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 Bercés par le tapotement des gouttes de pluie. || PV. Shinobu Kawayashi

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MessageSujet: Bercés par le tapotement des gouttes de pluie. || PV. Shinobu Kawayashi   Sam 17 Oct - 10:26




| Donner la vie. |
- PV. Shinobu Kawayashi.





Dehors, il faisait un temps effroyable. Depuis des heures, il pleuvait à grosses gouttes, des gouttes poussées par le vent qui penchait en diagonal. Mais même avec un temps aussi désagréable, Kyrie ne perdait pas le sourire. Shinobu, qui avait travaillé toute la semaine, s'était posé sur le canapé pour lire. Et, sagement, après avoir fini sa vaisselle, elle s'installa sur sa chaise près de la fenêtre, enroulée dans son châle pour faire son point de croix. Le médecin, quelques semaines auparavant, lui avait indiqué qu'il était impératif qu'elle resta au calme, et qu'elle ne fasse pas d'effort déraisonné. Bien sûr, toujours aussi protecteur, le professeur lui avait presque fait les yeux doux, soucieux de sa santé, pour qu'elle ne sortit pas trop souvent, qu'elle ne fut pas exposée au froid de la saison. En levant le nez de son point de croix, elle jeta une œillade furtive vers l'élémentaliste. Les années, douces, s'étaient écoulées calmement. Et si certaines épouses perdaient parfois de vue leur mari, la noble pouvait soupirer de bonheur. Shinobu n'avait jamais changé. Ou s'il l'avait fait, ce n'était que pour le meilleur. Elle se souvenait, ces soirées qu'elle avait passé à lui rouspéter dessus pour qu'il arrête de fumer, parce qu'elle craignait que ça n'atteigne à sa santé. Son mari, bien vite, avait entendu ses paroles, et avait fait tout les efforts du monde pour se détacher de ce geste habituel. Et, en bonne épouse, elle l'y avait encouragée, trouvant l'astuce de lui rapporter un chocolat chaud dès qu'elle remarquait l'envie et la frustration poindre dans ses yeux. Bien sûr, quand elle n'était pas avec lui, elle s’inquiétait parfois à l'idée que peut-être ses collègues fumeurs puissent lui donner envie. Mais sa confiance aveugle en le japonais la rassurait toujours. Elle savait qu'il n'était pas fourbe, et que s'il faisait quelque chose de mal, il viendrait le lui dire pour lui demander pardon d'avoir agi de la sorte. Malgré sa carrure, Shinobu était une personne tendre, au coeur aussi grand que le corps, elle le savait mieux que quiconque. Pour lui éviter de devoir à nouveau être confontrée à Sayame, il avait tout fait. Il avait quelques fois écourté des appels, lues à la va-vite des lettres avant de les oubliées dans un coin. Et même si la française était soucieuse de le voir ainsi éloigné de sa sœur aînée, elle comprenait parfaitement les raisons de ce choix. Shinobu n'avait de cesse de lui répéter qu'il ne voulait pas que ses enfants deviennent semblables à cette femme qui n'avait pas su se rendre à l'évidence : elle n'était plus aussi jeune. Sa beauté, par chance pour elle, était encore au beau fixe. Mais son âge trahissait le temps qu'elle avait passé sur Terre. En replaçant le châle lavande sur ses épaules, Kyrie détournait son regard, l'envoyant dehors à travers le verre de la vitre de la fenêtre.

Il y avait quelque chose de doux, d'apaisant, dans la pluie. Elle gênait toujours les gens, et pourtant, lorsque le soleil frappait pendant des jours et des jours, elle était ce que tout le monde désirait le plus. Calme, mélancolique, elle créait toujours la vie, lavait tout sur son passage. Il lui sembla, à cet instant précis, que la pluie était une sorte de symbole. Ses enfants seraient aussi calmes qu'elle. Peut-être ne seraient-ils pas aimés de tous, mais il y aurait toujours, dans leurs parents, des gens désirant la pluie. Il lui arrivait encore de craindre que les petits soient pourvus des capacités étranges dont leurs géniteurs étaient eux-même pourvus. Mais lorsqu'elle s'endormait, la nuit, nichée dans les bras de son mari, Kyrie se répétait de nombreuse fois, comme pour les rassurer, qu'elle les aimeraient toujours infiniment. Son petit sourire s'agrandit, pour une fraction de secondes, seulement, cependant. Bientôt, une sorte de décharge électrique frappa son dos, tapant et raisonnant au plus profond de son petit corps. Elle lâcha son point de croix, ce qui alerta bien vite Shinobu, et se courba. Par réflexe, elle posa ses mains contre son ventre, le caressant en se disant qu'il ne devait s'agir que d'un coup de l'une des deux canailles. Mais bien sûr, il s'agissait de bien plus que ça. Son visage se tordit de douleur et, soufflant aussi profondément que possible, elle redressa la tête vers un grand brun s'étant précipité à ses côtés. Ni une ni deux, Shinobu souleva sa femme, comme une petite chose fragile, et, recroquevillée contre lui, elle tenta de son mieux de retenir les petites vies qui avaient, sembla t-il, décidées de voir le jour par un temps pluvieux. En fermant les yeux avec insistance, les contractions la faisant encore grimacer, elle réalisa alors... Elle venait de perdre les eaux.

Shinobu, méticuleux, avait bien sûr prévu l'éventualité que ce jour arrive à l'improviste. Il s'était arrangé avec l'un de ses collègues pour que celui-ci puisse les amener à la clinique. Il n'y avait pas d'hôpital à proprement parlé sur l'île, mais l'aile maternité était suffisamment compétente pour que personne n'en ai quoi que ce soit à dire. Et même si la dame aux yeux impairs était née à la demeure de sa famille, elle ne souhaitait pas qu'il en soit ainsi pour ses enfants. Sa mère, qui avait longuement été soutenue par la sienne, avait une confiance sereine que Kyrie n'avait pas. Elle craignait que son corps, faible, ne mette en danger ses enfants si elle n'acceptait pas de confier la fastidieuse tâche de mettre au monde les petits à quelqu'un qui était reconnu comme en ayant la capacité. Une fois arrivés sur place, Shinobu fit demander un médecin au plus vite. Tout du long, il tint la main de son épouse, qui grognait malgré elle sous la douleur. Alors, elle fut emmener dans une salle toute blanche, qui sentait le désinfectant. Ses yeux vairons se jetèrent sur le plafond, avant de venir se poser sur son ventre en partie couvert d'une sorte de tissu vert-bleu couvrant ses cuisses. Malgré sa gêne, elle fit de son mieux. Le travail fut fastidieux, éreintant, mais personne ne lui avait jamais menti en lui disant que mettre au monde deux petits êtres était simple. Kyrie avait pleinement conscience de la rudesse de la chose, et elle ne sous-estima ni ne sur-estima cet effort. La douleur était vive, bien sûr, semblant tordre son bas-ventre, mais elle la supportait autant que possible. Shinobu lui parlait, la rassurant, et, si elle n'avait pas été aussi occupée, elle aurait certainement ri de le voir lui-même si courageux. Quelques infirmières se souciait de lui, lui demandant s'il n'allait pas tomber dans les pommes, mais le littéraire tenait bon. Peut-être était-il lui aussi mal à l'aise, mal assuré, se sentant un peu gauche, mais il n'en lâchait pas moins la main de Kyrie. Sous la douleur, elle savait qu'elle devait être en train de broyer ses doigts, mais il lui servait en quelque sorte d'appui, de point d'encrage. Il serra les dents, mais ne se plaignit pas une seule seconde.

Au bout d'un certain temps ayant paru une éternité à la tête blanche, elle pu enfin entendre les premiers pleurs d'un enfant. Tatsuo venait de voir le jour. Il lui sembla plus difficile encore de faire naître Hana, mais il ne sembla pas y avoir de réel problème. Et lorsque les pleurs d'un autre enfant lui parvinrent aux oreilles, elle se mit à pleurer. Quelque chose débordait à l'intérieur d'elle. Un profond soulagement faisait de ses quelques larmes un véritable flot et, tournant la tête vers son mari, elle lui sourit malgré la fatigue. Maintenant, leur vie serait partagé avec celle de ces bébés. Jusqu'à ce qu'ils soient eux-même adultes, ils vivraient avec eux, de jour comme de nuit. Elle savait, encore une fois, que s'occuper d'eux tout le temps ne serait pas simple. Mais, l'effort passé, Kyrie était comme prise d'une sérénité qui la dépassait elle-même, qui lui semblait venir d'ailleurs. Tout irait bien. Les difficultés ne seraient jamais que quelques épreuves. Etant le premier né, Tatsuo reçu les premiers soins le premier. Et, pendant que le médecin et les infirmières s'occupaient d'Hana, ils autorisèrent la mère à prendre son petit contre elle. Doucement posé contre elle, tout propre et les yeux encore clos, elle continua de pleurer, malgré son sourire. Shinobu se pencha légèrement, il n'en fallait pas bien plus, avec sa taille, pour embrasser le front de son épouse. Malgré d'être absolument épuisée, Kyrie tenait à pouvoir tenir contre elle ses petits anges offerts par les cieux, ses jolis visages tout ronds qui étaient les fruits de son amour sans faille avec l'homme avec lequel elle partageait pratiquement tout. Tatsuo fut alors confié à son père et, dans un minuscule rire, Kyrie l'encouragea. Comme tout père, Shinobu eut premièrement peur de briser le petit être, avant d'écouter les mots doux de sa compagne. Il prit donc le bébé, le posant comme s'il avait s'agit là d'une minuscules feuille, et il se mit à pleurer à son tour. Hana contre son sein cette fois-ci, la noble, qui avait vécu des années de tristesse, des années de silence, sourit encore discrètement. Ce petit monde, c'était le sien. Cette petite famille, la sienne.

Quelques jours passèrent, pendant lesquels Kyrie fut alité. Les médecins, bien que confiants et rassurés, ne souhaitaient pas que l'extérieur, à son organisme fragilité par la fatigue, ne fasse d'elle la victime d'un quelconque virus. Ainsi, depuis deux jours, Kyrie n'avait presque pas quitté son lit. Par chance, elle avait plutôt vite comprit comment fonctionnait la télécommande pour redresser ou coucher la partie haute de son lit. Et, s'y trouvant assise, elle s'était doucement étirée pour caresser les joues d'Hana que l'on avait installée dans une sorte de berceau transparent sur le côté. Il allait être l'heure des visites. Et, regardant Hana, puis l'autre petit qui dormait à poing fermé, elle glissa son index au devant de ses lèvres, dans un joyeux sourire. Hana, plus expressive, gigota un peu, commençant de petits pleurs capricieux bientôt arrêtés par les mots de sa mère :

- Chss, Hana, chss, là, là... Ne réveillons pas ton frère, mon amour. Tu veux voir papa, n'est-ce pas ? Ne t'en fais pas, il arrive toujours à l'heure.

Elle tourna la tête. Et, une silhouette entrant par la porte, reprit de sourire de plus belle. Des fleurs le cachait un peu, ce qui la fit doucement rire. Il pencha le bouquet, et, encore amusée, elle pencha pour sa part la tête sur le côté lentement. Ses parents étaient venus dès que possible, et avaient prit un petit hôtel dans les environs. Et il lui sembla que la mère et le beau-père de Shinobu envisageait eux aussi de faire ce "petit" voyage pour venir voir leurs petits-enfants. Mais Shinobu était toujours le premier arrivé. Quelque part, elle n'en doutait pas, ses parents devaient-ils d'eux-même lui offrir ce petit temps seul avec son épouse et leurs enfants. Ils n'arrivaient en général qu'une petite demie-heure avant la fin des visites, le visage calme comme s'ils savaient avoir respecté leurs horaires.

- N'est-ce pas, papa ?

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MessageSujet: Re: Bercés par le tapotement des gouttes de pluie. || PV. Shinobu Kawayashi   Jeu 5 Nov - 3:05


Un beau jour pour être papa.




▬ play it

Bien des événements pouvait arriver dans la vie d'une personne et ce n'était pas le grand littéraire qui allait dire le contraire. Même si la pluie battait son plein dehors à rendre la petite ville où il était avec son épouse aussi lugubre que froide, il ne lâchait pas un seul instant sa femme du regard. Il avait encore une fois travaillé toute la semaine avec une sagesse et une attention d'orfèvre aussi bien envers ses élèves qu'envers Kyrie. Il lui rendait son sourire, cachait derrière ses lunettes qui le rendaient encore plus mature, dans son canapé. Une quiétude que rien ni personne ne pouvait véritablement troubler, car Shinobu et elle était si bien. Lui a lire son livre dans un calme olympien et elle à faire ses points de croix près de la fenêtre. Il n'y avait que le bruit de la pluie qui percutait les vitres pour retomber sur le sol pour troubler quelque peu ce silence tout sauf dérangeant. Le couple n'avait pas besoin de toujours parler pendant des heures pour être heureux ou se sentir aimer de l'autre. Un sourire, un regard, une caresse avaient le même don que des mots passionnés de l'être aimé. Il veillait sans relâche sur son épouse qui depuis peu avait reçu les conseils avisés du médecin en lui indiquant de ne pas trop bouger et d'éviter un maximum les longues marches afin de ne pas accélérer l'arrivée des enfants. Il était évident qu'avoir des enfants prématurés vus leur nature à tout deux aurait été encore plus périlleux que s'ils avaient été humains. Shinobu avait donc décidé de demander lui-même a ce que la libraire et collègue de sa femme trouve une remplaçante le temps que Kyrie accouche et se remette en forme et avait même proposé son aide. Il avait le cœur sur la main, le cœur noble que bien souvent des collègues féminines enviaient. Après tout, il était resté fidèle, présent pour sa femme et avait même fait des compromis. Il avait avec l'aide de la belle française, arrêté de fumer en faisant tous les efforts du monde. Il est vrai qu'il lui arrivait encore d'avoir envie de sentir la nicotine dans sa gorge, mais il reprenait toujours le dessus en se disant qu'il allait être papa et que sa femme le soutiendrait toujours. Il ne pouvait pas fumer et avoir des enfants, car cela aurait représenté un danger pour sa progéniture et c'était hors de question de mettre leur future vie en jeu.

Les sacrifices du grand professeur de lettre n'avaient pas été que vis-à-vis de la cigarette puisqu'il faisait toujours ses corrections pendant ses pauses ou encore évitait de rester des heures au téléphone avec sa sœur. C'était sa façon à lui de montrer à Kyrie que la vie était bien trop courte pour qu'il perde de vue la personne au doigt de qui il avait passé un anneau en se liant encore plus à elle. Il savait que Sayame n'aimait pas que son frère soit finalement devenu un homme marié, mais de toute façon, le grand japonais ne lui laissait pas le choix. Elle qui avait toujours eu le contrôle sur son petit frère, elle devait se faire une raison : maintenant, le maître du jeu et des cartes, c'était lui. Il était maître de sa vie, de ses gestes et serait bientôt l'heureux père de peut-être plusieurs enfants. En relevant la tête, il se rendait compte que sa femme l'avait observé pendant plusieurs minutes. Il en faisait de même avec une discrétion tout aussi délicate. Il voulait regarder sa femme sans éroder cette beauté dont il n'avait jamais pu décrocher les yeux plus de quelques minutes. Même les plus beaux récits, même les plus poignantes des romances n'avaient pas la divinité du visage de Kyrie aux yeux du grand Shinobu. Pour lui, aucune élèves, aucune femme n'arriveraient à lui faire changer d'avis. C'était Kyrie et personne d'autre dans sa vie jusqu'à ce qu'il délivre son dernier souffle. Il se disait que s'il avait été capable d'être un bon amant, un bon fiancé et un bon mari, il saurait être le meilleur des pères pour eux comme le plus digne des maris pour elle. Il jetait lui aussi un regard sur la pluie en se disant que le temps avait fini par les vieillir tous les deux, ne les laissant plus aussi resplendissant qu'à leur première rencontre. Lui qui à l'époque n'était encore qu'un jeune étudiant en lettres, il était maintenant un professeur affirmé, une fierté pour son ancien professeur comme le courrier de ce dernier avait pu lui assurer. Il lâchait un petit soupir avant d'apercevoir sur le visage de sa femme que la douleur était devenue plus présente qu'autre chose. Il avait alors quitté sans tarder son canapé en laissant le livre tomber lourdement sur ce dernier. Dickens et Oliver allaient attendre, car Kyrie avait mal et devait impérativement aller à l'hôpital. Ni une ni deux, le littéraire la soulevait dans ses bras en sentant alors bientôt une sensation humide, elle avait perdu les eaux.

En prenant tout ce dont ils avaient besoin aussi vite que possible dans une valise, il prenait cette dernière remettait sa femme dans ses bras et quittait la maison en vitesse pour toquer comme il pouvait à la porte de son voisin et collègue. Il lui expliquait que ce dont il lui avait parlait un jour venait d'arriver et sans devoir attendre, il avait vu son ami et confrère d'enseignement prendre les clefs de da voiture en demandant à son épouse de garder la maison des Kawayashi. Pour ne pas abîmer la voiture, ni brusquer sa femme, il avait pris la décision de laisser l'homme conduire et de tenir Kyrie dans ses bras, sur la banquette arrière pour avoir un minimum de place pour deux. Il devait être courageux autant que possible pour lui comme pour elle. Elle avait des contractions à ne plus savoir quoi en faire et il lui tenait la main quitte à y laisser des doigts dans le trajet. Arrivé devant la petite clinique, dont il savait que les médecins étaient compétant, il en fit venir un pour qu'il s'occupe de sa femme. Il dut attendre seul pendant plusieurs minutes avant qu'une infirmière un peu paniqué de voir qu'aucune tenue ne lui aille, revienne avec une grande chemise d'hôpital sans doute portée par les chirurgiens, vue la couleur verte ainsi qu'une charlotte. Il enfilait le tout aussi vite que possible pour rejoindre la pièce séparant les couloirs de la salle où sa femme allait accoucher. Il était quelque peu stressé de tout ce qui allait bien pouvoir se passer et quand enfin, on le faisait entrer, il venait prendre la main de son épouse sans avoir de moyen de voir quoi que ce soit. C'était bien mieux, car on pouvait voir que son front était perlé de goutte de sueur et de panique, mais malgré tout, il continuait de tenir la main de son épouse. Il sentait bien que ses doigts allaient sans aucun doute être douloureux pendant plusieurs jours après l'accouchement, mais il ne pouvait pas laisser sa femme ainsi, encore moins alors qu'elle allait donner naissance à leurs enfants. Il respirait de mieux qu'il pouvait parfois à la cadence de la respiration de sa femme et continuait de lui donner sa force.

Alors que les heures lui semblaient ne pas avoir de limite et qu'il sentait que son corps demandait sans aucun doute autant pitié que celui de sa femme, Shinobu voyait peu à peu la tête de son premier enfant apparaitre dans les mains du médecin. Il entendait ensuite ses pleurs et c'est alors que son cœur fit un bond tel un étalon sauvage. Il luttait pour retenir ses larmes, mais c'était si difficile et à vrai dire, il n'avait pas envie de faire l'homme solide. Il rendait le sourire à son épouse quand elle le regardait et se mettait donc à pleurer de joie dans un certain chœur avec ses enfants. Il n'avait jamais pensé être papa et maintenant que cela était fait, il se sentait fier, heureux et encore plus amoureux. La vie qu'il avait vécue avec Kyrie allait être maintenant partagée par Tatsuo et Hana, leurs deux bambins. Il serrait un peu plus la main de sa femme pour lui assurer que dans tous les moments du quotidien, il serait à ses côtés en se disant qu'il trouverait un moyen d'être plus présent à la maison. Il avait la gestion de plusieurs classes, mais aux vues des emplois du temps, il se disait qu'en parler à Nicolas ne serait sans doute pas une mauvaise chose. Bien des choses allaient sans doute changer dans leur quotidien, mais ensemble, il savait qu'ils seraient de bons parents dont les enfants ne manqueraient de rien. Ils les soutiendraient jusqu'à l'âge adulte et leur apprendraient tout ce dont ils auraient besoin. Kyrie autant que Shinobu affichaient des mines fatiguées, et même si ce n'était pas le littéraire qui avait donné naissance aux deux bébés, sa participation avait de quoi l'avoir usé de son énergie habituelle. Pourtant, quand on venait lui confier son fils Tatsuo, il regardait sa femme d'un air pataud en prenant le petit être dans ses bras et le berçait légèrement. Voilà, leurs deux trésors étaient enfin arrivés, le résultat d'une passion sans limite avec Kyrie, un amour qui n'avait pas été ébréché pendant toutes ses épreuves et années. Il ne regrettait pas ses choix, ni sa persévérance, car elle était maintenant récompensée.



Plusieurs jours après la venue des enfants, Shinobu avait dû retourner dans sa maison et y passer malgré lui des nuits seul. Son épouse avait été gardée pour pouvoir aussi bien surveillé son état de santé que celui des deux petits êtres. Il avait donc continué son métier pour assurer un salaire, mais aussi une vie à ceux qui n'avait pas encore conscience du monde dans lequel ils étaient. Il se permettait chaque soir de rejoindre son épouse et ses enfants dans l'hôpital avec douceur et malice ayant retenu aussi bien le numéro de la chambre que sympathisé avec l'infirmière de l'accueil. Il n'allait pas contre les règlements, et même s'il était autorisé plus que quiconque a voir sa femme pendant les visites, il veillait à prévenir la responsable à l'entrée de l'hôpital chaque fois. Marchant dans les couloirs de son pas lourd, mais calme, il saluait parfois les médecins ou rendait le sourire des gens qu'il croisait. On sentait qu'il était le plus heureux des maris et des papas. Il posait alors bientôt sa main sur le poignet et en prenant une grande respiration, il entrait dans la chambre. Comme à chaque fois, il était encore le premier et ce n'était pas étonnant. Avec sa minutie naturelle et son don de vouloir prévoir un temps soit peu ses agissements, il avait décidé de toujours venir une demie heure après le début des visites afin de laisser un peu de temps à sa femme. Il croisait bien rapidement le regard de son épouse en lui rendait un sourire des plus chaleureux et tendre avant de fermer la porte derrière lui. Dans sa délicatesse de toujours, il quittait son manteau froid et sa sacoche pour venir déposer un baiser sur le front de ses enfants puis sur les lèvres de sa femme avant de tous les regarder avec tendresse. Il était heureux comme jamais et cela n'allait jamais s'arrêter.


« - N'est-ce pas, papa ?  »

Il avait entendu très distinctement les mots de sa femme au travers de la cloison de la chambre avant d'entrer. N'ayant pas été prit au dépourvu, son sourire s'agrandissait en venant prendre la petite Hana dans ses bras. Il ne semblait plus aussi craintif de briser ses enfants dans ses bras et en regardant sa femme, berçait la petite qui fermer un peu les yeux en posant sa tête contre le bras de son père. Il trouvait qu'elle ressemblait vraiment à sa mère, à Kyrie dans cette attention à venir chercher la chaleur la plus rassurante ici-bas, la sienne. Il la gardait quelque minutes dans ses bras, en venant caresser son petit front du bout de son index paraissant si immense par rapport à la petite. Il semblait avoir encore une fois repris du poil de la bête depuis l'accouchement, mais surtout être animé d'une flamme plus grande que jamais. Il venait alors bientôt reposer la petite dans son berceau avant de s'asseoir auprès de son épouse. Il posait sa main sur sa joue en la regardant un long moment sans rien dire dans les yeux.

« Je confirme ma Kyrie, elle devait m'attendre, regarde, elle dort comme son frère. Cela nous laisse donc un peu de temps avant que la famille arrive. J'ai apporté du thé, du chocolat en poudre et me suis arrangé avec l'infirmière de l'accueil pour avoir accès à la cafeteria si tout ce beau monde veut une collation. Rien n'est trop beau pour que tout le monde puisse fêter avec nous, la naissance de nos enfants, un nouveau chapitre de notre vie et une nouvelle preuve de notre amour. Je t'aime ma Kyrie, et ils sont la preuve que cela ne cessera jamais entre nous. »


© Failara
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