une proie. Elle n’acceptait pas n’importe qui, et je le savais très bien. Si elle me parlait, appréciait ma compagnie, c’était bien parce que je savais être agréable, parce que je ne lui massacrais pas les oreilles.

Je l’avais vu poser finalement sa harpe sur l’herbe pour se tourner vers moi et me laisser le loisir de regarder longuement dans ses yeux. Rien ne pouvait contredire devant mes yeux qu’elle était la fille de la nature même. C’était comme si les défauts avaient été chassés par ce vent qu’elle maîtrisait si bien. Je pense que si j’avais été un humain, je me serais sans aucun doute laissait « corrompre » volontiers par cette femme au charme si intense. Malgré tout, je savais que juger l’enseignante de musique sur son physique était aussi peu avenant que de lui dire des mots crus, rustre et sans réflexion. Je ne jugeais pas le monde, car lui-même ne le faisait pas et cela s’appliquait également à cette nymphe que j’aimais si souvent surnommer avec douceur. Ce qui me liait à elle bien plus que la musique que nous partagions ensemble, c’était bien cette grande complicité. Je ne la poussais pas forcément à être démonstrative, mais je n’avais rien contre le fait qu’elle me consacre un peu de son temps rien que pour moi. Je savais la chance que je pouvais avoir de captiver ne serait ce que quelques minutes ou plusieurs heures cette femme. Je soupçonnais parfois que mon violon n’ait aidé la chose de façon bien plus significative que je ne l’aurais pensée. Il avait survécu à tout, n’avait jamais perdu une corde comme si a lui seul, il montrait une robustesse que je savais garder. Pas celle que je pouvais démontrer physiquement, mais bien celle de mon mental. Que ce soit la perte de ma famille, la mort de mon frère ou même la mienne, rien n’avait détruit en totalité la force de caractère dont je faisais preuve. Je cessais de réfléchir sur ma condition et préférait reporter mon regard sur elle.

« Bien le bonjour mon petit Atalante. Oui comme tu le vois, je profite d'un peu de calme, après toutes ces découvertes auditives aux cours de musique. Je n'oserais bientôt plus rentrer dans ma classe ! Merci de ton compliment, en tout cas. Compliment que j'aimerais pouvoir te retourner. Ferais-tu donc le plaisir à une vieille sylphe de lui jouer quelques notes de ton violon ? »

Sans me faire attendre plus que de raison et en lui faisait un léger clin d’œil, je prenais dans mes mains l’instrument. C’est alors que je commençais avec un visage sérieux, les yeux clos à jouer une mélodie de mes vertes plaines d’Écosse dans la plus grande concentration. Emerentia pouvait sans aucun doute voir que je vivais la musique que je jouais au travers de mon violon comme s’il était une part de moi. J’agitais l’archer avec calme sur les cordes pour délivrer un son aussi intense que délicat aux oreilles de la belle nymphe et lui offrir de quoi adoucir ses émotions. Je ne trouvais rien à dire contre le fait de permettre à cette enseignante et amie proche de profiter d’un peu de mes notes. Surtout en sachant le peu de respect que ses élèves accordaient aux cuivres, bois et instrument à vent dont ils avaient accès. Je ne comptais plus le nombre de fois où j’avais eu envie de faire passer l’un de ses petits irrespectueux par la fenêtre ouverte pour leur apprendre à mieux se comporter avec Emerentia, mais aussi avec ces trésors de mélodie. Tout le monde n’avait pas le loisir de pouvoir s’offrir ces joyaux de délicatesse aussi silencieux qu’harmonieux. Cela avait été un des fondements de mon vœu de devenir luthier pendant mon humanité. Je pouvais ainsi fabriquer des instruments idéals à ceux qui voulaient parfaire leur talent de musicien. J’aimais la musique, je la vivais et il m’était, au final, si difficile de m’en séparer et je me demandais s’il n’en était pas un peu de même pour Emerentia. J’avais appris à aimer sa compagnie comme elle la sienne, à partager avec elle des moments de grâce mélodique. En somme, nous étions un peu comme deux amants des notes qui trouvaient un partenaire derrière l’instrument de l’autre. Après avoir terminé mon morceau et m’être légèrement incliné de façon théâtrale, je relevais la tête vers elle. Je venais ensuite m’asseoir près d’elle et lui offrir mon plus beau sourire.


« Ai-je offert à la belle nymphe que tu es ma chère, une mélodie qui sied volontiers à ses oreilles ? J’avoue avoir sans aucun doute fait quelque fausses notes disgracieuses, mais j’espère que dans l’ensemble, cela a été suffisamment agréable et doux pour te retirer ses massacres musicaux des pensées. J’avoue que je pensais faire une journée en solitaire, mais la partager en ta compagnie a de quoi me rendre encore plus joyeux. En espérant que tu ne trouves pas cela déplacé. »
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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Mer 13 Mai - 20:17


Vent & Acier au grès des notes.
Depuis longtemps maintenant, je ne parvenais plus à trouver de charme aux hommes. Leur légèreté, leurs fausses promesses, tant de choses chez eux me faisaient grimacer à leur toucher. Je n'aimais pas la vilenie qui se promenait dans les yeux comme une fleur noire au milieu d'un jardin aux couleurs fanées. Rien chez eux n'émettait de lueur, tout était pâle, jusqu'à leur corps transpirant la froideur et l'insensibilité. Que connaissaient-ils des peines que le monde nous faisait subir ? Que connaissaient-ils des secrets que nous nous partagions dans l'espoir de donner à nos suivantes l'espoir d'un bonheur qui ne durerait rien qu'une seconde. Il n'y avait de tendresse, de douceur, que sous les caresses d'amant, que sous des yeux qui nous regardait chaque jour différemment, comme s'ils avaient eu le mystérieux pouvoir de nous déshabiller d'un simple regard, découvrant à chaque fois une part nouvelle de nous. Nos cœurs, nos esprits, nos corps, rien chez nous n'avait été préservé, nous n'avions nous-même pas su résister aux tentations d'une illusion amoureuse. Mais Atalante me semblait différent. Son corps, bien que froid, bien qu'indélicat, connaissait la douleur, l'appliquait sur moi comme une coulée de miel sucré, comme la poudre exquise d'un cacao savoureux. Et l'idée de me laisser embrasser comme signe de bonjour par lui ne me déplaisait pas. Pour une fois, je laissais à un homme le privilège d'embrasser ma joue, d'approcher de si près le souffle vivant qui filait d'entre mes lèvres. Il me paraissait certainement différent parce qu'il partageait avec moi le même amour de la musique, de la simplicité pourtant si émotive des notes. Dans le secret, dans le silence à peine perturbé par nos brefs mots polis, je découvrais un presque amant. Et le fait d'avoir plusieurs centaines d'années de plus que lui ne me faisait que sourire avec plus de tendresse encore. Il me paraissait comme une roche teinte de tant de couleurs aux passages du soleil qui voyageait dans les cieux toute la journée. Je savais qu'un jour, après la pluie, il saurait dessiner un arc-en-ciel plus beau que tout autre, et qu'il apprendrait à passer par delà le passé que son corps mécanique laissait deviner.

Je ne savais pas m'empêcher d'être aussi douce avec lui, aussi maternelle, il me rappelait Fei, quelque part. Il n'en avait pas la timidité, mais comme lui, il s'était construit avec les années, avec les jours s'écoulant, et portait désormais avec lui une force caractérielle indéniable. Les hommes, bien que détestables, étaient pleins de surprises, après tout. En me faisant un clin d'oeil qui me fit doucement rire, il se saisit de son violon, le plaçant avec minutie avant de commencer à jouer. Ses yeux aux paupières closes, ses traits fermés et pourtant si vifs, rien chez lui ne me semblait naturel. Et pourtant, je trouvais dans la complexité de sa conception quelque chose de fascinant. Je connaissais sa force, j'en avais eu vent bien plus d'une fois, mais la précision attentive avec laquelle il agitait son archer sur le crin, produisant de divines notes à mes oreilles, me montrait combien sa force savait s'envoler. La mélodie m'était inconnue, assez pour me surprendre, mais encore une fois, fermant les yeux, je me noyais dans cette merveille. L'air, tantôt lent, tantôt rapide, me donnait à voir milles paysages. Mais à chaque fois, la verdure me revenait, les couleurs chatoyantes des fleurs, des buissons, les couleurs parfois discrètes parfois plus visibles des oiseaux dont les chants auraient presque su se fondre dans la mélancolie que je trouvais dans les notes. J'étais désormais certaine que ce qu'il jouait ne venait pas de nulle part mais de chez lui, de là d'où il venait, aussi loin fut-ce, parce que, bien involontairement, il plongeait les notes dans cette confusion peinée qu'on ne retrouvait qu'en pensant aux terres que nous aimions. Les notes s'adoucirent alors à nouveau, avant de s'arrêter et, rouvrant mes yeux rubis, je le contemplais presque.

Il s'inclina, releva la tête vers moi et, dans ses deux perles qu'était ses yeux, je me noyais avec plaisir. Lorsqu'il vint s'asseoir près de moi, je n'eu pas le courage de bouger d'un millimètre et répondis donc à son joli sourire d'un autre tout aussi plaisant. Le temps me semblait s'être arrêté. Et je ne voulais pas qu'il reprenne son court. Atalante avait su, en quelques instants, ôter de ma tête toutes les mauvaises pensées qui y tournaient, ses notes m'avaient apaisée, adoucie, et j'étais déjà certaine que mon visage portait une douceur aimante que l'on ne me trouvait que lorsque l'on parvenait à jouer assez bien pour me plaire. Il faisait partie de ses gens que j'aurais pu écouter des heures. Les fausses notes ne s'accrochaient pas à mes oreilles, elles y glissaient comme de petits mots maladroits, me faisant sourire, me semblant preuve de sa technique appliquée pourtant encore entachée des fautes humaines. Mais ce n'était pas là une mauvaise chose. Très loin de là. Dans ses fausses notes, cet homme que je voyais comme un robot malgré moi me semblait plus humain, plus proche, comme si son corps, un moment, avait reprit sa normalité, comme s'il n'avait plus été devant moi qu'un homme fait de chair, d'os et de sang. Il me paraissait non pas quelconque mais spécial dans ce changement qu'il arrivait à opérer en lui-même sans s'en rendre compte.

« Ai-je offert à la belle nymphe que tu es ma chère, une mélodie qui sied volontiers à ses oreilles ? J’avoue avoir sans aucun doute fait quelque fausses notes disgracieuses, mais j’espère que dans l’ensemble, cela a été suffisamment agréable et doux pour te retirer ses massacres musicaux des pensées. J’avoue que je pensais faire une journée en solitaire, mais la partager en ta compagnie a de quoi me rendre encore plus joyeux. En espérant que tu ne trouves pas cela déplacé.  »

Déplacé ? Ciel, non ! Avoir la compagnie d'Atalante m'enchantait. Et je tentais à ma façon de lui faire comprendre combien il me plaisait qu'il resta à mes côtés. Il n'était pas comme les autres, lui non plus ne portait pas le poids des clichés, il semblait en être éloigné mystérieusement, comme s'il était une entité à part entière, comme si jamais il n'avait fait partie de cette foule étrange que je peinais tant à comprendre du fait de ma longue vie. Et, quand il y retournait, quand il redevenait si simple, si humble, je ne parvenais pas pour autant à lui trouver de défaut. Il n'était pas parfait, bien évidemment, mais il n'avait rien qui puisse m'effaroucher. Et, après l'avoir écouté, je me décidais donc à abandonner ma harpe au milieu des brins d'herbe comme si son bois verni avait voulu retourner à sa source : une terre pure. Je me glissais près de lui, de plus en plus près, et amenais bientôt mes bras à son cou pour le faire tomber dans l'herbe, soulevant son violon et son archer pour les poser non loin, délicatement, alors que mes yeux, fins, s'animaient de lucioles joyeuses. Quel enfant délicieux. Le serrant un peu contre moi, lui caressant les cheveux, je me laissais aller à une simplicité toute dévouée à ses mélodies.

« Ces quelques fausses notes rappellent que tu es humain, elles rendent ta mélodie bien plus vivante encore. Et c'est cette vie, ces quelques imperfections, cette technique précise mais imparfaite qui font frissonner les notes au creux de mes oreilles et me font frémir de t'entendre à travers ce violon comme si tu pouvais m'y dire tout ce que tu ne saurais dire à quiconque. Il y a tant à lire, à écouter dans ta musique, Atalante... Je suis heureuse d'avoir rencontré un enfant aussi sage que toi. Tu es accroché à cette époque à laquelle tu appartiens, tu es si loin de moi, et pourtant je parviens encore à te comprendre. Ce n'est pas ma sagesse qui me fait tant t'apprécier, c'est d'entendre tes notes faire échos aux miennes, c'est de m'évanouir de ta raisonnante comme neige au soleil... »

En restant là, dans l'herbe avec lui, je déposais de longues mèches de cheveux à la couleur de l'émeraude sur son torse. Des mèches que le vent m'atteignait pas, glissant encore à ce surveillant, ami précieux, que je n'étais pas plus normale que lui. J'étais le vent comme il était moi, sa confidente la plus fidèle, son murmure, parfois son cri. Et, si je l'avais voulu, j'aurais pu disparaître dans son étreinte comme si je n'avais jamais existé, me laissant porter ailleurs, dans un autre endroit où vivre, où découvrir le monde. Un monde qui, pourtant, maintenant, me semblait si fatigué. A tourner autant, il me semblait avoir perdu de son entrain, et si les jours étaient toujours aussi longs, s'ils étaient toujours aussi nombreux, parfois il m'arrivait de ressentir ce vide que leur durée tentait de faire transparaître dans le tic tac régulier des aiguilles d'horloge. J'avais vu tant de lever de soleil que lorsqu'il se couchait, je savais que le lendemain il reviendrait dans les cieux, égal à lui-même, brillant avec une force ancienne, une force qui semblait parfois fatiguée pourtant. Le vent, sa ballade, n'avait de cesse de me susurrer qu'il me restait encore beaucoup à découvrir. Mais les années m'avaient lassées, malgré moi, malgré elles, et il était rare que je m'attacha à quiconque. Pourtant, je demeurais là, paisible, aussi fragile qu'un pissenlit que l'on aurait craint de voir disparaître au moindre souffle, que l'on déplacerait avec délicatesse pour l'amener à l'abris. Un jour, moi aussi, je fondrais au creux de l'étreinte du vent, je déposerais la vie et lui confirais mes secrets, des secrets qu'elle porterait sans le savoir, sans le vouloir, comme un savoir éternellement endormi. En songeant à la fugacité de cet instant, je fermais les paupières et, appliquée, chantonnait la mélodie qu'Atalante avait joué alors qu'un délicat vent chaud roulait contre nous, soulevant parfois un peu la traîne à la couleur de pierre précieuse pour la faire onduler comme un drapeau inconnu. Que c'était paisible, ici, près de lui, là où la vie grandissait loin des maux de l'humanité, sereine et gardée.

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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Ven 15 Mai - 19:11

Vent et acier aux grès des notes
 J’avais pris place près de cette reine du vent et de la grâce et sans m’y attendre, je me retrouvais bientôt allongé dans l’herbe avec elle contre moi. Je n’avais plus du tout, l’habitude d’une telle proximité avec une femme, surtout de sa trempe, alors je sentais quelque rougeurs se former sur mes joues. C’était une des parts de mon humanité les plus présentes et les plus visibles. Ce n’était pas une honte d’avoir un peu de gêne près d’elle, car après tout, elle était d’une race dont la signification était la beauté elle-même, la joliesse naturelle et pure. Elle s’était permis de me retirer mon violon et son archer, mais je n’avais pas protesté un seul instant. J’aurais pu offrir ma vie sans aucune hésitation à Emerentia tant je la savais capable de douceur avec ce qui représentait pour elle une importance. Je m’avouais à moi-même que j’avais le don de chasser les horreurs des cours de l’harmonie du vent de ses oreilles d’un air de mon instrument. Il suffisait que je joue pour que sur le visage de cette divine créature se forme un sourire des plus somptueux. J’aimais sentir sa présence près de moi, car elle apportait toujours un vent de sérénité, de tendresse et fraicheur que mes circuits ne niaient pas. Nous étions tous les deux des êtres dépendants à leur manière de ce brin d’air vif ou délicat qui nous gardait en vie. Sans lui, j’étais voué à surchauffer et périr quant à elle, il lui permettait de garder sa candeur et sa magnificence aussi parfaite que d’ordinaire. Je me rappelais l’avoir vu plus d’une fois dans une fatigue telle que j’avais dû la porter pour qu’elle ne meure pas dans mes bras. L’avantage était qu’elle avait toujours le don de se sentir mal quand j’étais aux environs. Au moins, je savais que je pouvais lui être utile autant qu’elle l’était pour moi.

« Ces quelques fausses notes rappellent que tu es humain, elles rendent ta mélodie bien plus vivante encore. Et c'est cette vie, ces quelques imperfections, cette technique précise mais imparfaite qui font frissonner les notes au creux de mes oreilles et me font frémir de t'entendre à travers ce violon comme si tu pouvais m'y dire tout ce que tu ne saurais dire à quiconque. Il y a tant à lire, à écouter dans ta musique, Atalante... Je suis heureuse d'avoir rencontré un enfant aussi sage que toi. Tu es accroché à cette époque à laquelle tu appartiens, tu es si loin de moi, et pourtant, je parviens encore à te comprendre. Ce n'est pas ma sagesse qui me fait tant t'apprécier, c'est d'entendre tes notes faire écho aux miennes, c'est de m'évanouir de ta raisonnante comme neige au soleil... »

Restant sur le sol verdoyant avec elle, je profitais de cette quiétude et de cette délicatesse dans nos regards pour lui sourire en sentant que mes joues avaient enfin cessé de rougir comme le soleil en fin de journée. J’avais effectivement émis quelque fausses notes qui n’avait pourtant pas troublé plus que de raison la professeure de musique et cela me rassurait. Je retrouvais donc peu à peu, l’usage de mes doigts et de mon talent d’antan. Je voulais le retrouver au total pour mieux montrer à cette femme à quel point la musique avait été depuis ma plus tendre enfant, un pilier majeur de ma vie. Et si cela pouvait en plus permettre à Emerentia, d’oublier le temps d’une mélodie le massacre auditif de ses élèves sur ses tympans, je n’allais pas lui refuser cela. Ils avaient clairement la capacité de lui donner de la frustration et de la douleur rien qu’en brisant les fondements même de la poésie qui se dégageait des notes. J’étais aussi démoralisé qu’elle pendant ces cours de torture et c’était tellement dommage. Si je m’invitais dans l’enseignement de ma collègue et amie ce n’était pas par ennui, mais bien par plaisir d’un air que nous partagions avec le sourire. Il m’arrivait même de participer en donnant à coup de main à la nymphe avec le plus grand des respects et beaucoup de gentillesse envers elle. Oui, car je n’étais pas aussi clément envers ceux qui osaient se comporter comme des goujats ou des rustres envers cette femme. Je savais pertinemment qu’elle pouvait se défendre seule, mais il valait mieux pour sa réputation que je passe pour un homme brutal et non elle comme une femme violente. Je conservais en un sens son image auprès de tous en agissant comme une machine rien de plus rien de moins. Pas de place pour la pitié, j’agissais et les virais de cours les trois-quarts du temps.

Je passais mon bras autour de sa taille le plus simplement possible après l’avoir en quelque sorte prévenu d’un battement de cils et d’un regard calme. Mon sourire si joyeux, si humain cassait bien souvent l’apparence robuste et puissante que je possédais. Il montrait que j’avais encore sous cette coquille d’acier un cœur humain, une part d’humilité sous cette peau qui transpirait la force et beaucoup de supériorité. J’allais plus vite que les autres, plus hauts, sans pour autant vraiment en profiter. Je n’avais aucune raison d’écraser les autres sous ma consistance et encore moins de leur imposer ce que j’étais. Je n’avais pas été quelqu’un de vantard, de narcissique par le passé et ce n’était pas ce changement corporel qui allait changer cela. Peut-être que je paraissais bien trop gentil, mais je préférais l’être trop, que de devenir une terreur dont personne ne voulait entendre parler. Il était évident que si j’avais été ce monstre de méchanceté, je n’aurais semble-t-il pas intéressé la belle nymphe. Elle m’avait fait comprendre plus d’une fois que j’étais un peu une exception dans ce monde dont elle faisait partie. Qu’elle avait eu au fil du temps de plus en plus de mal avec la gente masculine et que pourtant avec moi, elle ne pouvait s’empêcher d’être douce, aimante. Je savais la chance que j’avais d’obtenir tant de choses de cette magnifique femme qui faisait sans doute rêver plus d’un homme. Je ne connaissais pas les nymphes sur le bout des doigts ni tout leur cousin, mais je savais qu'au vu de l’âge d’Emerentia qui ne changeait rien à sa beauté, elle avait voyagé bien plus que le petit luthier que j’avais eu. Je savais qu’elle avait un peu perdu ce goût de parcourir le monde et qu’avec mes notes, elle apprenait à quitter pendant des airs de musique, la réalité pour se poser sur un nuage de bien-être sans penser à rien d’autre qu’à la mélodie que je pouvais lui jouer.

Je ne fus pas tant étonné que cela à l’entendre fredonner de sa voix si envoutante l’air que je lui avais offert quelque minute auparavant. Pendant qu’elle chantonnait, je pouvais sentir un vent chaleureux tourner autour de nous comme pour nous envelopper dans un cocon de paix et nous isoler du monde bruyant qui nous agressait. Sans vraiment m’en rendre contre, je serrais un peu plus la nymphe contre mon poitrail maintenant recouvert de nombreux fils vert et féerique. Ils appartenaient à Emerentia et composaient cette chevelure venue de rêve d’enfant. Entre ses cheveux dignes d’un conte, sa morphologie inspirée des déesses et ses tenues respirant la grâce et la bienséance, rien ne pouvait briser cette image d’amante sublime. On aurait pu croire que j’étais fou amoureux de cette femme qui pouvait compter bien plus que tout pour moi, mais j’étais surtout admiratif de toute cette délicatesse surnaturelle qui se dégageait d’elle à chacun de ses gestes. C’était comme si chacun de ses mouvements avaient la douceur du coton, la tendresse d’un baiser et un infini respect. J’espérais pouvoir le rendre tout cela de mes gestes plus dur et moins gracieux que les siens. Je faisais autant d’effort et rien qu’en me voyant jouer, elle devait voir toute l’attention que je pouvais donner pour briser cette apparence de colosse lourdaud. Mon violon n’émettait jamais de son strident, tel des pleurs de souffrance, mais un son délicat, tendre et harmonieux. Après tout, qu’aurais-je été, moi fils de luthier pour faire souffrir un instrument de la sorte ? Je stoppais finalement ma réflexion un peu trop longue pour reporter mon regard sur cette sublime nymphe. Ma main vient rencontrer doucement sa joue pour y déposer une caresse avant de retourner sur sa taille.

« Alors je te laisserais parcourir les vertes pleines de mon pays aussi souvent que je jouerais des mélodies pour toi, pour bénir tes oreilles d’une clémence musicale. Tu m’offres ta présence, ta grâce, tes caresses, c’est la moindre des choses de te rendre la pareille à ma manière. Je ne suis qu’une machine d’acier et d’organe, mais je ferais tous les efforts du monde pour me montrer méritant d’une telle attention de ta part Emerentia. Je préfère être un bon amant des notes qu’un mauvais homme. Et puis tu sais, passer pour le méchant et la brute en te faisant garder ton image de femme délicate et superbe, ça n’a au final rien de dérangeant pour moi. Ne disparais simplement pas de mes bras ma chère harmonie, je veux que la fille du vent ici présente, m’offre autant de plénitude et de beauté qu’elle acceptera de m’en donner. »
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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Jeu 21 Mai - 18:11


Vent & Acier au grès des notes.
Passer un moment, là, dans l'herbe, au creux des bras du cyborg, c'était là un plaisir simple, un plaisir que je m'accordais sans honte ni gêne après les derniers jours de torture. Bien malgré sa présence fréquente et sa surveillance attentive, nous n'y pouvions ni lui ni moi grand chose au fait que les dernières générations trouvaient inutile la musique. Ils aimaient l'écouter dans leurs oreilles, enregistrée et modifiée, usée et ré-usée, vidée de sa nature, mais étaient trop paresseux pour tenter d'apprendre à produire de pareils sons. Les chanteurs et chanteuses populaires avaient la voix aussi fausse que leur apparence, il y avait effectivement là de quoi se lâcher. Les efforts semblaient inutiles, vains, dans un monde qui avait été corrompu de nombreuses inventions de l'humanité qui, au lieu de l'unir, la divisait en classes. Et chaque personne possédant de meilleurs moyens que son voisin avait dé lors le droit de regarder de haut ce dernier. Et c'était quelque chose que je n'avais jamais su aimer. Cette rareté des biens leur donnait leur importance, mais cette même importance nichait dans les cœurs humains la jalousie et l'envie. Des sentiments que les nymphes, fruit d'une vie qui ne changea jamais, bien qu'elle ne fut jamais la même non plus d'une année à une autre, ne connaissaient que de très loin. Nos maux, faisant échos à nos chants, aux notes que nous produisions d'une façon ou d'une autre, se perdaient là, dans l'air, emportés par le vent qui nous en délivrait. C'était notre façon d'oublier, de guérir, peu importe combien les blessures pouvaient être profondes. Et par chance pour nos proches, cette capacité à régénérer les fibres imaginaires qui tissaient les émotions ne s'arrêtait pas à notre propre corps. Elle s'étendait jusqu'à eux, dans une délicatesse incomparable qui parvenait à adoucir tout coeur rêche. Atalante, que j'appréciais énormément, profitait lui aussi de cette béatitude, de cette euphorie silencieuse qui faisait vivre nos êtres.

Je connaissais combien il devait être difficile pour lui d'être accepté comme autre chose qu'une vulgaire machine par ses camarades, que je me retenais avec une bonté divine de nommer congénères parce que je ne voyais pas non plus mon musicien comme un animal. L'humanité, hélas, n'était pas peuplée que de bonnes âmes, et les créatures dont je faisais partie n'étaient pas toujours mieux non plus. Les années que nous avions tous passé éloignés les uns des autres avaient parfois été jusqu'à créer des rivalités toutes désuètes mais qui nous collaient à la peau comme une seconde identité. Les clichés n'arrangeaient pas non plus les affaires de nos peuples. Les vampires était vus comme des êtres aux cœurs gelés, qui suçaient le sang des mortels afin de se nourrir, ils seraient incapables de vivre de jour. Les lycanthropes étaient pour leur part affublés de la réputation de roublard sans cervelle alors que certains, bien que soumis à de forts instincts, étaient très intelligents sous leur apparence humaine. Il était difficile de distinguer la vérité dans tant d'affabulations et c'était bien le soucis. Certaines caractéristiques, réelles malgré d'être répandues à l'aide de rumeurs, ne s'appliquaient pas toujours à l'entièreté du peuple. Il existait des variantes çà et là, parce que la nature ne donnait jamais deux fois la même vie. Elle décidait d'accorder à deux personnes la même race, la même nature, mais les vies étaient encore si distinctes. Chaque individus, chaque créature, était le jumeau d'un de ces camarades. Identiques à l’œil, mais en réalité si différents. Les nymphes respectaient elles aussi ce choix de la Nature. Nous étions donc très proche, sœurs liées par les émotions que nous pouvions nous partager d'un simple regard,  nous n'en étions pas moins des êtres à part entière qui avaient leur propre caractère, leurs propres passions et aversions. Je ne pouvais donc pas simplement lié Atalante aux clichés que l'on accordait aux robots. Il n'en était un qu'à moitié à mes yeux, et ce n'était encore que son corps. Son esprit était encore intact, sain, il demeurait humain. Et je voyais en lui tant de fragilités. Si les poings ne savaient l'atteindre, les mots pouvaient encore certainement fendre à l'intérieur de lui ses murailles de résistance. Peu importe qu'il soit plus grand, plus fort, il n'en restait pas moins un petit garçon pour moi.  

Et, malgré d'être nichée entre ses bras, je ne le trouvais pas plus solide pour autant. La force délicate avec laquelle il me gardait contre lui, comme s'il ne voulait pas que je m'enfuie, me fit sourire discrètement. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser à Fei, à ses yeux qui avaient su se remplir de maturité. Atalante lui ressemblait beaucoup, bien que leur physique soient diamétralement opposés. Après tout le cyborg était blond là où mon petit protégé avait toujours eu des cheveux à la couleur de l'encre. Je me souvenais de l'époque où il avait décidé de les laisser pousser un peu, pour tenir tête aux plaisanteries fades de ses propres. Bien vite son respect des coutumes et traditions lui firent couper ses cheveux, et j'avais beaucoup ri de cette obéissance enfantine. Dans les différents pays que j'avais traversé au début de ma vie, Atalante aurait pu être vu comme efféminé, car ses cheveux étaient relativement longs. En réalité, à l'époque actuelle ce n'était plus un soucis, certains hommes ayant même des cheveux plus longs que moi, mais il fut un temps où les cheveux longs furent signe de faiblesse. Alors même qu'ils avaient été signe de noblesse par le passé. Les Humains étaient de vraies girouettes, après tout. Et j'avais du, non sans mal, suivre les changements de leurs avis, sans cesse différents. Voir Atalante si fidèle à lui-même, si inchangé depuis que je l'avais rencontré était aussi quelque chose chez lui qui adoucissait mes heures, bien que celles-ci aient perdu de leur importance avec les années. L'une de ses mains remonta et, du coin de mes yeux écarlates j'observais avec calme le geste paisible qui vint finalement déposer une caresse contre ma joue. Son toucher froid me fit frissonner, rire tout bas, et alors que sa main retournait avec son bras à ma taille, je gardais ce léger sourire content aux lèvres. Les siennes s'agitèrent à nouveau, et, fermant les yeux, je l'écoutais à nouveau avec sagesse, patience, suivant le flot de ses mots comme les vagues de l'océan jamais plus fortes que les précédentes :

« Alors je te laisserais parcourir les vertes pleines de mon pays aussi souvent que je jouerais des mélodies pour toi, pour bénir tes oreilles d’une clémence musicale. Tu m’offres ta présence, ta grâce, tes caresses, c’est la moindre des choses de te rendre la pareille à ma manière. Je ne suis qu’une machine d’acier et d’organe, mais je ferais tous les efforts du monde pour me montrer méritant d’une telle attention de ta part Emerentia. Je préfère être un bon amant des notes qu’un mauvais homme. Et puis tu sais, passer pour le méchant et la brute en te faisant garder ton image de femme délicate et superbe, ça n’a au final rien de dérangeant pour moi. Ne disparais simplement pas de mes bras ma chère harmonie, je veux que la fille du vent ici présente, m’offre autant de plénitude et de beauté qu’elle acceptera de m’en donner. »

Je voyais courir dans ses phrases de nombreux sujets différents. Mais celui qui demeura le plus longtemps dans mes pensées fut le fait qu'il parle de prendre la peine de passer pour une brute à ma place. Ma nature m'accordait un pouvoir dévastateur. Si nous les nymphes pouvions faire courir le vent où bon nous semblait, nous pouvions aussi le dérober et pousser les gens à la mort, les privant de leur souffle. Atalante tenait cependant si gentiment à ce que mes élèves me voient toujours comme une sage dame, une dame paisible. Mon caractère changeait, connaissant hauts et bas, mais la personne qui faisait preuve de force et d'une poigne littéralement d'acier, c'était bel et bien lui et non moi. Les premières fois qu'il s'était glissé dans ma salle pour me débarrasser d'un élève irrespectueux, je n'avais pas apprécié le geste. J'avais l'impression qu'il sous-entendait dans cette action que je n'étais pas apte à faire preuve d'autorité. Puis, le temps faisant, j'avais fini par reconnaître qu'il n'avait agit que dans mon intérêt. Et le voir apparaître dans ma salle de classe finit presque par devenir un plaisir car je savais qu'avec lui non loin personne ne se montrerait rebelle face à moi.

« Quel charmant petit homme tu fais, Atalante. Tes mots ne cesseront jamais de me plaire je crois. Ils portent tes bonnes intentions et me rassurent toujours si bien. Mais détrompe-toi, c'est moi qui ai un honneur en t'ayant à mes côtés. Car, à cet instant précis, je ne suis pas entre les bras de la machine mais de l'homme. N'aies pas peur de me voir disparaître, je suis bien trop agréablement installée pour vouloir m'esquiver à ton étreinte. »

Pourtant, les minutes s'écoulant, le vent, jaloux, fit tourner les nuages. Et lorsque ceux-ci se heurtèrent, allégeant l'air d'une fraîcheur singulière, je rouvrais les yeux. Une gouttelette tomba alors sur mes cheveux de jade, avant que de nombreuses autres ne la rejoignent. En quelques minutes, il s'était mit à pleuvoir averse et, me redressant, je soulevais les instruments à l'aide du vent, incapable de retenir un rire amusé de cette situation cocasse. Emportant Atalante de mon mieux par la main, après l'avoir invité à se relever à son tour, je nous installèrent sous un arbre, un peu en contre-bas des collines qu'il nous fallu descendre avec une hâte certaine. Et, à l'abri, je riais encore, reposant le violon et la harpe sur l'herbe par chance sèche sous les feuillages. Voilà qui me servirait de leçon, à aller soupirer dans les bras d'un autre homme que mon plus grand amour ! En tournant la tête vers Atalante, décalant d'un geste ample des mains qui s'étaient mises à coller à mon visage, j'en faisais de même pour lui et lui souriait avec tendresse, embêtée de n'avoir pas senti la pluie venir tant mon esprit avait vagabondé. Il avait au moins le doux pouvoir de me distraire. En baissant finalement la tête, j'éloignais légèrement le tissu du bas de ma robe de mes jambes, trouvant désagréable qu'il se colle là et tenta de faire souffler un vent chaud pour nous sécher. Mais la pluie fut emportée dans l'élan et nous détrempa à nouveau alors que, malgré d'être gênée, je riais encore. Je me sentais comme une enfant, à faire tant de maladresses. Retournant bien vite au regard de l'ancien luthier, je m'asseyais sous l'arbre, entre quelques racines.

« Voilà qui nourrira la terre. Elle en a bien besoin. Ne me demande pas comment cela se fait-il que je n'ai pas senti venir la pluie, après tout ce sont tes douces paroles qui ont chanté dans mon esprit. Et le vent en a profité pour me punir de mes soupirs, murmurais-je avec une légère joie, tournant bien vite la tête vers le paysage pluvieux. Mais voyons, vous savez bien que je n'aime que vous, mon doux trésor ! »

Un coup de vent souffla à nouveau, nous éclaboussant de la pluie qui se pencha à ce mouvement et, éclatant d'un rire léger, je repoussais mes cheveux dans mon dos, rapportés au-devant de mes épaules par la plaisanterie du vent. Relevant le visage vers Atalante, je tapotais d'une main une place contre l'arbre près de moi, repliant de mon autre main la traîne pour qu'elle ne dépasse pas trop et ne risque pas d'être détrempée.

« Je suis désolée. Notre humour est un peu particulier. Mais c'est toujours là bien mieux que d'aller soulever les jupettes des  demoiselles, tu ne crois pas, mon petit Atalante ? »

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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Lun 25 Mai - 18:41

Vent et acier aux grès des notes
 J'avais, du temps de mon humanité aimait la paix qui pouvait régner dans l'atelier de mon père devenu également le mien. Nous n'avions jamais de client mécontent et la renommé de notre boutique avait parcouru plus d'une ville. Nous n'étions pour beaucoup pas simplement un luthier et son fils, mais bien deux magicien du bois. Deux hommes capable de transformer le bois en une création que les dieux les plus adroits n'auraient peut-être pas pu égaler. Je disais bien peut être, car je ne me plaçais pas au-dessus des divinités qui régissaient bien des croyances autour de moi. Je ne savais pas tellement si moi-même je pensais si souvent que je devais le faire aux êtres qu'on m'avait dit, roi et reines au-dessus des cieux. Je me disais simplement qu'ils avaient sans doute une existence, mais qu'on devait malgré tout me le prouver. Cette paix, ce calme dont j'avais été séparé pendant plusieurs années avaient décidé de revenir aux côtés de la belle Emerentia. Il parcourait le vent avec elle et n'était jamais bien loin quand je retrouvais la sublime nymphe dans un moment de complicité sans mots trop haut ou gestes trop brusques. Nous avions tous les deux, cette étrange capacité à apaiser les maux de l'autre. Même si nos regards n'avaient pas la même raison, cela n'empêchait pas la professeur et moi-même d'entretenir une relation des plus proches. Aussi proche qu'elle pouvait l'être contre mon torse à l'heure actuelle à vrai dire. Je n'avais pas peur de les briser sous ma force, car je savais la contrôler, mais je ne voulais pas qu'ils en profitent trop. Voire qu'ils s'en accommodent facilement. J'étais surveillant dans Chrysalis et je devais donc garder une certaine contenance et une réputation solide pour éviter que les élèves ne prennent trop d'aise avec moi. Il en prenait déjà bien assez comme cela, alors autant ne pas envenimer les choses.

« Quel charmant petit homme tu fais, Atalante. Tes mots ne cesseront jamais de me plaire je crois. Ils portent tes bonnes intentions et me rassurent toujours si bien. Mais détrompe-toi, c'est moi qui ai un honneur en t'ayant à mes côtés. Car, à cet instant précis, je ne suis pas entre les bras de la machine, mais de l'homme. N'aies pas peur de me voir disparaître, je suis bien trop agréablement installée pour vouloir m'esquiver à ton étreinte. »

Elle disait me trouver rassurant, mais par ses mots, c'était elle qui venait de mettre au clair le fait qu'elle ne quitterait pas mes bras. Je savais qu'elle ne s'obligeait à rien auprès de moi alors je pouvais la croire sur parole. Je me pensais que nous allions rester un long moment rien qu'elle et moi sur le sol, au calme en se regardant, en se souriant comme deux amants, mais un invité fit rapidement son entrée : le vent. Il semblait que le temps lui-même me faisait comprendre qu'il ne tolérait que très peu ce rapprochement que je pouvais avoir avec la divine Emerentia. Ainsi, au fil des minutes plusieurs gouttes chutèrent sur nous avant qu'un véritable averse se déclenche nous trempant bien rapidement. Je pouvais alors voir la belle enseignante s'extirper de mon étreinte agréable pour soulever dans un rire les instruments et me prendre par le bras. Ce son doux et féminin qui avait quitté sa gorge aurait pu briser la muraille de confiance et de fierté de bien des hommes, pour les rendre aussi dociles qu'un chiot. Pour ma part, j'aimais tout bonnement l'entendre que ce soit d'une respiration d'un rire ou d'une parole. Je me retrouvais bientôt de nous sur mes jambes, à dévaler la colline avec la nymphe aussi rapidement que possible en riant moi aussi de la situation. Il fallait avouer que nous avions été pris au dépourvu comme deux amants dans un jardin finalement public. Nous étions maintenant en contrebas, sous un immense arbre, le corps légèrement mouillé par la pluie et les vêtements collant. Je fixais mon propre torse et en constatant que ma chemise n'avait plus l'air qu'autre chose que d'un morceau de tissu totalement trempé, je la retirais en gardant mon tee-shirt de corps. Il n'avait pas été atteint par la pluie et je me considérais donc comme chanceux. J'avais bien senti les mains de la belle m'ôter de l'eau alors que bientôt la pluie redoublait de présence. J'avais clairement énervé le vent et il me punissait aussi durement que possible. Dommage que la douce Emerentia avait été emportée dans la chose. Je pouvais apercevoir la peau exquise et sans aucun doute très tendre des cuisses de la nymphe, malgré tout, je gardais mon regard au niveau de son visage au maximum.

« Voilà qui nourrira la terre. Elle en a bien besoin. Ne me demande pas comment cela se fait-il que je n'aie pas senti venir la pluie, après tout, ce sont tes douces paroles qui ont chanté dans mon esprit. Et le vent en a profité pour me punir de mes soupirs, mais voyons, vous savez bien que je n'aime que vous, mon doux trésor ! »

Elle était maintenant assise sur une des immenses racines de cet arbre qui me rappelait le chêne que possédait ma famille, même si ce dernier ne devait plus exister depuis. J'avais reçu une seconde vague de pluie comme pour me dire de reculer, ce que je faisais sans tarder. En jetant un regard sur nos instruments posés sagement dans un coin, au sec, je retournais vers Emerentia. Elle semblait toujours aussi ravissante même les cheveux trempés, sa traine humide et écrasé contre sa peau et les joues rouges comme le charbon brûlant. N'y avait-il pas quelque chose qui pouvait briser cette magnificence si éternelle chez cette femme ? Enfin à part le manque crucial d'air pur comme pour moi. Il était évident que n'importe quel homme aurait pu lui obéir sans aucune hésitation et la suivre guidé par le bout du nez. Je ne la considérais pas comme manipulatrice loin de là. Je constatais simplement que si elle avait voulu, le monde aurait pu lui manger dans la main. Malgré tout, comme moi qui aurait pu écraser bien des gens sous ma force, elle restait humble et elle-même. Nous possédions des arguments puissants, mais nous préférions la simplicité des mots et des gestes. Je l'entendais encore une fois rire de la situation comme de la réponse du vent lui-même. Son premier et seul amour de toujours en somme. Je me demandais de mon côté si la petite Minka n'avait pas été ce premier amour non avoué et étrange, mais je ne savais pas quoi en dire finalement.

« Je suis désolée. Notre humour est un peu particulier. Mais c'est toujours là bien mieux que d'aller soulever les jupettes des demoiselles, tu ne crois pas, mon petit Atalante ? »


Je ne pouvais pas retenir mon rire sonore et joyeux à l'encontre de ses mots. Il était évident que je préférais encore finir totalement trempé que de courir après les femmes comme le roi des idiots. Je n'avais jamais eu une grande notion de comment aborder une femme, mais les voir comme du gibier n'était clairement pas la chose la plus intelligente du monde. Je m'avançais vers la nymphe pour m'asseoir du mieux possible en faisant malgré tout grincer légèrement le bois sous moi, du fait de mon poids. Je faisais deux cents kilos, et même avec la plus grande des minuties, je ne pouvais pas faire disparaitre cette masse imposante. Je croisais légèrement les bras avant de poser l'une de mes mains sur le bois près de celle de la nymphe sans pour autant la prendre dans la mienne. Mon regard se posait alors sur le ciel non sans rire de nouveau avec beaucoup de joie alors que l'eau ruisselait légèrement sur ma peau et mon tee-shirt de corps encore présent. Si j'avais été seul, il aurait été évident que je l'aurais retiré, mais je n'étais pas là pour faire un strip-tease à cette chère Emerentia aussi divine soit-elle. Alors en soupirant légèrement, je laissais mes yeux se refermer en posant ma tête contre l'arbre pendant que la pluie était encore là. Je me disais qu'elle allait persister un long moment et que j'avais besoin de me caler sur un objet solide. Je passais ma main libre sur mon torse alors que certaines parties subissaient malgré tout l'agression de l'eau, me tirant une grimace bien visible de la nymphe sans nul doute.

« Oui, il est clair que ma chère harmonie du vent que l'eau est mieux que de courtiser lourdement une femme. Malgré tout, je dois t'avouer que cette dernière est en train de mettre en alerte plusieurs parties de mon torse et je pense qu'un aide de ta part ne serait clairement pas refus. Pourrais-tu ma chère faire en sorte de faire sécher cela ? J'ai l'impression qu'on me tirer l'abdomen avec d'immenses tenailles et cela n'a rien de bien agréable...»
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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Jeu 28 Mai - 16:03


Vent & Acier au grès des notes.
Pensiez-vous le vent sérieux, strict et mature ? Si vous le voyiez ainsi, vous aviez tout-à-fait tord. Il aimait se glisser çà et là, parfois avec malice, et taquiner ses filles comme un père jouant à souffler sur la dent-de-lion que sa progéniture avait gardé pendant des heures durant à l'abri de toute brise. Joueur, c'était là un enfant capricieux qui ne souhaitait pas que l'on lui enlève ce qu'il avait de plus cher. Et, comme bien d'autres fois déjà, les murmures qu'il me glissait aux oreilles m'amusaient. Je me sentais, sur l'instant, comme une adolescence courroucé par son parent parce qu'étant rentré trop tard d'une sortie quelque peu... imprévue. J'étais réprimandée, à la façon de notre humour singulier, d'une pluie diluvienne. Mais ce n'était pas réellement ce qui m'inquiétait le plus. En réalité, la pluie me plaisait même beaucoup, elle rafraîchissait l'air et nourrissait les plantes pour qu'elles prospèrent malgré l'invasion humaine de leurs terrains. Non, ce dont je me souciais le plus, en réalité, c'était encore une fois bel et bien d'Atalante. Un cyborg, un être composé de tant de câbles et fibres lançant l'électricité qui devait l'encourager à se mouvoir, ne devait pas aimer la pluie. Et je n'avais aucunement envie qu'il ne me laisse voir un court-circuit. Je ne savais pas si cela lui aurait été fatal ou non, mais je n'avais pas hâte de connaître une réponse à cette question.

Bientôt le jeune homme vint s'asseoir à mes côtés, faisant craquer le tronc de l'arbre qui ne semblait pas approuver son poids. Eh bien, mon vieux, toi qui a tant vécu, pourquoi geindre d'un si petit effort ? Un peu de courage, voyons ! Je ne retenais pas un petit rire amusé, bien que très discret, à la pensée qu'Atalante n'était pas quelqu'un que j'aurais pu défaire du sol aussi simplement qu'il pouvait le paraître. Plus d'une fois, j'avais entendu des assises pleurer sous son poids, et je le plaignais en partie. Ce ne devait pas être simple pour lui de dormir, de trouver des endroits où s'installer sans craindre de ne tout briser. Mais il profitait au moins de l'avantage d'être comme immunisé au coup de presque tout le monde. Après tout, si quelqu'un avait levé la main sur lui, je doute qu'il puisse en souffrir. J'aurais presque de la compassion pour ce personnage imaginaire, qui souffrirait pour sa part certainement assez pour ne plus songer à répéter cette hérésie. En un sens, j'aimais Atalante tout autant pour sa simplicité, son humanité, que ce qu'il était devenu et qui me fascinait. Son corps représentait à lui seul le développement du monde, ses progrès, tant de choses auxquelles je ne comprenais malgré moi pas grand chose. J'avais suivi les époques, avais voyagé et fait le tour de ce monde si petit en réalité, mais mon coeur et mon âme restaient tout deux attachés à mon ère comme pour insister encore un peu plus sur ma vieillesse. Beaucoup de femmes n'auraient pas aimé que l'on leur fasse remarquer leur âge, mais je m'imposais ces dires de moi-même. Je savais que, quoi que je puisse tenter, je ne serais jamais qu'une sorte de relique mouvante. Les autres voyaient en moi la majesté d'un temps oublié et dont les légendes n'étaient plus que murmurer pour effrayer les enfants dissidents.

L'une de ses mains se glissa près de la mienne, l'effleurant à peine, et je souriais à nouveau avec tendresse, bien que loin de son regard incroyable. Certains de ses gestes, minuscules, avaient pourtant pour moi une signification immense. Bien des hommes, dû à ce physique inchangé malgré les années, avaient tenté de me faire la cour, et ce peu importe les époques que j'avais traversées. Les façons avaient souvent été différentes, mais le but n'en restait pas moins le même, et c'était bien la partie de cette parade attrayante que je trouvais décevante. Atalante, je le savais parce que mon coeur me le disait ainsi, n'avait pas la moindre arrière-pensée. Son esprit, aussi clair que l'eau de là d'où je venais, ne m'était ni familier ni étranger, et j'arrivais pourtant, parfois, à m'y glisser, comme pour tenter de comprendre ses gestes. Même si, au fond de moi, je les comprenais déjà bien plus que je ne voulais bien me l'avouer. Il ne m'ennuyait pas, bien loin de là, mais j'avais cette peur toujours présente de finir par me lasser de lui, peu importe combien je pouvais l'apprécier. C'était un délicieux personnage, avec lequel je passais des moments tout aussi délicieux, mais l'âge m'avait rendue fade en mon intérieur, et je ne m'émerveillais hélas plus de grands-choses. Chloé, qui était encore une jeune sylphe, trouvait encore la magnificence partout où son regard divin savait se poser, et c'était elle qui me communiquait la joie dont j'avais besoin pour ne pas dépérir d'un mal que l'on appelait paresse. Je tentais, tant bien que mal d'ailleurs, de me montrer digne de cette vie si longue, d'en tirer tout ce que j'étais capable d'en tirer, mais mes sœurs qui avaient disparues me manquaient désormais énormément. Leurs rires, qui ne me parvenaient plus aux oreilles, ne m'ennuyaient plus. Peut-être qu'en fin de compte, je les avais appréciés, trouvant une certaine joie à pouvoir m'en plaindre. Quoi qu'il en soit, je n'étais moi non plus pas capable de remonter le temps.

Je glissais mes doigts contre ceux du cyborg qui avait fermé ses yeux, m'empêchant de voyager à nouveau dans ce royaume cybernétique que j'imaginais en lui, et le regardais avec attention passer l'une de ses mains contre son torse, au-dessus du tissu de son t-shirt. Bien que je n'en ai pas parlé jusque là, il fallait avouer que sa tenue était agréable. J'ignorais purement et simplement si c'était une part qui avait été amélioré à sa modification ou non, mais Atalante était un bel homme, qui portait des marques de force qui avaient le don de faire tourner mon esprit malgré moi. Il grimaça, un court instant, et déjà mon regard restait figé, fixé, refusant de bouger. La complexité de son visage m'attirait à nouveau, la façon dont, même s'il semblait incapable de bouger, celui-ci se mouvait pourtant afin de lui créer des expressions était terriblement intrigante. Et ce même si je savais que, si l'on m'avait expliqué son fonctionnement, je n'aurais pas pu compris qu'au début le réel travail qui avait dû être fait sur lui. Fermant à mon tour les yeux, tentant d'ignorer une goutte d'eau qui glissa de mes cheveux jusqu'à rouler sur ma paupière et s'immobiliser au bout de mes cils légèrement courbés, je l'écoutais à nouveau me parler :

« Oui, il est clair ma chère harmonie du vent que l'eau est mieux que de courtiser lourdement une femme. Malgré tout, je dois t'avouer que cette dernière est en train de mettre en alerte plusieurs parties de mon torse et je pense qu'une aide de ta part ne serait clairement pas de refus. Pourrais-tu ma chère faire en sorte de faire sécher cela ? J'ai l'impression qu'on me tirer l'abdomen avec d'immenses tenailles et cela n'a rien de bien agréable...»

Il pouvait donc sentir la douleur... C'était fascinant. Je rouvrais les yeux, chassant de mon esprit cet aspect mécanique de lui. C'était un homme ! Et au-delà de ce corps que je ne parvenais pas à décrire, il existait un coeur, et bien d'autres organes qui devaient être encore plus ou moins intactes. Je me refusais donc à l'idée de le voir simplement comme une machine, peu importe combien cela pouvait me rendre curieuse. Il ne me voyait pas que comme une brise, une sorte de longévité du vent uniquement, il me voyait comme une femme à part entière, je me devais de lui renvoyer ce respect, même s'il n'était que doucement sous-entendu sous mes réactions parfois à la limite du maternel. Entrelaçant mes doigts aux siens, l'air de rien, je faisais courir par mes manches larges un courant d'air chaud, bien qu'il me coûta légèrement des couleurs de mes cheveux. Je savais que la pluie et la proximité de la nature me les rendraient presque instantanément, ce n'était donc pas là une réelle source d'inquiétude. Le vent roula, soufflant contre lui afin de tenter d'assécher les goûtes d'eau qui s'était glissé contre son torse et, lorsque je fus certaine que pas une n'avait été oubliée, je me laissais légèrement tomber sur le côté. Bientôt, des mèches à la couleur de l'émeraude s'étendant pour coller contre la naissance de ma poitrine, je posais ma tête contre le côté de son épaule, sagement, et fermais à nouveau les yeux.

La pluie était partie pour durer longtemps, mais ça ne me gênait absolument pas. Avec une pareille averse, personne n'irait se risquer dehors, il était donc évident que je pouvais profiter de ce moment où nous n'étions que tout les deux l'un auprès de l'autre. Bien que l'air ait été frais, à la limite d'être froid d'ailleurs, ça ne me dérangeait pas. Posée contre son épaule, je me détendais, profitant uniquement du clapotis régulier de gouttes d'eau qui glissaient contre une feuille avant de tomber, non loin, pour rejoindre la terre. Le son de la pluie, délicat, m'enchantait. Les nymphes des eaux, quelles qu'elles soient, avaient ce pouvoir magnifique d'agiter la pluie, et dans une collaboration attentive, nous étions, nous les sylphes, celles qui dirigeaient l'angle de chute de ces eaux. Mais la vieillesse, encore une fois, et les années depuis lesquelles je n'avais plus jouer avec la pluie, me rendait bien incapable de recommencer ce travail qui était pourtant, quelque part, tout le sens de mon existence. Bien malgré d'être une sylphe, je n'en vivais pas les jours. Les humains, depuis longtemps, avaient trouvé une façon de créer du vent, un mouvement lié à lui, et rares étaient ceux qui reconnaissaient encore notre travail. Nous avions été oubliées, utilisées un temps puis jetées. Il ne nous restait désormais plus qu'à vivre une vie, ma foi, bien sommaire.

« Eh bien, mon doux petit, te voilà pris au piège de la pluie et du vent avec une nymphe. Je crains que l'averse ne dure un moment. Si tu as d'ailleurs encore besoin de mon aide afin de ne pas me glisser entre les doigts, n'hésite pas à me le demander., je marquais une pause, une léger moment, venant me rouler légèrement sur le côté, tirant de ma main de libre un peu sur ma robe afin de ne pas exposer à nouveau mes cuisses et reprenais. Et, pour faire passer le temps, si tu le veux bien, raconte-moi ton histoire. Dis-moi d'où peut bien venir un pareil musicien. »

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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Ven 29 Mai - 16:01

Vent et acier aux grès des notes
Ma carcasse d'acier, de chair et de circuit restait contre l'arbre qui craquait encore sous ma masse et je retenais alors un long soupir en gardant les yeux clos. Je ne pouvais ignorer que je sentais les doigts de cette femme sans pareille sur les miens dans une étrange intimité et une fine tendresse. Je ne courtisais pas Emerentia, mais dans mes gestes à son égard, dans mon attitude, on devait sentir que je la voyais bien au-dessus d'autre. Après tout, je m'étais bien souvent vu comme une immense machine, un ordinateur capable de se mouvoir et muni d'un cerveau muni surdéveloppé par la robotique. Ma mémoire des souvenirs, des paroles, des événements ou des mots avait été décuplée au centuple sans que je n'y puisse quoi que ce soit. J'avais maintenant la capacité de parler plusieurs langues qui dans mon humanité aurait été un mystère sans fin pour moi. J'apprenais de tout et de rien sans avoir besoin de faire de grands efforts. La seule chose que je devais encore retrouver parfaitement était mon talent au violon. Au contraire du savoir, ce don inné, même l'unité centrale que j'avais greffée littéralement sur la cervelle, ne pouvait le développer. J'étais né avec cette capacité à user de cet instrument de bois comme s'il avait été un prolongement littéral de ma propre personne. Il était un Atalante de bois, de corde et de notes, muet, mais puissant entre mes mains. J'étais fier d'avoir pu le retrouver, lui ce vestige des Dwight, ce bijou que peu de luthiers actuels auraient été capables de reproduire à l'identique sans y ajouter de vulgaires défauts indignes de notre métier. Même moi, dans mes moments de calme et de temps libre, je n'avais été capable avec toute la masse cybernétique de mon corps de faire un résultat concluant. Ce violon était un trésor unique, aussi précieux et inégalable que la beauté de la nymphe. Et même sans avoir de grandes croyances, je devais avouer que dieu seul savait jusqu'où une telle magnificence pouvait avoir ses limites.

Auprès d'elle malgré ce que je pouvais être, je me sentais inférieur sans vraiment lui dire. Elle était comme une mère, une amante, une amie. Je savais qu'avec tous les voyages qu'elle avait pu faire, tout ce qu'elle avait dû voir et entendre, elle possédait des connaissances que les circuits dans mon crâne ne savaient ne serait que reproduire. J'emmagasinais les choses aux alentours sans aller vraiment loin. Étant donné que je n'avais quitté ma mère patrie que pour venir à l'académie, le temps d'apprentissage par rapport à celui de cette sublime muse était ridicule. Elle avait visité le monde, vue diverses civilisations, quand je ne pouvais dire que des choses matérielles sur le monde que je pensais connaitre. Je ne lui en voulais pas, et même si cela témoignait encore une fois de l'âge que pouvait avoir Emerentia, elle restait la reine d'un vent que je trouvais si chaleureux. Je savais dans un coin de ma tête et de mon cœur que si elle avait été lassée de moi, elle ne se serait pas forcé à venir me voir si souvent. Elle devait avoir une certaine peur que je partageais vis-à-vis de cela. Il n'aurait pas été étonnant qu'un homme faire d'une chair véritable et non d'un corps composé également de circuits et d'acier soit préférable à moi. Pourtant, je devinais que c'était dans cette différence que résidait l'intérêt de la nymphe envers moi. J'étais un cyborg, l'un des seuls existants en sa présence. On ne pouvait pas croiser comme bon nous semblait mes confrères et consœurs que j'avais si souvent cherché en vain. Ce fait d'être unique, rare était finalement la force la plus visible chez moi. Une force qu'elle avait aimée dès la première fois, même si je lui avais surtout montré des gestes brutaux et peu avenants. Une femme telle que l'harmonie du vent ne jugeait jamais le monde sans avoir avant réfléchi un peu à la chose. Elle avait vu par-dessous la carapace d'argent et de boulot pour y voir des organes et surtout un cœur bien humain. Après tout, j'aurais pu devenir hautain en me sachant plus fort, plus rapide ou plus cultivé que d'autres, mais comme tous, j'avais des failles, des défauts. Je n'allais pas bafouer mon humanité en agissant contre mon propre libre arbitre. J'étais un homme dans un coquille robuste, mais au cœur plus tendre qu'un baiser.

Alors que les doigts d'Emerentia avaient tout d'abord frôlé ma peau suite à ma demande quelque peu grimaçante, j'avais pu sentir ses derniers s'entrelacer aux miens lentement. Elle me signalait clairement par ce geste qu'elle allait m'aider et non me laisser dans un état pareil. Sans que je ne puisse prévoir la suite, je sentais une brise légère, mais aussi chaude qu'un feu de camp, lézarder mon torse avec plénitude. L'eau semblait peu à peu s'évaporer de mon poitrail pour mieux le laisser au sec. Même si je n'avais pas rouvert les yeux, je devinais que comme toujours quand elle usait de son don, la couleur si étrangement magique de ses cheveux avait dû ternir. Cela n'enlevait rien à sa beauté et je me rappelais lui avoir avoué non sans audace que même les cheveux décoiffés, vêtue d'un simple sac de Jute, elle aurait encore pu être la plus belle. Un rire toujours aussi divin de sa part avait suivi mes mots, ce jour-là et une légère caresse était venue sur ma joue. Je sentais que la belle nymphe venait se reposer un peu contre moi dans une douceur bien à elle. Je savais que je pouvais parfois lui demander un peu de son aide, puisqu'elle recevait bien souvent la mienne dans ses cours. Nous étions ensemble cette poigne de fer dans un gant de velours, où quand elle parlait avec calme pour mettre les choses au clair, je savais renvoyer dehors les opportuns se pensant mieux qu'elle. Je ne supportais pas ce manque de respect, alors j'agissais, toujours en demandant d'un regard son accord. Je n'avais jamais agi autrement que dans le sens que l'enseignante après tout. Au final, et si être sous un arbre, sous une pluie battante était suffisant pour profiter d'un moment qui n'aurait sans aucun doute aucun désordre ? Il n'y avait qu'une nymphe dont l'âge n'enlevait rien de cette perfection et un cyborg dont le cœur était bien souvent plus humain que l'humanité elle-même. Un duo étrange, mais fusionnel sans vraiment se le dire.

La pluie avait donc continué pendant que le vent farceur et taquin avait quant à lui prit la poudre d'escampette. Je savais qu'au moins, pour n'avoir égoïstement que pour moi Emerentia, c'était le cas. Personne n'allait se risquer à braver l'intempérie bien présente mise à part pour finir trempé jusqu'aux os, déprimé et dans un état ridicule. La respiration de la nymphe, le bruit d'un vent très léger dans les feuilles puis les gouttes qui alourdissaient ces dernières avant de retourner sur le sol froid et humide, tout cela était si apaisant. La musique avait le don d'adoucir les mœurs, mais elle était bien souvent inspirée de ce que la nature pouvait offrir. Un peu de tranquillité, un abri de la pluie, et même un siège tour cela dans un arbre qui se dressait à la face du monde comme la nymphe et non en fait. À la seule différence, que nous étions tout de même plus discrets que ce vieux soldat d'écorce et de feuille dominant le bas de la colline. Je sentais une légère fraîcheur qui était venue en même la pluie. Ce n'était pas désagréable, mais je devinais malgré tout que tôt ou tard, je devrais tendre à la belle femme du vent, un humble bout de tissu pour ne pas la voir grelotter. Au contraire de bien des humains, l'acier et les circuits m'apportaient une certaine chaleur constante, sans avoir besoin de me couvrir plus que de raison. Il était rare de me voir en pull à col roulé même en hiver ou encore avec des gants aux mains. Souvent, ces dernières respiraient même la chaleureuse caresse qu'Emerentia ne se refusait pas. Une caresse que je ne faisais pas dans un geste levers, déplacé, mais toujours dans une tendresse que je ne lui aurais jamais refusée. J'ouvrais alors les yeux et sans vraiment le vouloir apercevait une partie des cuisses sans nul doute très délicate de la nymphe.

« Eh bien, mon doux petit, te voilà pris au piège de la pluie et du vent avec une nymphe. Je crains que l'averse ne dure un moment. Si tu as d'ailleurs encore besoin de mon aide afin de ne pas me glisser entre les doigts, n'hésite pas à me le demander. Et, pour faire passer le temps, si tu le veux bien, raconte-moi ton histoire. Dis-moi d'où peut bien venir un pareil musicien. »

Je tendais la main d'un geste ample pour récupérer ma chemise, qui part le vent de la douceur femme du vent avait-elle aussi sèche en même que mon torse, pour la déposer avec élégance et dans un geste attendrissant sur les épaules de la belle enseignante. Je ne pouvais pas la laisser attraper froid quand bien même j'ignorais si cette divine reine de l'air pouvait ou non subir la maladie. Je préférais prévenir que guérir comme disait le proverbe. Je constatais qu'elle voulait en apprendre plus sur moi, sur cet homme qui avant de devenir machine était un humain parmi ses frères. Je réfléchissais en posant mon regard si étonnant dans le sien alors qu'un sourire se plaçait sur mon visage d'albâtre. Plusieurs de mes cheveux blonds, en bataille avaient fini mouillés, écrasés mon crâne me donnant un air un peu mal réveillé. Je me permettais alors un geste que je ne faisais que très rarement avec qui que ce soit, mais qui malgré tout arrivait avec elle. Je constatais qu'elle voulait en apprendre plus sur moi, sur cet homme qui avant de devenir machine était un humain parmi ses frères. Je me doutais que les rougeurs apparaissant sur nos visages respectifs avaient une signification identique que je ne commentais pourtant pas. Que ce soit de la gêne, de la joie d'un geste plus intime ou juste de la surprise, cela n'avait rien de négatif. Je prenais alors un visage d'homme songeur en essayant de remettre en ordre tous les souvenirs de mon passé puis gardait mon regard contre le sien.

« Le musicien dont tu aimes tant la musique et avec qui rester sous les flots de mère nature n'a rien d'un calvaire, vient d'une ville d'Écosse bien connue à travers le monde, puisqu'il s'agit de Glasgow. J'y ai vécu pendant de nombreuses années avec mes parents et mon grand frère Anoss. Au début, on ne peut pas vraiment dire que j'avais été voulu et Anoss me le faisait bien comprendre. Il était déjà un boxer de renom donc je n'avais pas tellement de quoi faire bonne figure. C'est un soir, après pas mal d'année, que j'ai assisté à son combat et à sa mort... Il est mort dans mes bras et mes agresseurs ont cru bon de me cribler de balle. C'est ainsi que ton petit protecteur d'acier et d'organe est devenu ainsi. J'espère que tu ne m'en veux pas pour le baiser, je crois que j'avais besoin d'un peu de courage pour parler de ça sans verser une larme sincèrement. C'est sans doute égoïste, mais je souhaite que la pluie dure pour mieux t'avoir longtemps près de moi Emerentia.»
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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Mer 3 Juin - 13:38


Vent & Acier au grès des notes.
Le surveillant et moi avions une relation bien particulière. Une relation que ma presque aversion des hommes n'atteignait pas et qui me laissait profiter sans un quelconque mauvais sentiment de sa tendresse, de sa gentillesse à mon égard. Je savais que les années creusaient une abîme entre nous, comme elles se plaisaient à le faire avec un peu tout le monde, mais nos moments complices, que ce soit dans la musique ou bien simplement dans la présence rassurante que nous trouvions l'un dans l'autre, charmante réciproque, étaient toujours parfaitement orchestrés par le hasard. Je ne pouvais pas me considéré comme réellement chanceuse, pour le tragique destin qui avait été celui de mes sœurs et qui avait entaché mon existence par la même occasion. Mais avoir rencontré Atalante en venant sur cette île mouvante était tout de même une chance que je ne contestais pas. Chloé, qui avait quelques fois déjà entendu parler de cet homme robotique n'avait pas fait de commentaire, comprenant certainement qu'être, pour moi, proche d'un homme était une exception. Mais je savais que, de l'extérieur, quiconque aurait pu croire que ce petit homme était mon amant. Quelque part, au fond de mes pensées, je trouvais certainement cela amusant. Peu m'importait ce que pouvaient en dire les autres, il n'y avait que lui et moi à savoir la vérité, la réalité, comme si nous gardions ensemble un secret d'enfant. Suivant mes mots, le cyborg tendis le bras, la main, pour attraper sa chemise et la déposer sur mes épaules. Et, remontant la main qui avait retenu ma robe, je venais tirer un peu le tissu pour qu'il ne tombe pas et ne risque pas d'être emporté par le vent. En profitant de cette délicate attention, bien que le froid ne m'encombre pas, je songeais au fait que les vêtements d'hommes avaient l'avantage incroyable d'être terriblement confortables. Je n'aurais jamais été m'habiller d'un pantalon, à mon époque ç'aurait été là un affront, mais les hauts de mes anciens amants avaient plus d'une fois fini sur mon dos, que je me noie dans leur odeur, dans leur confort comme s'ils étaient encore posés sur ma peau. M'échappant à nouveau des souvenirs comme une onde dissidente au creux de l'océan, je me mettais à écouter à mon tour les sons que ses légers mouvements propageaient dans l'air, dans le bruissement de l'herbe sous nous.

Sa tête, se tournant vers la mienne légèrement, j'eu l'occasion plaisante de fondre mes fins yeux rubis dans les siens. Quelque chose, sous ma poitrine, sauta un battement et, ce coeur, surprit, le fut bien plus encore quand son visage se rapprocha du mien. Tranquille en apparence, je n'en étais pas moins troublée par le geste que j'attendais comme si je savais qu'il était inévitable. Ce n'était pas mauvais, ce n'était pas mal, mais je n'osais simplement pas le provoquer de moi-même alors que nous étions si sagement posés ici. Quelque part, j'avais certainement craint de ne créer un malaise. Mais désormais qu'Atalante lui-même venait le chercher, je ne pouvais que me laisser porter par sa volonté, m'y pliant pour en profiter tout autant que lui. Et, bien que cela ne dura que quelques secondes à peine, j'eu l'impression, dès lors que ses lèvres furent assoupies sur les miennes, que le temps s'était arrêté. Si je m'étais écouté, j'aurais certainement passé les bras autour de son cou, gardant ce délice qui donnait l'impression que mes lèvres, chauffées, palpitaient au rythme des battements du réceptacle de mon âme. Mais je n'en fis rien, me contentant de regarder droit dans ses yeux, sans une quelconque méchanceté, sans malice. Que l'on trouve cela étrange ou non, je n'avais jamais aimé clore les yeux à un baiser. Je trouvais bien plus complice encore de garder les yeux ouverts, de regarder si près cette personne provoquant ce rapprochement gentillet. Et, Atalante, loin d'être déplaisant à regarder, n'échappait pas à cette vilaine habitude. Mes yeux sur lui, le dévorant pour chaque centimètre de son visage que j'avais le droit d'observer, finirent par s'en détacher pourtant. Et, toujours posée contre son épaule, je laissais retomber les rideaux qu'étaient mes paupières et qui achevaient cette pièce de théâtre qu'était notre instant ensemble, soupirant discrètement, légèrement, de l'aise que sa compagnie m'apportait. Mes joues, si tendrement, s'étaient colorées d'un léger rougissement alors que, me sentant comme mise à nue dans la vivacité de mes émotions, j'esquissais un doux sourire. Je n'avais pas de raison de me cacher, c'était si bien ainsi.

« Le musicien dont tu aimes tant la musique et avec qui rester sous les flots de mère nature n'a rien d'un calvaire, vient d'une ville d'Écosse bien connue à travers le monde, puisqu'il s'agit de Glasgow. J'y ai vécu pendant de nombreuses années avec mes parents et mon grand frère Anoss. Au début, on ne peut pas vraiment dire que j'avais été voulu et Anoss me le faisait bien comprendre. Il était déjà un boxer de renom donc je n'avais pas tellement de quoi faire bonne figure. C'est un soir, après pas mal d'années, que j'ai assisté à son combat et à sa mort... Il est mort dans mes bras et mes agresseurs ont cru bon de me cribler de balle. C'est ainsi que ton petit protecteur d'acier et d'organe est devenu ainsi. J'espère que tu ne m'en veux pas pour le baiser, je crois que j'avais besoin d'un peu de courage pour parler de ça sans verser une larme sincèrement. C'est sans doute égoïste, mais je souhaite que la pluie dure pour mieux t'avoir longtemps près de moi Emerentia.»

Quelle surprise. Mes pommettes, à nouveau, se coloraient. Et je me sentais comme une adolescente face à son premier coup de foudre. Atalante n'en était pas un, ou peut-être pas dans le sens auquel tout le monde aurait pensé, mais il avait la capacité spéciale et unique de me mettre à l'aise, de m'émouvoir, de me secouer de sentiments que j'avais cru avoir enfoui pour me préserver de la douleur. Il était si simple de me cacher derrière un sourire qui n'inquiétait pas ma douce protégée, qui n'intriguait personne. Le surveillant, duquel je tentais de cacher tout les obscurité de ma longue vie, parvenait encore à me faire faire des bonds dans le temps. Et, mes doigts encore entrelacés aux siens, je bougeais légèrement mon pouce contre le côté du sien dans une caresse à peine perceptible, lente et distraite. Ce n'était pas courant que l'ancien humain, que je considérais toujours comme tel en réalité, m'appelle par mon prénom. A travers les âges, chaque bonne âme, chaque bon coeur qui avait croisé ma route m'avait donné un nom différent, il n'y avait presque toujours eu que mes sœurs pour me nommer Emerentia. Un prénom en réalité bien vieux lui aussi. Sortant de mes observations diverses, et de mes émotions toutes variées, je faisais tourner en boucle dans mon esprit l'histoire qu'Atalante venait de me raconter. Il était donc... Presque mort au moins une fois. Charmante existence. Je ne pouvais plus m'empêcher d'imaginer cette scène qui, seule vraiment décrite, me semblait avoir une importance cruciale. Et pourtant, je voulais en apprendre encore un peu plus sur cet amant de la musique, cet amateur de notes, au-delà de ce qu'il lui était arrivé, je voulais découvrir ce qui, dans son existence humaine ou bien cyborg, avait pu le rendre aussi appréciable.

Sans prévenir, après tout il n'avait pas demandé pour m'embrasser, c'était là une discrète vengeance malicieuse sans vilenie, je me laissais glisser de son épaule avant de me redresser un peu, m'asseyant sur le côté par rapport à lui pour finalement m'allonger sur le sol, ma tête posé contre l'une de ses cuisses. Ce n'était pas vraiment confortable, mais j'avais connu bien pire encore, et c'était Atalante, je n'avais donc pas de raison de me plaindre. Et, replaçant de ma main de libre sa chemise au-dessus de moi pour qu'elle ne craigne pas de toucher le sol et de peut-être se salir, je relevais l'autre bras vers les feuilles de l'arbre pour jouer avec ses doigts, les emmêlant presque avec les miens pour quelques minutes avant de les abandonner sur ma joue. Je frottais doucement celle-ci contre sa paume, contre le dos de sa main en la tournant, cherchant une légère caresse alors que mes yeux, toujours clos, imaginaient déjà à l'intérieur de leur voile noir qu'était mes paupières combien cette scène était en réalité presque romantique. Tout deux assit sous un arbre, si bien placée pour ma part, alors que la pluie nous empêchait de rentrer nous abriter. Il y avait de quoi en glousser. Finalement, rouvrant les yeux vers son visage que je distinguais malheureusement difficilement à cause de l'angle, je m'arrangeais d'une main, l'amenant à sa joue, pour orienter son visage vers moi et répondre à tout ses mots.

« Ne t'inquiètes pas pour ce baiser. Quant à la pluie, doux Atalante, elle nous sert d'excuse, mais si elle s'arrêtait sur l'instant, je ne partirais pas pour autant... J'aimerais qu'un jour tu saches combien ta compagnie m'est agréable. Mais les mots ne savent hélas pas décrire ce genre d'émotion. Il en était déjà ainsi lorsque je suis venue au monde et je doute qu'un jour un quelconque langage parvienne à décrire à la perfection ce qui nous semble parfois si confus à nous-même. Sache simplement que je ne m'envolerais pas, je ne disparaîtrais pas. Tout du moins, tant que tu auras la gentillesse de me caresser. »

Je ne pouvais, à nouveau, pas retenir un petit rire soulevant mon poitrail d'un souffle vital. J'étais là bien taquine envers lui, mais je savais qu'il ne m'en tiendrait pas rigueur. C'était ma façon d'être certaine que lui non plus ne partirait pas, bien que cela ai pu être bien plus complexe de toutes façons. Atalante était jeune, mais il avait une nature paisible. Parfois, c'était peut-être cette partie de lui, ravissante, qui m'inquiétait aussi le plus. Je ne parvenais pas à distinguer, sur la ligne de l'horizon, dans les chemins tordus que prenait le temps, quand il me laisserait seule, quand il penserait enfin à vivre comme cette seconde chance le lui autorisait. Je tenais réellement à ce qu'il fasse tout un arc-en-ciel de ses jolies couleurs, je tenais à ce que quelqu'un d'autre tombe en amour pour les notes qu'il savait si bien jouer. Mais j'avais l'inquiétude que l'on ne me prenne ce petit être qui, malgré de m'être si différent, était comme un poussin que je gardais sous mon aile. Je ne le trouvais pas fragile, loin de là, mais je le trouvais précieux. Tout le monde sur cet île ne pouvait pas aimer les sylphes, les nymphes en général, et Chloé vivait la vie que je lui avais demandé de vivre. Je ne pouvais désormais plus me plaindre du silence qui m'entourait le plus souvent, un silence que je m'efforçais de briser en jouant. Peut-être étais-je la plus capricieuse, la plus égoïste, en réalité. Je n'aimais pas le bruit, l'agitation, mais le silence et le calme plat m'ennuyaient. Quelle drôle de personnalité.

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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Jeu 11 Juin - 15:34

Vent et acier aux grès des notes
Je me voyais dans ma plus tendre enfance, assis devant le cerisier dans le jardin de mes parents. Au soleil, en train de voir mon frère si souvent muet, s'entraîner avec rage sur un sac de frappe. Même si le contexte actuel différait en de nombreux, la plénitude et le calme qui régnait étaient similaire. Je savais qu'être aux côtés de cette sublime femme du vent dont personne n'aurait pu contredire la beauté représentait un privilège qu'elle ne donnait pas à beaucoup de monde. Je me sentais en un sens flatté sans pour autant en avoir les chevilles qui enflent. Je partageais la vie et la journée d'une enseignante, que peu, connaissait de la même façon que moi. Je profitais malgré tout pour l'heure de sa présence, sous cette pluie qui semblait avoir pris notre partie dans une innocence et un calme bien claire. Elle m'avait sauvé d'un disfonctionnement il y a peu et maintenant reposé contre mon bras dans un air bien paisible, elle n'en était que plus belle. Je devais m'avouer à moi-même que dans un moment de faiblesse, j'aurais très bien pu me laisser envoûter au point de m'amouracher de cette femme si divine. J'avais remarqué après mon audace qu'elle n'avait faite que le prolongement un moment comme pour mieux en profiter. C'était un bon point de savoir qu'elle ne repousserait pas un éventuel baiser de ma part, même si son jumeau ne se faisait peut-être jamais voir. J'osais peut-être plus facilement avec elle qu'avec beaucoup d'autres personnes, mais l'audace comme tout avait ses limites. Je voulais pouvoir rester avec elle assez longtemps pour laisser chez cette nymphe un souvenir même infime de ma présence. Pas que je souhaitais marquer le monde de mon existence, mais au moins mon entourage de ce que j'avais pu être auparavant, maintenant et plus tard.

Peu à peu, je sentais la douce harmonie du vent se glisser de mes bras vers le sol dans une grâce bien à elle. Une finesse dans les mouvements qui démontrait à quel point l'alizée, la brise et le souffle chaud de l'air étaient depuis toujours le prolongement de sa personne. Elle surpassait la beauté de la nature, l'agilité d'un chat et elle était en partie à moi. Elle n'était pas mienne, je n'avais ni son cœur ni sa vie ou tout du moins pas tout le temps. Malgré tout, je me permettais bien souvent de la sortir d'une étrange torpeur de nostalgie par la musique que j'instillais dans ses oreilles avec le plus grand des respects. J'ignorais si je méritais véritablement toute l'attention que la nymphe pouvait m'accorder et encore moins si j'avais le droit de vouloir parfois un peu plus d'attention encore. Je continuais de suivre son mouvement de mes iris robotique en n'ignorant pas ses formes malgré moi, ce qui m'amenait quelque rougeurs. Si la mort pouvait me permettre de connaitre une divine demoiselle comme Emerentia, j'aurais presque voulu être pourfendue encore une par la mort. Ce devait être, peut-être le plus gros de mes aveux et une grande partie de folie dans cette délicatesse et cette propreté sur moi, mais je ne pouvais être parfait. Rien que ma différence entre la chair et l'acier faisait de moi un étrange hybride sans même l'avoir voulu. Une créature qui sous les yeux de la nymphe n'avait rien de repoussant ou d'étrange. Pour elle, j'étais son musicien attitré, un petit homme qui savait si souvent lui redonner cette dose de joie qui remettait en ordre sa magnificence. Qui aimait tant la voir dans ses couleurs et la grande forme. Je sentais donc sa main contre la mienne, mais aussi son regard chercher le mien avec malice. J'aurais pu être à bien d'autre endroit à m'ennuyer, alors être là avec Emerentia était une belle récompense.

« Ne t'inquiètes pas pour ce baiser. Quant à la pluie, doux Atalante, elle nous sert d'excuse, mais si elle s'arrêtait sur l'instant, je ne partirais pas pour autant... J'aimerais qu'un jour tu saches combien ta compagnie m'est agréable. Mais les mots ne savent hélas pas décrire ce genre d'émotion. Il en était déjà ainsi lorsque je suis venue au monde et je doute qu'un jour un quelconque langage parvienne à décrire à la perfection ce qui nous semble parfois si confus à nous-même. Sache simplement que je ne m'envolerais pas, je ne disparaîtrais pas. Tout du moins, tant que tu auras la gentillesse de me caresser. »

Je ne pouvais alors que sourire à ses mots, elle qui m'invitait donc à continuer de la flatter de mes vers, de mes caresses avec gentillesse. Au final, elle ne cherchait comme moi qu'un moment où pouvoir, souffler, se sentir elle-même sans réfléchir à la personne face à elle. Elle me voyait sans aucun doute plus comme un enfant que comme un véritable adulte au point de souvent me couver, mais je ne la repoussais pas. J'avais eu une belle enfance, jusqu'à la mort de mon frère et la mienne prématurée. Je n'avais manqué de rien, je n'avais jamais rien eu contre mes parents ou du moins de façon permanente. Emerentia complétait un peu la tendresse interne dont j'avais besoin et qui sans aucune arrière-pensée pouvait sublimer notre relation. Elle m'avait avoué plus d'une fois ne pas savoir comment agir avec les hommes en général, sauf avec moi. J'étais une exception de muscle et de métal dont elle se passait très rarement. Pas que je me voyais comme indispensable pour cette nymphe, mais il était évident que me voir et m'avoir près d'elle avait de quoi lui redonner du baume au cœur. Quand je jouais ce n'était pas simplement le vent que je sentais vibrer, mais bien l'enseignante toute entière, entrainée par ma mélodie sur un nuage de bien-être. C'est ainsi que je prenais maintenant l'habitude depuis peu, en sachant que je croiserais la douce femme, de me munir de mon violon. En cas de colère, de dépression ou même de mauvaise santé, un brin de musique pouvait sans aucun doute lui redonner la forme avec délicatesse. Je glissais alors lentement mes doigts robotiques et libres dans ses cheveux d'une couleur si étonnante. J'aurais cru parcourir enfant les herbes des grandes collines d'Écosse, en riant, les mains dans l'herbe en souriant avec joie. Il m'arrivait même de me demander si la nymphe ne m'avait pas clairement suivi depuis mon plus jeune âge à travers le temps et par le vent. Comme une ombre apaisante ou une séraphine surveillant son protégé avec tout son amour.

Son amour, je ne le ressentais pas forcement que par ses mots ou ses gestes. Sa réaction vis-à-vis des élèves, vis-à-vis de Chloé, tout montrait que chez Emerentia le monde qui l'entourait aussi vaste et connu à ses yeux, restait en partie très précieux. Elle avait un comportement par moment très étrange aimant la paix que je lui offrais comme le son de mon instrument. Une sorte de calme dans la joie et la musique en somme. C'était un peu paradoxal quand on savait que j'avais toujours essayé enfant de ne pas être trop visible et bruyant pour les oreilles de mes géniteurs. Je laissais mes yeux dans les siens avant de relever le regard vers mon violon et sa harpe. Ils étaient là non loin l'un de l'autre, comme nous et séchait. Un instrument massif et de corde tenue qui siégeait près d'un corps aux formes féminines et aux cordes plus fragile. Une métaphore inversée de la belle et de moi puisqu'elle possédait l'instrument le plus imposant quand j'avais pour ma part la plus forte de nos deux statures. C'était encore une preuve que même sous toute la douceur, la féminité et la grâce d'Emerentia se cachait un pouvoir qui m'aurait fait décoller du sol et déchanté aussi facilement que si j'avais été un fétu de paille. Heureusement, ce qu'elle demandait de moi n'était pas mon départ, mais bien toute mon attention. Je penchais lentement le visage pour venir embrasser par deux fois son front avant de m'adosser de nouveau à l'arbre. Un moment où un jeune merle, encore un peu fébrile, mais qui se secouait avec joie pris pour se poser sur mon épaule. Je ne pouvais retenir un rire à le voir faire, quand sans le vouloir ma main filait des cheveux à la joue avant d'atteindre maladroitement le décolleté de la nymphe. Je retirais après un temps d'arrêt ma main du buste de la muse dans un air entre l'embarras et la peur de subir bientôt son courroux. J'avais clairement été trop loin dans les caresses, même si le geste avait été clairement involontaire. J'entendais encore l'oiseau piailler, mais je n'avais pas tellement l'envie ni la motivation de le faire bouger. Je soupirais en détournant un peu le regard de la nymphe avant de l'affronter de nouveau. J'entendais le vent souffler un peu plus fort dans les feuillages ce qui n'annonçait rien de bon.

« Le baiser soit, mais ce que je viens de faire va, je pense beaucoup moins passer... Je ne voulais vraiment pas Emerentia enfin chère harmonie du vent... C'était involontaire dû à un petit moment d'égarement à cause d'un petit Merle... Oh, je me sens mal de ce que je viens de faire... Ne pars pas même après ce que tu as dit et ce que j'ai fait s'il te plaît... Si besoin demande moi de me faire pardonner... Pourquoi je sens que je vais finir sous des trombes d'eau...? »
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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Mer 17 Juin - 10:32


Vent & Acier au grès des notes.
J'aurais pu reculé. Revenir sur mes paroles et m'enfuir comme si mon existence avait été mise en danger par sa simple présence. Après tout, si j'avais le pouvoir de pouvoir affecter ses circuits, Atalante aurait bien pu me briser en deux d'une simple étreinte. Et pourtant, je ne craignais rien de lui. Je ne voyais en lui aucune menace, comme s'il avait été en face de moi un enfant dont les parents auraient lâché la main. Il me semblait encore perdu, égaré, comme s'il n'en était encore qu'à se chercher, tentant tant bien que mal de trouver dans ce corps artificiel quelque chose d'authentique qui n'aurait pas souffert ce changement qui avait été opéré sur lui. Plus les minutes passaient, douces de ses embrassades à mon front, douces de ses caresses à mes cheveux, plus je souhaitais que le temps s'arrêta. La pluie aurait pu durer éternellement que ça n'aurait nullement dérangé. J'étais bien, là, à ses côtés, dans un calme qui était si souvent perturbé à l'académie par la vie tumultueuse des adolescents mais aussi parfois des membres du personnel et des professeurs. Bien que plus vieux pour les deux derniers, ils n'en avaient pas moins des existences parfois troublées de milles maux qu'ils ne savaient guérir qu'en en discutant avec les autres. Non pas que je n'aima pas la faculté de l'humanité à se montrer avenante envers son prochain, son confrère, mais il fallait avouer que parfois c'était bien quelque chose qui me dépassait, que je ne parvenais pas à suivre.

Par chance pour moi, Atalante était quelqu'un de discret. Bien que les notes de son violon me semblèrent capables d'atteindre mes oreilles peu importe où il pouvait se trouver dans l'académie, certainement parce que le vent me portait ses douces paroles muettes, il n’émettait jamais trop de bruit. Quelques fois les sons mécaniques de ce corps créé, amélioré, m'amusaient, me surprenaient, mais Atalante en lui-même était quelqu'un qui aurait presque pu me sembler timide, ou tout du moins timide face à moi. Jamais je ne l'avais entendu se plaindre de son existence, alors que je savais pertinemment qu'il devait y avoir plus simple que de vivre dans une enveloppe aussi pesante. Pour lui, tout devait être minutieusement calculé, qu'il n'abîme rien, ne blesse personne. Et c'était certainement tout cette douceur attentive qui m'émerveillait le plus. C'était un homme, ce que j'avais toujours prit pour l'incarnation même de la force à l'état brute du monde, et pourtant il me cajolait comme si j'avais été faite de verre et de porcelaine. Dans ces gestes, je pouvais voir, sentir, toute cette précision qu'il s'imposait. Et lorsque sa main bifurqua, tombant au beau milieu de mon décolleté, bien évidemment, j'en fus étonnée. Je ne m'attendais pas vraiment à un tel geste de la part d'Atalante et, ouvrant un peu plus mes fins yeux rubis, je l'observais, cherchant une explication qu'il me fournit bien vite, un air terriblement embarrassé mais aussi légèrement inquiet au visage.

« Le baiser soit, mais ce que je viens de faire va, je pense beaucoup moins passer... Je ne voulais vraiment pas Emerentia enfin chère harmonie du vent... C'était involontaire dû à un petit moment d'égarement à cause d'un petit Merle... Oh, je me sens mal de ce que je viens de faire... Ne pars pas même après ce que tu as dit et ce que j'ai fait s'il te plaît... Si besoin demande moi de me faire pardonner... Pourquoi je sens que je vais finir sous des trombes d'eau...? »

De quoi avait-il peur de la sorte ? Sa main, après quelques instants à avoir paresser, s'était retirée de ma poitrine et son regard, qui m'avait fuit par préoccupation, avait finit par me revenir avec encore une fois aussi peur d'assurance. J'esquissais un léger sourire, tournant mon regard vers le merle, minuscule, fragile, qui s'était posé sur cette masse d'acier, d'or, d'argent, de tant de choses précieuses qui, à mes yeux, ne faisaient cependant pas la vraie valeur d'Atalante. Et en revenant bientôt le regarder, je bougeais l'un de mes bras pour attraper la main qui avait préféré s'esquiver à mon contact. Le vent soufflait un peu plus, mécontent, mais ce n'était pas assez pour m'inquiéter et, pleine de compassion pour cet homme qui ne devait pas avoir souvent l'occasion de profiter de gentillesse, j'invitais sa main à retourner à sa place, l'y posant sagement. Le visage relevé vers lui, des mèches vertes glissant des coins de celui-ci pour glisser vers l'arrière, je ne bougeais pas plus de ma place, la tête toujours posée contre sa cuisse et caressais d'un geste légèrement distrait, bien que pas moins attentionné, le dos de sa main. Je n'aimais pas les hommes, ils n'étaient plus pour moi que des rustres ne sachant affirmer leur "supériorité" que par la force. Mais le surveillant n'avait jamais un mot plus haut que l'autre, il n'avait toujours fait qu'aller en mon sens, m'aidant et m'assistant parfois pour faire face aux quelques élèves perturbateurs. Songeuse, je fermais peu à peu mes paupières, décidant de dessiner sous le voile opaque de celles-ci le contour du visage du cyborg que je tentais d'immortalisé dans mon esprit vagabond.

« C'est doux, n'est-ce pas ? Chloe aime y dormir. Le soir, elle se glisse souvent à mon côté, m'entoure de ses petits bras et repose sa tête contre mon sein comme si elle n'avait même pas cent ans. »

Ma main gardant sa caresse sur le dos de la sienne, je tentais de me convaincre que l'idée qui tournait dans ma tête n'était qu'une idiotie passagère. Et, ignorant encore la plainte capricieuse du vent qui tentait de faire se pencher la pluie pour nous détremper, je remercierais en silence l'arbre qui nous en protégeait, témoin secret de ce moment de complicité si peu attendue. Parce qu'il fallait bien l'avouer, ce n'était pas la première personne avec laquelle quiconque aurait pu m'imaginer passer du temps. L'on attendait certainement toujours des nymphes qu'elles ne soient accompagnées que de belles personnes, des personnes délicates et disciplinées, mais il n'y avait que le corps d'Atalante à ternir ses qualités, celles-ci restaient intactes, défendues de tout, défendue par mes mots, mes gestes parfois. Je savais que j'étais peut-être trop affectueuse avec lui, que je me changeais peut-être en une sorte de mère poule, mais c'était devenu ma nature. J'avais failli, à de nombreuses reprises, perdre Chloe, et j'avais été emmenée au loin de toutes celles que je connaissais, celles que j'aimais tant m'ayant été enlevées par l'humanité et ses idées folles. Je ne voulais pas perdre Atalante de la même façon, et regretter ensuite de ne jamais lui avoir suffisamment prouver combien je pouvais tenir à lui. Mes yeux se baladant de sa main à son visage, je le regardais, mon visage trahissant certainement cette mélancolie qui colorait mes mots d'une tendresse protectrice et bienveillante.

« Aimerais-tu... Aimerais-tu t'y reposer un peu, mon trésor ? »

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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Dim 28 Juin - 16:05

Vent et acier aux grès des notes
Je pensais que mon quart de bonheur, de paix et tranquillité aurait prit fin, pourtant la réaction de la belle nymphe fut des plus étonnante. Moi qui m'étais attendu à recevoir une gifle ou du moins, une remontrance pour mon geste quelque peu audacieux sur son généreux buste, elle n'en fit rien. Je sentais clairement son regard quitter le mien pour observer avec gentillesse le merle posé sur mon épaule avec pas mal de courage. Nous devions, l'oiseau et moi offrir à la douce enseignante un spectacle digne d'une épopée mythologique. C'était la flagrante scène d'un frêle volatile joyeux sur l'épaule d'un massif et puissant cyborg. En un sens, nous étions la preuve que la nature et la robotique pouvaient s'harmoniser sans discorde, car après tout, je n'avais pas touché au merle et lui ne bougeait pas de ma chair et de mes alliages. Alors que je pensais ne pas retrouver avant un moment le regard de la magnifique femme du vent contre moi, ses iris si intenses rejoignirent tendrement les miens dans une contemplation mutuelle. Je ne pouvais nier que bientôt ma main se retrouva de nouveau contre la délicatesse peau de cette femme avec la totalement approbation de cette dernière. Je sentais mes joues se rougir comme la lame brûlante d'une épée sortant de la forge pour être façonnée. Je comprenais bien vite que ce contact quand bien même très intime ne dérangeait aucunement la nymphe. Elle m'invitait très clairement à y laisser ma main et je ne pouvais décemment pas refuser cela. Je manquais cruellement de tendresse, de présence, je n'avais pas le droit de le nier et elle voulait avec affection m'en apporter. Je ne savais malgré tout pas quoi faire et je retenais mon envie de lui voler un baiser en guise de remerciement pour son attention.

La douceur, l'attention comme celle dont pouvait faire preuve la sublime enseignante m'avait manqué pendant tant d'années. Je devais avouer que j'en avais même presque perdu la nuance au fil du temps. J'avais remarqué ce détail lors de la mort supposée de mon frère et la mienne par la même occasion. Après avoir été remit sur pied sous forme d'une machine d'acier et de chair, je n'existais plus en tant qu'homme. Le jeune Atalante Lysander Dwight avait succombé sous les balles et siégeait maintenant dans une tombe. On pouvait se dire que par ma mort prématurée, j'avais acquis une liberté, mais dans le même temps, ma propre identité n'existait plus aux yeux de l'humanité entière. J'étais un fantôme qui n'était sur cette terre que pour continuer sa triste existence. J'avais le droit de me plaindre et bien des raisons de le faire, mais le simple fait que des êtres tout bonnement divin comme Emerentia, s'occupe de moi me poussait à ne pas le faire. Elle ne me donnait pas seulement sa compagnie, mais aussi ses mots, les caresses, les douceurs et son amour. Il était évident que mesure ce dernier ne m'aurait pas été des plus simple, alors je préférais me dire qu'elle tenait assez à moi pour agir ainsi. Je ne la forçais pas à rester contre moi, à me demander de l'attention, des caresses ou encore à me materner comme elle savait si bien le faire. J'étais en quelque sorte son enfant, son compagnon, son ami, son allié, son amant et son protégé. Je n'avais aucun doute sur le fait qu'elle puisse se courroucer si on venait à en vouloir à ma vie au point de tuer. Elle n'en aurait clairement pas été fière, mais elle l'aurait fait pour moi, pour me sauver. En un sens, nous nous rendions toujours les choses de quelque façon que ce soit comme dans une équité parfaite. Alors que je sortais lentement de mon songe, je ne pouvais ignorer la magnificence de la femme, de la muse, de la reine du vent contre moi. Elle avait une beauté dont il n'y avait aucun mot suffisamment puissant. Malgré tout, je devinais qu'elle allait s'adresser encore à moi pour m'offrir de doux mots.

« C'est doux, n'est-ce pas ? Chloe aime y dormir. Le soir, elle se glisse souvent à mon côté, m'entoure de ses petits bras et repose sa tête contre mon sein comme si elle n'avait même pas cent ans. »

Mes joues trahissaient mon envie d'y apposer des caresses ou simplement mon visage comme elle m'y invitait quelque peu. L'invitation n'était pas explicite, mais j'avais très bien compris que même si la petite Chloé m'aurait étripé pour oser demander à siéger ma joue contre le sein de son modèle, j'avais malgré tout ce droit. Je respirais aussi calmement que possible en sentant la tension accumulée pendant mon moment de frayeur par mon geste audacieux, retomber lentement. Je me sentais soulager de savoir que même si j'avais bien trop osé, cela n'avait pas un seul instant décontenancé la belle nymphe. Je me disais qu'elle avait dû en voir des énergumènes aussi rustres que lourds dans sa vie. Je devais être à des années-lumières de leur manière déplacées en ayant simplement frôlé l'une des collines d'Emerentia. Ma main se trouvait encore contre elle et je me retenais également de commencer à caresser de façon assez insistante son sein sans savoir si j'en avais clairement le droit. Je m'interrogeais sans doute bien trop vis-à-vis de mes gestes envers elle, mais je ne pouvais m'en empêcher. Elle était l'une des seules femmes que je côtoyais dans l'établissement et l'entente avec les autres avaient de quoi être assez étrange. Entre cette dénommée Mayhem dont l'anatomie propre avait de quoi me déstabiliser clairement du fait de ne pas être habitué à avoir cela et Lula dont la franchise n'avait d'égal que sa sympathie, j'étais plutôt bien entouré. Pourtant, pour ces deux dernières, je ne pouvais rien demander ni tenter pour le simple fait que je ne m'en sentais pas la force. J'aurais pu les briser d'un geste maladroit sans même le vouloir et s'il en aurait été de même avec la nymphe, quelque chose changeait. Au départ, je n'avais pas forcément compris, mais pourtant cela était évident. L'audace de l'Ondine ou la franchise trop poussée de la Kitsune ne m'était pas vraiment agréable à la longue, à la différence de la douceur permanente de la nymphe.

« Aimerais-tu... Aimerais-tu t'y reposer un peu, mon trésor ? »

Mes joues prenaient encore plus de couleur à ses mots qui confirmait ce que j'avais pu penser auparavant. Je m'apprêtais à lui répondre, mais également à avancer mon visage vers le sien pour l'embrasser quand un craquement bien sonore me faisait me mettre en garde. Mon geste fut in extremis du fait d'une partie de mon attention captivée par Emerentia. Je tendais donc au dernier moment mon bras qui coupait la trajectoire d'une branche massive tombant du haut de l'arbre. Entre le poids que j'estimais de cette dernière, sa taille et la pluie, je me doutais que sa chute étaient inévitable. Je grimaçais un peu en sentant que la gravité avait imposé sur la branche une force suffisante pour éprouver mon bras robotique. Je le fixais et y voyais un renfoncement ainsi que quelque fils en dépassant. Pour couronner le tout, dans mon élan, j'avais fini par chuter avec Emerentia sur le sol, nous mettant dans une position bien gênante. J'étais maintenant entre ses cuisses, au-dessus d'elle et le visage bien près du sien. Je cessais de lutter contre mon envie et en reposant plus longuement ma main sur son sein, je venais m'emparer de ses lèvres un moment avant de la regarder doucement. Même surprise, avec un peu de boue et d'eau sur elle, sous moi, elle restait vraisemblablement la plus belle de son genre. Au point de bien souvent me troubler assez pour me faire m'interroger sur ma passion pour elle. Malgré toute cette gêne, je devais bien sûr lui répondre dans la plus grande des politesses et des tendresses.

« Je sais que je me montre de plus en plus audacieux au fil des jours que nous passons ensemble, mais j'aimerais plutôt y reposer mes mains ou mes lèvres vois-tu... Je ne sais pas vraiment ce que je fais, et même si la douleur de mon bras est bien présente, tes caresses, tes baisers, ta magnificence pourraient bien me faire tenir. Veux tu bien t'occuper encore une fois de ton trésor, qui sauras te le rendre aussi divinement que tu le voudras...? Je suis fou, suicidaire ou que sais-je encore, mais on ne peut rien se refuser n'est-ce pas ? »
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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Jeu 23 Juil - 21:21


Vent & Acier au grès des notes.
Atalante était une perle. Une perle rare, un trésor à garder jalousement. Mais qui étais-je pour seulement le vouloir ainsi ? Du haut de mes quatre cent ans, j'étais l'arbre qui a vieilli, qui a vu, entendu, et qui ne bouge désormais même plus sous les caresses du vent. Ma vie semblait s'être figée dans le temps et, lassée, s'écoulait dans une ronde immuable. Je ne voyais plus les gens sous le même angle, ils ne me semblaient plus avoir de secrets malgré toute l'attention que je portais au fait de tenter de me convaincre du contraire. Je connaissais l'Homme comme s'il avait été issu de mes propres flancs. Je connaissais sa colère, son avarice, sa gourmandise, sa paresse. Plus rien ne m'échappait. Mais Atalante était si différent, si singulier, que je me perdais malgré moi à lui donner tout ce que j'aurais rêvé que l'on me donne.

Mes sœurs m'avaient aimée, elles m'avaient toujours toutes protégée, veillée, mais, les yeux aveugles, les oreilles sourdes, je n'avais jamais rien remarqué de toute leur bienveillance. Et, égoïste, capricieuse, je n'avais eu de cesse de me plaindre de leur présence avec le plaisir de pouvoir le faire. Désormais, j'étais seule. Seule dans ce tout petit monde qui ne me surprenait plus, seule dans ce monde où je devais encore feindre d'être épatée pour satisfaire ma protégée. Chloe vivait, elle respirait l'innocence, la candeur, elle n'était touchée par aucun mal, ne comprenait même pas le sens de la mort. Quelle belle plaisanterie, en prenant en compte son âge. Mais je voulais la préserver. Je voulais que ses yeux ne quittent jamais leur cocon comme un être se berçant à l'infini dans la chaleur de l'enfance où tout semble nous sourire. Qui serait-elle, si elle venait à changer ? Me laisserait-elle ? J'avais peur d'être seule, délaissée, de ne plus exister aux yeux de quiconque. Mais Atalante était encore là. Il me regardait encore, me souriait, m'apaisait, il parvenait à sortir de mon esprit, presque tout le temps, ces inquiétudes de vieille nymphe.

Il me protégeait, lui aussi, si ouvertement que parfois j'en avais été gênée sans rien en laisser paraître. J'aimais qu'il soit là, à mes côtés, qu'il attende mes mots comme si j'avais été un ancêtre compteur d'histoire. Parfois suspendu à mes lèvres, il se montrait sage et respectueux, ce qui lui valait de parfois me voir suspendue à ses lèvres à mon tour, bien que mon visage paisible ne l'ai que rarement laisser voir. La situation, calme, bien que quelque peu gênante, se prolongeait encore. Et, sa main contre mon sein, je me disais que j'étais heureuse de pouvoir lui offrir cette chaleur, cette douceur. La solitude qu'il devait souffrir était un véritable poids sur mon coeur, me peinant à chaque fois que son regard robotique me perçait d'envies cachées. Parce qu'il était lui, j'aurais pu tout lui donner. J'aurais pu me montrer aussi brusque qu'une tornade s'il l'avait fallut. Mais j'espérais que son coeur à lui, posé, ne jouerait pas avec ce privilège comme d'autres l'avaient fait auparavant, se servant de moi à des fins mauvaises, malsaines. Je ne doutais pas de lui en particulier, bien sûr que non, je doutais de tout le monde.

J'avais peur, quelque part, de revenir dans ces chemins d'ombres où je m'étais égarée par le passé, d'en maudire d'être encore vivante. Mon pouvoir, ma nature, tout avait tourmenté mon histoire, arraché les pages où défilaient les couleurs des robes et des yeux lumineux de joie de mes sœurs. Nous avions souffert. Dans le silence, dans le secret que nous devions garder pour nous préserver de notre mieux, nous avions pleurer notre sort. Et que restait-il, à présent, de ce "nous" ? Des larmes et moi. Des larmes que n'aurait pas pu comprendre Chloe. Des larmes qui prouvaient que j'avais survécu, que mon sourire avait une valeur, que mon calme n'était pas né de nulle part. Je savais qu'un jour, ma vie prendrait fin. Je me mêlerais au vent pour disparaître, laissant derrière moi une vie qui ignorerait à tout jamais tout de moi. Et j'attendais ce jour en tentant de trouver une raison au temps qu'il me restait à passer jusqu'à son arrivée. Mais Atalante me regardait. Il me regardait comme si j'avais toujours été là, comme si cet endroit précis était ma place, comme tout endroit où j'allais. Il me regardait comme si j'appartenais à ce moment. Et, malgré d'être étonnée par la branche qui avait fini par succomber au poids de l'eau, je fus plus étonnée encore, surprise même, de sentir ses lèvres contre les miennes. La posture dans laquelle nous étions n'avait rien de convenable, mais je ne voulais pas qu'il s'en aille pour autant. Mes yeux fixant ses paupières, je l'observais avant de clore mes paupières à mon tour, profitant de ce contact, le son des gouttes tombant ensemble bourdonnant dans mes oreilles.

« Je sais que je me montre de plus en plus audacieux au fil des jours que nous passons ensemble, mais j'aimerais plutôt y reposer mes mains ou mes lèvres vois-tu... Je ne sais pas vraiment ce que je fais, et même si la douleur de mon bras est bien présente, tes caresses, tes baisers, ta magnificence pourraient bien me faire tenir. Veux tu bien t'occuper encore une fois de ton trésor, qui sauras te le rendre aussi divinement que tu le voudras...? Je suis fou, suicidaire ou que sais-je encore, mais on ne peut rien se refuser n'est-ce pas ? »

« Je le sais si bien, mon trésor... J'aimerais tout t'offrir ; la lune, le soleil, l'or et l'argent, la chaleur et la fraîcheur... Mais je réalise... Je réalise que je suis bien étrange. Bien étrange d'avoir de si forts sentiments à ton égard, mon petit Atalante. Si étrange, d'avoir ton regard à l'esprit, ta voix dans le coeur, ton toucher ancré sous la peau... »

Répondant à son regard doux, je figeais mes yeux dans les siens. Pourquoi étais-je si mélancolique ? Pourquoi le vent soufflait-il à l'intérieur de ma tête ? Pourquoi soufflait-il, remuant les pensées sans jamais apaiser leurs cris ? Tout à coup, tout me revenait. Tout prenait vie à l'intérieur de moi, gigotant d'une vie comme toute nouvelle, réanimé par une émotion dont je voulais taire le nom. Je l'aimais beaucoup, j'avais pour lui une affection infinie, mais il ne devait jamais en être davantage. Qui étais-je seulement ? Qu'allais-je seulement devenir ? J'étais une sylphe, vieille, fatiguée, lassée, il ne pouvait rien attendre de moi, jamais penser à construire un avenir auprès de moi. J'étais le vent, j'apparaissais et je disparaissais comme j'étais venue, dans le seul bruit de mon souffle. Je ne voulais pas lui faire cette peine, je ne voulais pas le blesser, peu importe combien je pouvais tenir à lui, vouloir avoir le droit de l'enlacer à la nuit tombée comme au lever du jour. C'était un homme, qui plus était. Comment Chloe le verrait-elle ? Qu'en dirait-elle ? Qu'en dirais-je moi-même, en réalisant ? Perdue dans un épais brouillard de confusion, je tentais de m'en esquiver, bien en vain cependant. Et, mes rubis se noyant d'un éclat peiné pour la première fois depuis bien longtemps, je glissais mes bras à son cou pour l'attirer un peu vers moi. Et, après avoir effleurer ses lèvres quelques secondes à peine, ma respiration confrontée à la sienne, je finissais par m'en emparer à mon tour. Et, fermant mes yeux presque au même instant, je l'accentuais. Combien de temps resterait-il avec moi ? Auprès de moi ? Qui de nous serait le premier à rendre l'âme ? Le serrant entre mes bras d'une façon presque désespérée, je tentais de me persuader que c'était la pluie qui me rendait si émotive. Mais je savais que ce n'était pas le cas. Je devais m'enfuir, m'effacer, me rayer du tableau, mais l'avoir tout pour moi par l'aide de la pluie m'enchantait en réalité. En délivrant ses lèvres, après un long moment, je faisais souffler, ternissant légèrement mes cheveux, une brise paisible contre nous. J'étais salie par la boue, gênée par l'eau, mais rien n'avait plus d'importance. Le vent couvrait, plus ou moins sans sa propre approbation, écoutant encore l'un de mes caprices, la découverte d'une passion étrange.

« Je me sens si bien, tellement protégée, quand tu me regardes. Je suis la plus vieille de nous deux, je devrais être celle qui te défend, te couve, mais je me laisse apaiser comme une enfant effrayée par l'orage à laquelle on tiendrait la main jusqu'à ce que le soleil revienne. Pourquoi ne t'en plains-tu pas, mon trésor ? »

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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Dim 26 Juil - 15:39

Vent et acier aux grès des notes
J'avais toujours dit par le passé que la beauté n'avait pas de visage, qu'elle pouvait se voir dans la musique, le vent, la nature, mais maintenant elle en avait un. Ce visage si gracieux, si divin à mes yeux était celui d'Emerentia. Chaque fois que je posais mes yeux sur elle, je me sentais comme transporté dans un lieu magique où je n'avais aucune envie d'en partir. Il faisait si bon vivre auprès de la belle nymphe, alors pourquoi vouloir la quitter ? J'avais fait bien des folies, mais délaisser une telle femme aurait été du suicide, or je préférais rester en vie. Elle m'apportait aussi bien sa compagnie que sa compassion. Elle me voyait comme une être à part en entière et non comme une machine à tueur ou un homme sans cœur. Il "tait si facile de me juger par ce que je donnais l'air, mais sous toute cette structure d'acier, de circuit vivait encore un être humain. J'en possédais les souvenirs, les organes et les sentiments. Ces derniers avaient toujours été éphémères, distants, mais pour cette femme, ils étaient si intenses. J'aurais pu soulever des montagnes pour la protéger des dangers, la porter des jours entiers pour ne pas blesser ses pieds en foulant le sol si agressif pour elle. Je n'avais aucune limite quand il s'agissait d'Emerentia, même si je ne m'avouais pas passionné par elle. Je me sentais insignifiant, ridicule comparait à cette véritable déesse des airs et des vents. Amante du zéphyr, des tornades et des brises, elle était à mes yeux aussi indispensables à ma vie que de jouer du violon. On aurait pu penser cela réducteur, mais quand on savait que j'y avais joué depuis ma plus tendre enfance, et même après ma mort, ce n'était pas si minimaliste que cela.

Nous vivions dans deux mondes si distincts, si différents et pourtant tout nous unissais avec la plus grande des simplicités. Nous avions tout deux besoin de l'air pur de l'extérieur, de la musique dans notre cœur et nos oreilles, de compagnie. Il ne se passait plus un jour sans qu'elle ou moi venions rendre visite à l'autre, même si cela ne durait pas forcément bien longtemps. C'était devenu notre petit jeu à tous les deux comme des enfants. Je me glissais pendant son cours parmi les élèves, elle passait dans les couloirs en laissant une longue brise me caressait le visage. Nous savions que l'autre était là, mais par amusement, nous faisions semblant de ne pas l'avoir vu. En un sens, il est vrai que nous n'avions pas passé de moment véritablement ensemble l'un contre l'autre depuis longtemps, mais qu'au final, nous n'étions jamais bien loin de l'autre. Le destin avait-il voulu qu'une attraction nous fasse graviter ensemble dans le même instant ? Sans doute, mais pour l'heure, je ne voyais qu'elle et préférais ne penser à rien d'autre qu'elle. Dans ma maladresse passée, par mon baiser, mon geste sur son sein et mon sauvetage, je lui avais en un sens garanti que j'étais sincère, protecteur et aimant avec elle. Je n'avais rien à lui cacher et si j'avais pu, j'aurais été jusqu'à lui montrer mes entrailles robotiques. Cela avait de quoi en dégoûter plus d'un, mais le spectacle de couleur, de son et de mécanismes dans mon poitrail avait de quoi détrôner bien des spectacles dans ce monde. Alice, celui qui m'avait rendu la vie, m'avait qualifié d'œuvre d'art, de chef d'œuvre à ses yeux. Quand je voyais ce qui bougeait sous ma carapace d'or, d'acier et d'argent, je comprenais mieux ce qu'il voulait dire. Je ne me qualifiais pas de beau, d'extraordinaire, j'étais juste unique sans forcément l'avouer. J'étais le seul cyborg de Chrysalis, et même si je me faisais discret, il était difficile de me rater.

Je renfermais des secrets dans mon corps, mais il était évident que la nymphe avait une vie bien plus fournie et magique que je n'aurais pu l'espérer. Pourtant, jamais je n'avais osé lui demander de me raconter la vie qu'elle avait vécue, car je percevais que cela lui imposer une nostalgie blessante, et je ne voulais justement pas lui faire du mal. Je la prenais dans mes bras bien souvent et pas une seule fois, je l'avais vu se plaindre de mon étreinte. J'avais réussi pour elle à canaliser cette force impressionnante pour ne pas la briser dans mes bras. J'étais gêné de me dire que j'avais dû essayer cela sur ce pauvre matelas sur lequel je dormais et qui avait subit tant d'épreuves sans lâcher. Il avait supporté mes colères, mon poids, mais aussi mes tentatives pour devenir moins dangereux et savoir user de cette puissance mécanique, électrique et hydraulique au bon moment. Je ne jalousais pas Emerentia de posséder un passé aussi immense quand bien même ma vie passée avait été courte finalement. J'avais eu mes moments de joie et de pleurs et elle aussi. J'avais perdu des proches et ma famille et j'avais cru comprendre qu'elle aussi. Nous étions des naufragés de notre passé qui avait fini par trouver le trésor inestimable et précieux que nous avions toujours voulu sans le savoir. Ma vie avait été un désert où ma famille s'était retrouvée dans l'état d'une oasis précieuse qui avait fini par s'évaporer sous mes yeux après la mort de mon frère et la mienne. L'errance avait été longue, douloureuse et bien souvent, j'avais été effrayé de mes propres nouvelles capacités. Sans elle, je crois que j'aurais continué à me dire que personne ne voulait de moi et que j'étais un monstre de ferraille repoussant et peu fréquentable. Pourtant, actuellement, j'étais toujours avec audace et embarras dans une position gênante avec elle. Mon bras continuait de me lancer, ce qui me faisait lutter pour ne pas trop grimacer, mais j'avais sauvé la vie de ma belle nymphe, c'était le plus important. La pluie poursuivait sa mélodie et ne changeait pas de rythme nous laissant dans une certaine quiétude permanente et romantique.

« Je le sais si bien, mon trésor... J'aimerais tout t'offrir ; la lune, le soleil, l'or et l'argent, la chaleur et la fraîcheur... Mais je réalise... Je réalise que je suis bien étrange. Bien étrange d'avoir de si forts sentiments à ton égard, mon petit Atalante. Si étrange, d'avoir ton regard à l'esprit, ta voix dans le cœur, ton toucher ancré sous la peau... »

Je n'étais vraiment pas le seul perdu. Je n'étais pas idiot et encore moins aveugle. Je devinais en voyant son visage un long moment fermé, interrogatif et perdu après notre chute. Elle se demandait sans doute ce que toute cette folie pouvait nous faire faire. J'étais un jeune robot, elle était une nymphe mature dont l'âge n'avait pourtant aucune importance à mes yeux. Je ne l'aimais pas pour son âge, mais pour ce qu'elle était, pour ce qu'elle faisait et pour ce qu'elle m'apportait. Je pouvais dire que je me sentais heureux de vivre quand elle pointait le bout de son nez. Pourtant avais-je véritablement le droit de lui prendre sa liberté aussi injustement ? Elle m'avait parlé de Chloé, une nymphe qu'elle avait recueillie comme sa fille et qui verrait sans doute chez moi un obstacle. La peur de la mort de l'un allait affecter l'autre pendant des années durant sans que nous puissions faire quoi que ce soit c'était évident. Cela aussi rentrée en compte dans l'équation de notre amour que nous ne voulions pas véritablement avouer. Nous avions peur tout deux, même si nous voulions intérieurement nous amouracher jusqu'à plus soif. Elle la nymphe, enseignante de musique et femme de mon cœur et moi cyborg, surveillant et homme qui voulait son cœur. Je ne pouvais me proclamer comme celui qui possédait son amour, car je n'avais aucune certitude de la façon avec laquelle elle m'aimait. L'amour avait tellement de déclinaison, tellement de définitions que s'y perdre n'était pas bien compliqué. De plus, Emerentia agissait parfois comme une mère, mais aussi comme une amie, une confidente ou une amante. C'était devenu l'anarchie dans ma cervelle humaine et j'étais totalement déstabilisé devant tout cela. Je savais pertinemment dans quoi je me lançais et j'avais déjà depuis longtemps calculé les risques et les conséquences d'agir comme cela, mais avais-je d'autre choix ? Je ne pouvais pas laisser partir la femme qui finalement avait remonté tout le positif de mon corps pour laisser le mal au placard.
« Je me sens si bien, tellement protégée, quand tu me regardes. Je suis la plus vieille de nous deux, je devrais être celle qui te défend, te couve, mais je me laisse apaiser comme une enfant effrayée par l'orage à laquelle on tiendrait la main jusqu'à ce que le soleil revienne. Pourquoi ne t'en plains-tu pas, mon trésor ? »

Je devinais que cette question n'était pas là que pour savoir ce que je pensais qu'elle, elle était aussi là pour qu'elle puisse encore une fois m'entendre lui dire des mots emplit d'un amour que moi seul savait lui déclarer aussi simplement qu'un baiser. Comme le baiser qu'elle m'avait offert et que je n'avais su que rendre avec la plus grande des maladresses et des gens sous la fougue d'une femme que je pouvais avoir envie de voir dans le simple pareil aussi souvent que le privilège m'était accordé pour rendre à ce corps le traitement et les caresses qu'il méritait, qu'elle méritait. Je rougissais par l'aveu que je venais de me faire à moi-même. J'avais clairement dit que je voulais qu'elle se dévêtît et me montre toute la beauté de son anatomie sans aucune vergogne ni honte. Vouloir son cœur était déjà une chose bien audacieuse, mais ce que je souhaitais maintenant avait de quoi en faire rougir plus d'une dont Emerentia. Je prenais mon souffle en glissant en sentant celui de la nymphe non loin du mien, mais aussi le vent qu'elle délivrait autour de moi en refroidissant mes circuits comme si elle avait été devineresse. Je continuais de respirer avec calme pour prendre du courage et en quittant son sein pour la hanche, je la relevais de la boue pour l'asseoir sur mes genoux sans gêne cette fois-ci, comme pour apporter de la chaleur à tout cela, encore une fois.

« Je ne m'en plains pas ma nymphe précieuse, car j'aime te protéger, j'aime t'enlacer. Je ne veux pas passer du temps avec une autre femme que toi, car tu es la seule à me faire, me sentir vivant, humain, me sentir moi en somme. Je sais que les mots que je vais te délivrer son les plus dangereux qui existent et qu'ils vont sans aucun doute créer une explosion de sentiment entre nous, mais voilà. Emerentia Alix, belle nymphe dont la présence est devenue indispensable, je vous aime. Je vous aime comme un amant qui se coucherait dans la couche de celle qu'il satisfait, comme l'amour qui offrirait baiser et protection, comme l'homme éperdument amoureux de la femme qu'il serre actuellement et dont il n'a que faire des différents qu'elle soit d'âge, de race, de passé. Le présent est maintenant et s'il peut se faire avec toi, j'accepterais sans hésitation. »
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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Mar 18 Aoû - 8:19


Vent & Acier aux grès des notes.
Combien de temps encore pouvais-je passer là ? Seule avec lui, dans le silence à peine troubler par le son des gouttes tombant des cieux, j'avais l'impression de renaître, de n'être que perpétuel renouvellement. Quelque chose à l'intérieur de moi se balançait comme un enfant bercé contre le sein de sa mère, doux, paisible, soulevé régulièrement par un souffle vital. A l'intérieur de moi se nichait une lueur, à peine perceptible : celle d'avoir trouver en ce bas monde un égal. Malgré cela, les questions ne semblaient pas trouver de réponses. Que ressentais-je vraiment pour lui ? Je le savais déjà, en réalité. Mais l'avouer m'était bien plus complexe qu'il ne pouvait y paraître. Il y avait tant entre nous, aussi bien en commun qu'en différent. Mon monde n'était pas le sien, le sien n'était pas le mien. Et même si nos terres se croisent dans les notes, elles ne s'y mêlaient qu'à cet instant précis, nous gardant distants d'une politesse sage tout le reste du temps. Mon âge avait toujours imposé aux gens de me parler avec calme, de ne jamais lever ne serait-ce qu'un mot au-dessus du mien. Et Atalante n'échappait peut-être pas à ce point que je retrouvais chez tout le monde. Bien que désintéressé par mes années, il ne les ignorait pas pour autant. Je lui en étais reconnaissante, bien sûr, de me montrer un tel respect. Mais n'était-ce pas aussi ce qui nous séparait si injustement ? Mon esprit, perdu dans ces interrogations, vagabondait d'une ligne à l'autre, passant d'une phrase à l'autre, répétant tout à l'infini comme pour tenter de chercher dans ses mots un sens caché que j'aurais désiré plus que tout.

Ma sagesse s'était envolée, il n'en restait plus que l'apparence. L'avoir si proche de moi, tellement proche, me faisait douter du fait qu'il fasse jour, me faisait douter de tout. Je ne savais plus sur quel pied je devais danser, moi qui avait pourtant passé des années à onduler dans les airs sur les musiques de mes sœurs. A ses côtés, je perdais l'équilibre, la raison, peut-être, également. Mais je n'avais aucunement le droit de lui avouer tout cet égarement qui semait le trouble en mon coeur. Je ne pouvais pas faire planer au-dessus de la tête de Chloe une telle frayeur que celle de me voir partir avec lui. Et je ne pouvais pas non plus imposer à Atalante l'amour d'une sylphe telle que moi. Mon monde devait rester à l'écart du sien, peu importait que cela m'extirpe le souffle de la poitrine. Il me suffirait toujours de le croiser dans nos notes amoureuses, dans nos sourires complices.

Si seulement j'avais su. Si seulement j'avais rien qu'entrevu ce monde trembler. Le surveillant se relevant, il m'attira sur ses genoux et, embarrassée d'être installée d'une telle façon, je n'osais plus bouger de ma place. Depuis quand avions-nous échanger nos rôles ? Pourquoi étais-je si fragile ? Mes yeux voyageaient sur son visage, perçant les siens sans la moindre violence, cherchant à comprendre le sens de tout ce qui m'échappait encore. Mes années m'avaient perdue. Atalante avait su me retrouver. Mais à quel prix ? Que restait-il seulement encore de moi ? Une bien pâle illusion de la réalité. Mon regard avait vu. Mes oreilles avaient entendu. Mes mains avaient toucher. Je n'étais plus aussi blanche que la neige, le temps m'avait rendue impure, salie par les années.

Et si j'avais su retrouver le sourire pour Chloe qui ne souhaitait que me voir demeurer heureuse à son chevet, il n'en restait pas moins qu'un ouragan faisait souvent rage à l'intérieur de ma cage thoracique. Comme un oiseau prisonnier, mon coeur frappait contre cette boite d'os, cherchant à se libérer de tout les doutes l'étreignant au point de l'en étouffer. Mes mots ne savaient plus me rassurer. Ils n'étaient jamais plus que tant de griffes enserrant chaque jour d'avantage mes peurs les plus secrètes. Un jour, nous n'aurions d'autre choix que de tout nous avouer. Un jour, nous ne pourrions plus nous tourner autour de la sorte. Nos existences, entremêlées, chercheraient bien plus encore que nos doigts entrelacés. Mais je n'aurais jamais pensé voir ce jour venir si vite. Moi avais voulu protéger Atalante de cette vérité, je me voyais prise au dépourvu par son audace. Mon monde, l'espace d'un instant, trembla. Et, mon sol se fendillant, je cherchais de quoi arroser mes plaies, qu'elles guérissent plus vite, qu'elles guérissent suffisamment pour que mes yeux ne pleurent pas un chagrin semblable à celui des cieux. L'avaient-ils su ? S'étaient-ils noyés de compassion pour mon pauvre amour ?

« Je ne m'en plains pas ma nymphe précieuse, car j'aime te protéger, j'aime t'enlacer. Je ne veux pas passer du temps avec une autre femme que toi, car tu es la seule à me faire, me sentir vivant, humain, me sentir moi en somme. Je sais que les mots que je vais te délivrer son les plus dangereux qui existent et qu'ils vont sans aucun doute créer une explosion de sentiment entre nous, mais voilà. Emerentia Alix, belle nymphe dont la présence est devenue indispensable, je vous aime. Je vous aime comme un amant qui se coucherait dans la couche de celle qu'il satisfait, comme l'amour qui offrirait baiser et protection, comme l'homme éperdument amoureux de la femme qu'il serre actuellement et dont il n'a que faire des différents qu'elle soit d'âge, de race, de passé. Le présent est maintenant et s'il peut se faire avec toi, j'accepterais sans hésitation. »

Je voulais fuir. Disparaître et feindre de n'avoir jamais entendu ces mots que je craignais tant. Je ne pouvais pas lui répondre. Mais je ne pouvais pas le laisser penser que je ne l'aimais pas... Mon coeur, abattu sous le joug des balles sifflant dans mon imaginaire, me sembla cesser de battre. Allais-je juste m'assoupir ici ? Allais-je m'évanouir, tomber dans l'inconscience comme un cocon sachant me préserver encore de ce que je ne savais voir, de ce que je ne savais entendre ? J'aurais tant aimé avoir la force de le courroucer. J'aurais tant aimé avoir le courage de m'opposer à lui, me mentant à moi-même afin de préserver les apparences. Mais je n'en étais pas capable. Ses mots, aussi doux que le miel, aussi tendres que ses caresses, glissaient encore dans mes oreilles, se couchant sur mon âme pour l'envelopper dans une tendresse infinie. J'avais désiré l'entendre. J'avais tant désiré ces mots que je ne savais plus y échapper. Comme un enfant devant son plus beau cadeau, pourtant offert par une personne de laquelle il devrait le refuser, je ne savais plus si je devais ouvrir ce paquet et me laisser le plaisir de le découvrir ou si je devais fermement m'y refuser. Que dirait Chloe ? Saurait-il seulement m'aimer jusqu'à la fin ? Saurais-je seulement vivre avec cette peur toujours présente de le perdre ? Nos mondes se confrontaient, se heurtant l'un à l'autre pour tenter de s'échapper à la décision du destin de nous tenir à l'écart l'un de l'autre. Les larmes, bien vite, montèrent à mes yeux, flots rapidement incessants. Depuis quand n'avais-je plus pleurer de la sorte ? Le vent me paru froid, comme s'il souhaitait m'éhontée encore un peu plus de cette passion qui me dévorait et, me nichant au creux des bras de mon amant, je me laissais aller à une peine me dépassant même.

« J'aimerais tant... J'aimerais tant pouvoir te répondre, j'aimerais tant pouvoir te le dire... Mais regarde, mon doux trésor, regarde-nous et contemple comme je le fais tout ce qui nous sépare. Tu finiras blessé, et j'en succomberais de chagrin... »

La brise se souleva. Et, mécontent de mes mots, le vent me punit, se mettent à souffler si fort qu'il bourdonna à mes oreilles. M'abritant de son courroux dans ces bras protecteurs qu'étaient ceux d'Atalante, je n'osais plus relever la tête. Je n'avais plus ce courage. Mes couleurs, petit à petit, se mirent à fondre. Je n'étais plus qu'une tâche de peinture à l'eau, je me mêlais au reste, au point de n'être plus qu'un quelque chose dans un tout déjà flou. Mes forces, certainement utilisées pour regrouper mon courage comme des moutons fuyant leur berger, me semblaient avoir disparu pour aller se promener entre les gouttelettes. Pourquoi avait-il seulement dit tout cela ? Pourquoi n'avait-il pas garder notre illusion ? Pourquoi avait-il eu le courage de sortir de son abris quand je restais enfermée entre mes murs invisibles, me refusant à aimer à nouveau ? Malgré d'être fade, fatiguée de la tumulte du messager des dieux et porteur du vol des oiseaux, je relevais finalement la tête. S'il voulait bien se blesser, s'il voulait bien surpasser sa crainte, je ne pouvais pas l'y abandonner pour retourner à ma vie paisible. Je savais que si je ne lui répondrais pas, il ne se vexerait pas. Mais pourrions-nous seulement nous regarder encore de la même façon ? N'allions-nous pas être différents ? Les lèvres tremblantes, secouée, je peinais à arrêter mes larmes pour pouvoir distinguer à nouveau son visage au milieu du presque voile qu'imposaient les gouttes salées à mes yeux. Je voulais le voir. L'entendre. L'étreindre. Je voulais demeurer à ses côtés, que la peur me saisisse ou non.

« Pourtant je t'aime tant... »

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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Jeu 27 Aoû - 14:24

Vent et acier aux grès des notes
 Les minutes, les heures, les jours tout n'avait plus de contenance quand elle était là. Je pouvais passer de bref instant comme des moments de complicités avec elle , sans jamais que l'un et l'autre ne puissent savoir la durée de ces derniers. Nous étions épris de l'autre, et même si tant de choses nous séparait, que faire ? Je lui avais avoué mes sentiments sans vraiment comprendre d'où venait tout ce courage. J'avais osé que peu souvent depuis mon étrange résurrection et je savais que c'était la nymphe qui me poussait à faire cela. Sans dire un mot, sans faire de geste, elle me donnait envie de tout faire pour qu'elle soit heureuse. Je ne voulais pas faire autre chose sur son visage que de la joie. Je la sentais fébrile, apeurée et surtout perdue dans ses décisions. Elle devait vouloir comme moi ne pas nous perdre, mais nous étions déjà embourbés depuis un moment dans cette situation. A force de nous rapprocher, de nous côtoyer, il fallait bien que cela arrive. C'était une logique imparable que personne ne pouvait éviter bien longtemps. S'esquiver, nier les choses n'avait au final fait qu'avancer les aveux pour mieux nous désorienter. Je savais que je n'aurais pas été capable seul à l'heure actuelle de retrouver ma modeste chambre, tant les questions dans mon crâne s'entremêlaient après que je lui ai avouait sincèrement mon amour. Je devinais que j'avais créé chez elle un choc et que mon geste pouvait être perçu comme lui forcer un peu la main. Pourtant, si elle avait refusé mes avances ou bien si elle m'exprimait que le sentiment n'était pas réciproque, je n'en aurais pas été vexé. Après tout, pour elle, j'étais jeune, mécanique et bien différent. Et même si la musique nous réunissait autant que les paroles verbeuses, elle était une nymphe et moi un cyborg. Elle était le temps, le vent, j'étais le courant et la technologie.

Je percevais dans son regard un élan de peur, d'incompréhension d'elle-même et même si je voulais encore une fois m'emparer de ses lèvres avec l'ardeur d'une armée et la force d'un ouragan, je me retenais. Je ne pouvais pas la brusquer encore une fois et empirer ce que j'avais déjà fait pour l'heure. C'était si difficile finalement de savoir comment se comporter avec une femme, que dis-je une déesse comme Emerentia. Je ne savais jamais si j'agissais comme il le fallait ou si dans mon naturel, je brisais bien des protocoles vis-à-vis de sa personne. Elle n'avait pas de sang royal, pas de titre de noblesse, mais pour moi, elle restait une nymphe. Elle possédait le sang de la nature et je me devais de la respecter. C'était même fou de se dire que je la respectais plus pour sa nature que son âge, car ce n'était qu'une histoire plus longue et des chiffres entre nous. Je savais que c'était assez rustre de ma part de résumer l'existence de l'enseignante avec un tel résumé, mais pourtant, je devinais qu'elle ne voulait imposer à personne son passé empli cependant de bien des mystères. Et puis, je ne devais aucunement oublier sa protégée qui n'allait sans aucun doute pas apprécier qu'un homme courtise sa mère de substitution. Sa réaction m'aurait paru, je pense normal qu'elle qu'aurait pu être cette dernière. J'étais un homme, étrangé qui plus est et en plus aucunement de la même nature qu'Emerentia. Personne n'accepterait qu'un inconnu vous accapare votre mère ou la présence que vous rassure le plus. Je n'avais jamais pu croiser Chloe, qui selon la nymphe était bien trop caractériel pour que j'aie la chance de la voir. Elle voulait éviter que cette dernière ne trouve un moyen d'écarter loin, très loin d'elle, cet homme bien trop étrange. Il est vrai qu'elle ne me l'avait pas exprimé de cette façon, car elle était une femme au beau dialecte, mais l'idée était bien là. J'étais un obstacle comme un autre et si je pouvais être éloigné d'Emerentia, c'était préférable. Pourtant, je n'avais nulle envie de bouger de ma place et de quitter cette femme. Cela allait m'attirer aussi bien les foudres de Chloe que la colère du vent lui-même, mais j'allais accepter tout cela avec vaillance. De mon vivant, j'avais couru après l'espoir de trouver la bonne, celle avec qui je me sentirais moi. Maintenant qu'elle était là, j'allais tout faire pour que personne ne me la prenne.

Je me remémorais les paroles que j'avais pu dire à la belle Emerentia et me rendait compte qu'en plus de lui montrer que j'aurais pu braver les choses avec elle, je lui assurais que ce n'était pas qu'un amour d'apparence. Malgré tout, j'avais jeté une sacrée bombe au visage de la professeur de musique et je savais que le vent lui-même n'allait pas tolérer cela bien longtemps. C'était difficile de savoir si je devais craindre plus longuement le vent ou Chloe. Tout deux ne voyait clairement pas ma décision comme acquise et je savais que cela allait peut-être se retourner contre moi, mais que faire ? Je ne pouvais décemment pas continuer de me mentir et surtout de ne pas avouer à la sublime nymphe une vérité : je l'aimais comme je n'avais jamais aimé auparavant. Sous mes rouages, mes circuits et ma chair synthétique se cachait un cœur qui avait fini par retrouver un semblant d'envie de battre depuis la venue d'Emerentia. Malgré tout, dans mes bras encore plus proche que d'ordinaire, je sentais à la fois la nymphe se coller contre moi pour se protéger d'une brise devenue vent froid et aussi d'une envie sans doute de chaleur. Je fermais les yeux en laissant tout mon corps prendre une lueur bleutée et fixait la muse sans rien dire.

« J'aimerais tant... J'aimerais tant pouvoir te répondre, j'aimerais tant pouvoir te le dire... Mais regarde, mon doux trésor, regarde-nous et contemple comme je le fais tout ce qui nous sépare. Tu finiras blessé, et j'en succomberais de chagrin... »

J'avais bien deviné qu'elle ne voulait tout simplement pas me blesser d'une quelconque façon. Elle ne voulait simplement pas à quel point je pouvais redoubler de force, de conviction quand il s'agissait d'elle. Elle était à vrai dire l'une des seules raisons de mon envie de toujours rester debout face aux choses et de les affronter coûte que coûte. Elle avait instillé sans le savoir en moi un puissant remède à ma faiblesse d'antan : son amour. Il m'était difficile de la laisser seule, de la quitter du regard ou de ne pas faire en sorte de la revoir même de façon fortuite pour quelque instant. Le plus étonnant était bien le fait que même si j'avais voulu le faire exprès, nos rencontres avaient toujours été incontrôlées. Après tout, je n'avais pas pensé un seul instant qu'en venant dans ce lieu, j'allais tomber sur la belle des belles, Emerentia. Chaque fois que nous nous retrouvions ni elle ni moi n'avions pu calculer à l'avance cela et c'étaient aussi ça qui rendait les moments encore plus précieux. Un peu comme si le destin prenait un malin plaisir à faire en sorte que même quand nos routes étaient bien lointaines, un embranchement nous fasse nous rencontrer à nouveau. Je finissais par quitter mes songes en entendant le vent souffler avec la plus grande des audaces et un certain acharnement. Il voulait punir la nymphe de ce qu'elle voulait me dire, de ce qu'elle ressentait, mais même en sachant à quoi je me confronter, je n'allais pas laisser tomber, au contraire. De toute ma personne, ce qu'il y avait de plus fort que mon corps ou mes muscles, c'était, bien sûr, mon amour. Il n'avait pas de frontière ni de limite pour Emerentia et le vent allait bientôt le comprendre sans moyen d'empêcher ça. Je croisais son regard alors qu'elle relevait le visage sans pour autant dire un mot. Comme si un message intense se délivrait déjà entre nous deux, par nos regards. Un message emplit de bien des sentiments que nous seuls savions déchiffrer.

« Pourtant je t'aime tant... »

Son aveu bien que maladroit résonnait aussi bien dans mon poitrail que dans mon crâne. Elle défiait avec un peu de crainte et de perdition l'élan même dont elle faisait partie, pour moi. Je ne savais pas si c'était par envie de le dire ou envie d'être mienne, en tout cas ses mots eurent un effet plus que puissant sur moi. Alors que mes mains se posaient sur ses cuisses, je prenais alors l'initiative de me glisser entre elles avant de poser une main sur son buste et l'autre au creux de son dos. Mon cœur battait de plus en plus vite tandis que mon poitrail se soulevait sous une respiration à demi-souffle. J'avais l'impression que le temps lui-même s'était figé après mon geste, comme pour mieux sublimer les risques que je prenais pour elle. Nous étions en danger d'amour, mais ni elle ni moi ne pouvions reculer après avoir tant avoué. Je plaquais alors très lentement mes lèvres sur les siennes en ne sachant si je devais ou non clore mes yeux pendant que ma main sans vraiment que je puisse y faire quelque chose ne s'agite sur sa poitrine autant que l'autre sur le creux de son dos. Une fois que mes lèvres quittèrent celle d'Emerentia, ce fut la suite de mon aveu qui prit la tangente de ma bouche rapidement pour elle, sans que mes mains ne quittent son corps.

« Je ne veux plus avoir peur du monde ou de quoi que ce soit. Je veux surpasser ma peur des fonds marins et pouvoir nager avec toi. Pouvoir te protéger des intempéries comme de la colère de la terre elle-même. Je suis le rempart contre les horreurs du monde, je cacherais tes yeux de la douleur et apaiserais ton cœur de mes baisers. Je n'ai pas peur d'être blessé, pas peur de souffrir. Je suis devenu bien trop à tes yeux et toi bien trop au mien pour que nous ne tentions pas ensemble cette traversée. Elle ne sera sans doute pas simple, ni sans embûche comme le vent le fait bien comprendre, mais ce ne sera même pas lui qui me fera reculer d'un pouce. Tu es la femme que j'ai toujours voulu trouver, avec qui je me sens moi et pas un autre moi. Je sais que la proposition n'est pas simple, mais si tu veux toi aussi tenter l'aventure de nos cœurs avec moi, embrasse moi comme tu n'as jamais autant voulu embrasser quelqu'un. Je saurais te rendre l'amour que tu me portes chaque jour, j'en fais le serment sur mes croyances et mes principes.»
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MessageSujet: Re: Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.   Lun 28 Sep - 20:19


Vent & Acier aux grès des notes.

Une tempête à l'intérieur de moi s'était soulevée, avait prit dans une rage significative la décision de ravager ma pauvre confiance. Mon masque de douceur, cette figure que je ne faisais que garder jour après jour, avait chuté de mon visage, s'éclatant sur le sol dans milles éclats de porcelaine. Et, effrayée, je me jetais déjà à sa suite, m'écorchant sur une vérité que je ne pouvais plus fuir. Mon coeur, battant d'un rythme éperdu pour ce semblable qu'il se refusait à abandonner de nouveau pour la simple bien-aisance, se déchaînait dans mon poitrail. Et je ne pouvais plus ignorer ses paroles. Désormais, tout n'était plus qu'un maladroit jeu d'équilibre. Au risque de tomber de ce fil sur lequel je me glissais pour rejoindre cet homme, j'avançais avec hésitation, avec cette frayeur jamais apaisée. Le temps m'avait confié la connaissance, la sagesse, mais ni l'un ni l'autre ne m'avait abritée de l'amour. Il n'y avait jamais eu entre nous, comme barricade, que ma propre réticence à aimer de nouveau. Mais j'avais déjà si souvent été blessée, mes blessures n'avaient pas même encore achevé de cicatriser.

Ce petit être, que j'avais aimé de tant de tendresse en Chine, n'était plus à mes côtés. Et mes sœurs, trop volages, trop naïves, avaient disparues sous le joug de la main de l'Homme. Devais-je le craindre ? Devais-je l'éviter ? Je tentais encore de me préserver, de me cacher, me cachant derrière mes mots, preuves de mon méfait. Mais tout était déjà fini. Cette illusion, comme l'obscurité de la nuit, avait fondue sous la lumière vive du soleil, sous sa lueur terriblement sincère. Et je ne pouvais plus m'échapper, plus m'enfuir, mise face à ce miroir où défilaient mes sentiments les plus secrets. Je l'aimais. Je l'aimais d'un amour déraisonné, déraisonnable, d'un amour qui jetait dans mon esprit encore à l'envers tant de mots brûlant mes lèvres. Je l'aimais bien plus, encore, que ce que je n'avais bien voulu me risquer à lui dire. Je l'aimais tant, lui qui était un homme, lui qui était mon parfait opposé dans le temps. J'étais cette trace indélébile, comme de la peinture ayant bavé, que la modernité devait traîner derrière elle, dont elle devait supporter la vue.

Et il était la preuve que, désormais, le monde n'avait plus besoin des fragilités que nous étions moi et mes consœurs. Ils savaient tout créer, tout détruire et tout récréer à l'infini. Si bien que, posée face à lui, si proche d'une révélation douloureuse, je me rendais compte que je n'étais qu'un fragment emporté par le vent loin de ses semblables. Je n'avais pas ma place, je n'appartenais à nulle part sinon à ses bras. Et si le vent lui-même alimentait ma vie, son souffle si près du mien me semblait bien plus nourricier encore.

Et, petits océans à mes yeux, les larmes coulaient encore sans plus la moindre retenue. Je ne pouvais plus refuser cette passion qui me donnait l'impression de vivre à nouveau, de me redécouvrir, de créer par-dessus toutes ces douleurs un voile de bien-être. Il me ferait oublier tout de ces secrets, tout de ce que je n'avais jamais vu voir du monde mais que mes yeux avaient du affronter. Le temps m'avait abîmée, toujours, sans cesse, sans la moindre compassion pour ma vie si longue, si inhumaine, comme s'il avait consciencieusement oublié que ma longévité suffisait déjà bien assez pour me fendre de l'intérieur. Je n'appartenais pas à ce monde, pas à cette époque. Je n'avais toujours qu'une personne à l'aura si étrangement étrangère, et ce pour quiconque.

Mais Atalante avait pourfendu cette différence, comme s'il n'avait s'agit que d'une feuille coupée par le froid d'une lame. Il avait su voir au travers de cette apparence que j'alimentais pour me protéger de ma propre douleur, de ma propre solitude. Et cette façon avec laquelle il me tenait entre ses bras, comme si j'étais à la fois une fragile petite chose mais aussi une femme forte et résistante, me donnait du courage, me donnait le désir d'écouter cette voix que j'avais si longtemps fait taire. Le vent soufflait, frappant ma peau de son haleine froide, mais je ne voulais plus le remarquer. Je ne voulais plus être arrêtée par une quelconque loi imaginaire. Je ne pouvais plus concevoir m'extirper à son étreinte. Non, je n'allais plus m'enfuir. Et lui non plus. Ses mains vinrent se poser sur mes cuisses, avant qu'il ne se glisse entre celles-ci et, malgré mes es yeux quelque peu embrumés par les larmes, j'observais son visage. Il n'était plus un robot. Il n'était plus si loin. Plus si différent. Non, il n'était que mon humble amant, que mon passionné partenaire. Qu'y avait-il de si différent chez lui de chez les autres ? Rien qui ne puisse plus me faire reculer.

Mes yeux encore distraitement posés sur les siens, je frissonnais. L'une de ses mains s'était posée contre ma poitrine, l'autre au creux de mon dos, et j'étais presque able à sentir son toucher à travers le si fin tissu. L'idée même qu'il puisse lui aussi sentir la chaleur de ma peau glissa à mes joues une légère couleur presque timide. Qu'allait-il penser de moi ? Pouvais-je vraiment franchir ce pas avec lui sans craindre de n'être souillée à nouveau de mauvaises intentions ? Pouvais-je lui faire... confiance ? Dans mes oreilles, comme si le son de la pluie s'était fondu dans le paysage, je n'entendais plus raisonner que son souffle accéléré par ce que je devinais être les battements affolés de son coeur. Lui aussi était effrayé, inquiet, de cette proximité entre nous. Lui aussi se sentait comme un oiseau à peine délivrer, ne sachant s'il devait rester dans sa cage ou bien s'envoler et découvrir la liberté. Mais je n'allais pas retourner dans ma cage. Et si les cieux m'étaient offerts après tant d'années à les avoir maudit, je ne voulais revoir leurs si nombreuses beautés qu'à ses côtés. Je le vis se pencher vers moi, son visage se rapprochant du mien avant que nos lèvres ne s'unissent à nouveau.

Et nos souffles battants s'affrontant une fraction de secondes, je fermais mes yeux avec une confiance parfaite. J'aurais pu succomber pour lui. Je ne pouvais plus me mentir, et je ne désirais plus le faire. Je ne voulais plus me forcer à me tenir éloignée de ce que je désirais tant, et si fort. Cette tempête que j'avais tant redouté, je la faisais mienne, dans l'effervescence des sens, et m'en armais contre ce vent qui tentait de me garder pour lui seul. Je savais que, père attentif, il nous voulait que m'éviter une nouvelle peine de coeur à ce sexe que j'avais abandonné dans mes préférences, mais je voulais choisir qui aimer. Je voulais me laisser recouvrir par ses sentiments, par ses mots, jusqu'à la fin de mon temps. Sa main, visiblement sans qu'il n'y prête réellement attention, se mise à bouger contre ma poitrine, la torturant avec délice de ce toucher se déplaçant en même temps qu'elle. Et, dans un nouveau frisson, je me laissais griser de ces gestes, la caresse qu'il appliquait dans mon dos me consolant du vent qui, peu à peu, s'avouait vaincu. Il pouvait lire dans mes pensées, ressentir tout ce qui faisait battre mon coeur.

Et ma sincérité lui avait certainement arraché des mains cette force provoqué par cette peur de ne me voir m'effondrer en larmes à nouveau, maudissant l'amour-même. Nos lèvres se séparèrent, cette respiration quelque peu précipitée trahissant l'envie qui s'instillait sous ma peau, chauffant mon sang, alors que ses mots revenaient à mes oreilles :

« Je ne veux plus avoir peur du monde ou de quoi que ce soit. Je veux surpasser ma peur des fonds marins et pouvoir nager avec toi. Pouvoir te protéger des intempéries comme de la colère de la terre elle-même. Je suis le rempart contre les horreurs du monde, je cacherais tes yeux de la douleur et apaiserais ton cœur de mes baisers. Je n'ai pas peur d'être blessé, pas peur de souffrir. Je suis devenu bien trop à tes yeux et toi bien trop au mien pour que nous ne tentions pas ensemble cette traversée. Elle ne sera sans doute pas simple, ni sans embûche comme le vent le fait bien comprendre, mais ce ne sera même pas lui qui me fera reculer d'un pouce. Tu es la femme que j'ai toujours voulu trouver, avec qui je me sens moi et pas un autre moi. Je sais que la proposition n'est pas simple, mais si tu veux toi aussi tenter l'aventure de nos cœurs avec moi, embrasse moi comme tu n'as jamais autant voulu embrasser quelqu'un. Je saurais te rendre l'amour que tu me portes chaque jour, j'en fais le serment sur mes croyances et mes principes. »

Nos yeux se croisant, j'y lisais cette promesse sous-entendue. Il ne s'enfuirait pas, ne m'abandonnerai pas, seule, au temps. Il saurait faire sien mon coeur, mon coeur, mon âme, pour me tenir à distance de la tristesse de vivre chaque jour comme le précédent. Et, je le savais, il ferait en sorte que notre déclaration fasse naître dans notre histoire un tournant changeant chaque jour à venir en une surprise que j'aurais toujours l'envie impatiente de découvrir. Mais comment pourrais-je le lui rendre ? Quel cadeau avais-je la possibilité de lui offrir ? L'idée bientôt traversa mon esprit, comme un coup de foudre, comme une flèche sifflant en pleine course. Et, envoyant l'une de mes mains chercher la sienne positionnée dans mon dos, je l'amenais contre ma cuisse, la déplaçant petit à petit pour faire remonter le tissu de ma robe jusqu'à ce que sa paume épouse mon épiderme.

Et dans un nouveau frisson, mes lèvres s'entre-ouvrant dans un doux soupir, je venais m'accaparer son souffle, sa respiration, imposant un baiser fougueux. Ma main de libre, pendant ce temps-là, bien que quelque peu hésitante, vint défaire un à un les boutons retenant le haut de ma robe asiatique, faisant se pencher de plus en plus le tissu précieux jusqu'à délaisser entièrement mon buste découvert contre lequel sa main s'appuyait désormais sans plus aucun obstacle. Bien que l'embarras ne m'assaille de m'offrir de la sorte à lui, j'espérais que cette tendresse saurait répondre à sa gentillesse, à son attention, et qu'il comprendrait que je ne faisais pas ceci pour n'importe qui. Je sentais, sous sa main, mon coeur battre à tout rompre, embêtée, gênée, mais je ne voulais pas que l'on s'arrête là pour autant, je n'avais plus peur de son amour, un amour qui faisait écho au mien. Et mes yeux rempli de ce désir physique, de cette envie de l'avoir plus proche de moi que quiconque, je bougeais mes lèvres avec lenteur :

« Si le baiser n'a pas suffit, alors peut-être est-ce mieux désormais...?  »

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Vent et acier aux grès des notes || Emerentia A.
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